Cent quarante signes
Samedi 30 juin
Peu de paroles dans nos rencontres. De rares envolées, de temps à autre.
Surtout, j’essayais de déchiffrer les mouvements de son visage.
Chacun de ses mots, à chaque lecture, quels que soient les écarts du temps, me saute violemment aux yeux.
L’évidence de ses phrases, aussi éloignées soient-elles de soi, saute aux yeux.
Avec lui, de grandes enjambées devenues un pas de promenade.
Depuis qu’il n’est plus là, je prends appui sur son bras.
Fredonner dans sa tête les mots du désir.
Il fut un temps où rester à sa fenêtre, être simplement visible de la rue, était prendre un risque mortel.
Il fut un temps où marcher à découvert dans les rues était prendre un risque mortel.
Je garde en moi la trace vive d’un risque que je n’ai pas vécu.
Samedi 30 juin
Ceux qui ont des idées qui ne viendraient à l’idée de personne.
Des mains nues sont toute ma richesse.
L’amour, c’est vite dit.
Comme on peut rencontrer l’amour à la fin des vacances, on peut commencer à vivre au moment de mourir.
Il suffit parfois d’une phrase pour faire fondre la neige.
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