Cent quarante signes
Dimanche 6 mai
« On ne sait jamais » : l’abîme toujours prêt à s’ouvrir sous le pied.
Il y a plus de 100 ans que ça ne vient pratiquement plus à l’idée de personne de lire un poème. Hélas, ça se voit et s’entend à chaque instant.
Dimanche 6 mai
Le rêve, aussi ignorant que l’amour.
Défendons bec et ongles notre ignorance.
« La responsabilité commence dans les rêves », lit-on dans Tristano meurt d’Antonio Tabucchi.
Rêver avant qu’il ne soit trop tard et ce qu’on a rêvé, le retenir à jamais.
Rêver est loin d’être de tout repos.
Les rêves nous appellent sans qu’on n’ait rien à leur dire. Ils nous laissent juste rêveurs.
Se laisser emporter par un joli rêve où l’on se retrouverait dans la vie réelle.
Lundi 7 mai
Les poètes restent le plus souvent silencieux. Les coqs, eux, lancent des cris pour signaler la nourriture.
18 h, Malakoff, avenue Jean-Jaurès. Je crois avoir de bons yeux et j’ai la certitude d’avoir vu un ange derrière une palissade. Si j’appelais Paul Claudel ?
Pour être revenu sur mes pas, ange ou démon, après tout j’hésite, je ne sais pas. C’est toujours le même homme, en tout cas.
J’ai vu tellement de choses ces derniers temps que je n’ai plus qu’un désir : fermer les yeux.
J’ai entendu tellement de choses ces temps derniers, que je n’ai plus qu’un désir : écouter.