Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 113 sur 209

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Cent quarante signes

Dimanche 4 novembre

À chaque tournant, pouvoir se dire que l’aventure commence…

Elle est loin la rue des Sardiniers !

 

Dimanche 4 novembre

 

Rêve. Plus que la tête hors du sable, face à la pancarte « Attention aux sables mouvants ».

Impression que tout est rêve, ici, que la nuit et le jour marchent main dans la main.

De la même façon, se mêlent le passé de mon enfance et le présent vécu cette semaine au jour le jour.

Le passé revisité avec mes yeux d’aujourd’hui, lui-même perçu avec les yeux de l’enfant.

Dans l’enfance, on est dans les choses. Avec l’âge, on s’en détache et on commence à les voir jusqu’à, parfois, ne plus pouvoir les voir.

Quand l’enfance n’a plus voulu de moi, je me souviens que j’ai commencé à prendre le monde en grippe.

Peut-être suis-je revenu pour une tentative de conciliation par un jeu d’écriture.

Ouvrir les yeux par un jeu d’écriture.

En rouvrant les yeux sur ce que je voyais enfant, je me réconcilie avec les choses de ce monde.

Passé et présent ici recomposés à partir de la lecture des images de ce roman, Dancing, que je ne cesse de vouloir réécrire.

En attendant, à Quiberon, au bout de la presqu’île, là où on ne peut aller plus loin, le soleil revient.

C’est bien, c’est déjà ça de gagné, le soleil.

N’empêche qu’aller plus loin, il le faut, le motocycliste de Dancing serait le premier à donner l’alerte.

Urgence, pour lui, de la fuite. L’enjeu est de taille, il s’agit ni plus ni moins de ne pas saisir la main tendue par la mort.