Cent quarante signes
Lundi 16 juillet
On sort rarement d’un spectacle avec ce qu’on croyait y trouver. C’est souvent moins et miraculeusement plus. La carotte, c’est le miracle.
18 h, Villeneuve-lès-Avignon. Chaque fois que je croise quelqu’un en promenant le chien, je me demande si nos chemins à nouveau se croiseront.
Comment ne pas penser à toutes les histoires qui ont pu commencer ou prendre fin rue du Bout de la Ville.
Retour du théâtre. Rêver d’être un acteur du muet.
Lire, par hasard, un pauvre poème et retenir à peine ses larmes
Si les mots ne vous serrent pas de toute leur force, vous risquez de tomber dans le vide.
Écrire, s’assurer qu’on est toujours en vie sur une scène tournante.
Lundi 16 juillet
Avignon, 15 h 30. Sur le trottoir de la rue Félix-Gras : « Je suis encore là ».
Hugo : « Il nous faut à chaque instant la secousse du réel. »
Festival : toujours tout droit jusqu’à la fin en évitant les secousses, même s’il y a un peu de grain.
Et pourquoi pas un train fantôme qui, sur simple demande, nous ramènerait au point de départ ?
Le théâtre commence quand les éclairages prennent le relais de la lumière.
Un bon acteur dit un texte comme s’il n’existait pas avant qu’il franchisse ses lèvres.
Prendre son courage à deux mains et essayer d’embrasser le monde.
Si on pouvait sauver sa peau avec ses seuls souvenirs.
23 h 30, Villeneuve-lès-Avignon. Les amoureux surpris dans une position peu équivoque, impasse du boulodrome, me souhaitent le bonsoir.
Mardi 17 juillet