Cent quarante signes
Vendredi 25 mai
Au petit jour, le raffut des poubelles versées dans la benne a remplacé le chant des oiseaux.
Nous devons travailler toute notre vie pour nous payer le voyage vers la mort.
Heureusement, j’ai du chemin à faire, loin devant moi, pour commencer par essayer d’atteindre le passé.
Et si ce qui ne devait pas se produire arrivait enfin…
Les mots, incapables de guérir le mal qu’ils peuvent faire. Pas de paroles blessantes, rien que des mots qui tuent.
Un écrivain : quelqu’un qui se donne la peine d’un paysan, même en dehors des heures de travail.
Roman. Le premier regard d’une mère sur son enfant.
Le nouveau-né, caché sous le sang de la naissance, comme l’adulte, plus tard, sous la boue de la vie.
Tweeter à ses moments perdus, ce n’est pas chercher la formule magique, mais laisser les mots donner des signes de présence.
Vendredi 25 mai
Les paupières à peine entrouvertes, j’ai aperçu ce matin les sommets enneigés de la Sierra de Gata.
Le jour où en ouvrant les volets sur la campagne, on s’étonnera de la présence d’une fleur.
Selon le peintre Ralph Rumney, quelqu’un qui posséderait une télé et les fresques de Giotto regarderait plutôt la télé.
Roman. Quand elle desserre ses lèvres rouges, il ne reste plus qu’à éponger le sang.
Roman. Loin de tout, dans une campagne déserte, il s’adresse à lui dans son miroir en ne se parlant de rien.
La pile des romans de la rentrée commence déjà à grandir. Côté pile, une promesse. Côté face, la désillusion annoncée.
Twitter, c’est le feu qui maintient la soupe chaude en permanence.