Cent quarante signes
Mardi 27 novembre
D’un jour à l’autre, les choses sont plus intenses, mais on a de moins en moins la force de les vivre.
D’un jour à l’autre, on n’a plus l’oreille assez fine pour entendre une parole à la radio, au théâtre, dans la rue…
D’un jour à l’autre, on a des pages de plus en plus blanches sur son agenda.
D’un jour à l’autre, on va jusqu’à décider de ne pas renouveler son agenda.
Je me serai caché tout le jour pour que demain ne me demande rien.
Maintenant, je n’arrive plus à me détacher des premiers lambeaux de la nuit, qui montrent leurs crocs.
Mardi 27 novembre
Rêve. Il y avait d’innombrables nœuds à dénouer. Au début, je ne m’inquiétais pas, mais plus le temps passait, moins j’y arrivais.
Rêve. Nous devions nous éloigner le plus possible pour nous rapprocher.
Don Juan poursuivi par la poisse…
Si seulement la nouvelle opticienne pouvait ne m’ouvrir les yeux que sur ce qui doit absolument être vu.
11 h. J’ai cru la voir dans sa boutique. C’est rien de dire que j’ai besoin de lunettes. Le lieu était désert. Fermé pour inventaire.
Avenue Pierre-Larousse, en ouvrant ma porte, je réalise que je n’ai toujours pas vu les doigts de la jeune femme au chien.
D’un jour à l’autre, ne plus entendre parler d’amour.