Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 105 sur 209

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Cent quarante signes

Mercredi 24 octobre

Roman. Un homme, qui fut autrefois le coq de la basse-cour, doit traverser la France, de Marseille à Lille, mort de jalousie.

Radio. Un mot suffit, parfois, au cours d’une interview, pour endiguer un torrent de mots dont aucun, finalement, ne ressort.

Se doucher après une émission. Les sportifs en ont la possibilité, pas les intervieweurs.

21 h 30, une soirée boulevard Saint-Germain. « C’est un choix de vie », dit une dame qui vient de s’acheter un palais à Venise.

« J’écoute tous les jours votre émission D’un jour à l’autre sur France Musique », m’assure une autre dame.

Ces soirées où l’on suit la progression du mal en direct.

 

Mercredi 24 octobre

 

Rêve. Plus d’autres paroles dans ce pays que celles prononcées sur les lits de mort.

 

Chaque jour que Dieu fait, changer de coiffure et avoir pourtant toujours la même tête.

Chaque jour que Dieu fait, avoir pour unique sujet d’inquiétude, en souvenir de la marquise, de ne pas arriver au salon de thé après 17 h.

Chaque jour que Dieu fait, être un intervieweur qui n’invite que les auteurs qu’il a vraiment envie de lire.

Chaque jour que Dieu fait, être l’amant d’une pianiste qui ne joue que pour vous seul.

 

Roman. Il n’avait tellement rien à dire que, même ça, il ne le disait pas.