Cent quarante signes
Mardi 13 novembre
Quand je quitterai la radio, j’essaierai de m’enrichir en vendant des pâtes dans des boîtes en carton du côté de la Madeleine.
Lorsqu’un grand lustre s’éteint, lampe après lampe.
Dans le réel, trop d’horreur ne tue pas l’horreur, mais invite à se mettre en quête du réel.
Ce monde n’est pas celui dans lequel je suis entré quand j’ai ouvert les yeux. Il y a eu un changement de décor à mon insu.
Enfant, j’imaginais que quelqu’un m’attendrait de l’autre côté du pont pour m’emmener vers la zone éclairée.
C’est moi, en fait, qui attends.
D’un jour à l’autre, frapper des deux poings contre une porte verrouillée.
Mardi 13 novembre
Rêve. Je trouve enfin cette bibliothèque dont tous mes amis m’ont parlé ; mais quand j’ouvre la porte, un chien se jette sauvagement sur moi.
En prenant mon thé ce matin, j’aurais voulu m’expédier dans la pièce d’à côté pour ne plus m’entendre.
Il y a des coups de foudre qui ne vous laissent aucune chance.
On ne peut pas parler d’amour s’il n’est pas visible comme deux et deux font quatre.
12 h 30, Gaîté. On verra ça plus tard.
Un violoniste joue entre Gaîté et Montparnasse, sans s’émouvoir du brouhaha, exactement comme s’il était à Pleyel.
« Je le dis sérieusement et pourtant c’est vrai », assure ma voisine au téléphone.
Et dire que j’ai pu vivre tant d’années en tournant le dos au monde du métro…