Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 8 sur 209

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Cent quarante signes

Mardi 8 mai

 

Seulement voilà, « plus j’écoute, plus j’entends », confiait Paul Valéry. Un exemple que je n’ai aucune raison de ne pas suivre. Donc, je ne m’en sors pas.

Ecouter, d’abord, la part d’inconnu qui est au plus profond de nous et que nous nous cachons à nous-mêmes.

Ecoutez, regardez, à l’instant où nous nous parlons, le présent se réalise.

Dans mon champ d’écoute et de vision, juste ce qui se laisse surprendre et, si possible, contre toute attente.

 

Mercredi 9 mai

 

Rêve. Dans le studio, mon invité répond à mes questions par cette seule phrase : « Laissez-moi. »

Cette question de W. G. Sebald : « Mais quand tout sera blanc, comment les écureuils feront-ils pour savoir où ils ont caché leurs provisions ? »

« L’oubli de l’être », ce n’est pas qu’un mot de philosophe.

Avec des mots vivants, la poésie rend présentes les choses qu’éclaire l’étonnement.

À Duroc, j’avais mon tweet bien en tête. À Mabillon, il s’était envolé. Se souvenir : revenir à Duroc.

Pouvoir se dire, sans l’ombre d’un doute : voici ce qu’il faut faire.

Plus le temps s’accélère, moins je perds patience.

Tel livre et moi, il arrive que nous ne puissions pas nous rejoindre. Nous sommes pourtant comme deux amants au clair de lune.

Perdu de solitude, s’abandonner à une réflexion sur l’amour.

 

Jeudi 10 mai

 

Rêve. Sur fond de ciel bleu, je suis photographié à côté d’une mariée qui proclame que je suis le mari idéal.