Cent quarante signes
Mercredi 28 novembre
D’un jour à l’autre, ne plus suivre que les lignes serpentines qui mènent en enfer.
D’un jour à l’autre, ne plus voir que les signes avant-coureurs parader en première ligne.
D’un jour à l’autre, atteindre le moment où ça va arriver un jour ou l’autre.
Quand je poursuis le train de mes pensées, je ne suis pas toujours sur la bonne voie.
Quand je poursuis le train de mes pensées, il vaut mieux que je m’éloigne de la bordure du quai.
Radio. Cela fait plus de 35 ans que je dis « bonsoir » dans un micro ouvert sans savoir ce qui va se passer dans les minutes qui suivent.
Ceux qui s’abîment dans le studio, la tête basse.
Ceux qui prennent la pose avec affectation.
Ceux qui parlent comme s’ils faisaient usage d’une carte de crédit falsifiée.
Dans le studio, où le moindre bruit s’infiltre, un baiser crée un vacarme. Il est donc prudent d’éviter de s’embrasser quand le micro est ouvert.
Le studio : une sorte de tanière sombre où certains peuvent se demander s’ils ne sont pas tombés dans la gueule du loup.
Après ma lecture de Kafka, trop tôt dans l’enfance, mes mains ont cessé de grandir.
Mercredi 28 novembre