Cent quarante signes
Samedi 22 septembre
Toc toc toc, toc toc…
Minuit, ce n’est pas mon heure, car, justement, à la radio, c’est mon heure. Je n’écoute pas toujours, mais, toujours, je suis en pensée avec ce qui passe.
Toc toc, toc toc toc, ça n’arrête pas. Mon Dieu, le spectre ?
Lorsque je me décide à ouvrir, je me trouve nez à nez avec Paul Claudel.
Devant lui, un caddie plein de spaghettis.
Samedi 22 septembre
Premier rêve d’automne. La nappe blanche, étendue sur la table du mariage, n’est qu’un peu de lumière projetée sur le toit de zinc.
Rêve. La locomotive à vapeur s’est emballée comme un cheval fou. Elle a quitté les rails depuis longtemps sans que je puisse l’arrêter.
Rêve. Mon émission va commencer. Je ne parviens pas à m’en rappeler le titre. Personne pour me le souffler.
Au sortir de rêves toujours un peu troublants, quand je me suis réveillé, Claudel était au pied de mon lit et me regardait.
J’étais si gêné que je me suis retourné et j’ai fait semblant de dormir toute la matinée.
Les livres alignés sur les rayons de ma bibliothèque me font penser à des calendriers de femmes nues.
Il est tard et c’est mon heure : quand tout un chacun commence à s’affoler.
Il y a longtemps que je ne m’émeus plus des ombres projetées par les néons.
Radio. Au fond, je suis un petit cirque ambulant, installé chaque soir dans une ville différente avec des numéros autant que possible renouvelés.
Dimanche 23 septembre