Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 85 sur 209

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Cent quarante signes

Dimanche 30 septembre

22 h et des poussières. Dans une petite propriété, un dîner de petits mangeurs.

 

Dimanche 30 septembre

 

Rêve. L’acteur vient dîner avec un faux nez. Il jette un trouble qui gâche la soirée, alors que je ne suis pas sûr de l’avoir invité.

9 h, supermarché. Au hasard d’un sourire furtif, le visage habituellement dur et fermé de la caissière révèle sa beauté cachée.

12 h, marché. Chez le boucher, derrière Sophie Calle. L’heure n’est pas à la plaisanterie, elle achète de la viande hachée pour son chat.

12 h 30, marché. Le chat de Sophie Calle s’appelle Souris. C’est peut-être pour lui qu’elle achète des rattes, l’une des 33 variétés de pommes de terre.

De toute façon, je n’ai d’yeux que pour la marchande de légumes, que je n’avais encore jamais remarquée, et qui me fait oublier Sophie Calle.

15 h. Grand brunch dans le Marais à l’invitation d’un galeriste qui a réussi. Je devais dire : d’un marchand.

Rien à se mettre sous la dent et les iPad sur la table. Je ne savais pas que ça se mangeait.

Ceux qui ont le courage de prendre la fuite. « On se revoit, hein, très vite… Allez, on se revoit. »

16 h, radio dans la voiture. Un intervieweur renverse les rôles. Il utilise son invité pour apparaître comme le véritable interviewé. Du grand art.

16 h 45, boulevard Edgar-Quinet. Stationnement devant la porte du cimetière Montparnasse. J’espère ne pas empêcher les morts de sortir.

19 h, avenue Georges-Lafenestre. On se sent nu quand on se promène sans son chien.

 

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