Cent quarante signes
Novembre
OceanofPDF.com
Jeudi 1 novembre er
Rêve. Tout ce que nous disions était couvert par le bruit du train.
Rêve. Jean Daive signe son nouveau livre aux « Cahiers de Colette ». C’est un œuf. Si on l’approche de l’oreille, on entend la mer.
Quiberon. Là où le béton a remplacé les dunes, je retrouve le muret sur lequel je me dorais au soleil il y a 60 ans.
Rue des Sardiniers, à la tombée de la nuit, une maison aux volets rouges. Toc toc, une fois. Toc toc, deux fois. Personne.
Un chemin, au bout de la presqu’île.
Peut-être a-t-il « fait son chemin » des années plus tard pour m’inspirer celui qu’emprunte le motocycliste de mon roman Dancing.
Vendredi 2 novembre
Rêve. J’arrose le jardin en mettant dans l’eau un liquide préventif contre les tremblements de terre.
Ici, à Quiberon, pas assez de violence dans mes tweets pour que le vent ne les emporte pas.
Il y a 60 ans, le casino était une colonie de vacances. De mon muret, j’observais le manège des enfants.
Pas un lieu de ce temps retrouvé qui ne me rappelle ce roman, écrit si longtemps après, Dancing.
Ce roman inachevé, plus tard, par un livre de poèmes, Le développement des lignes.
Qu’on m’excuse de parler de poèmes. Je sais que ça ne fait pas très sérieux. D’ailleurs, je n’en abuse pas.
Je me vois, donc, roulant toute la nuit (mais j’avais 10 ans quand je découvrais ces lieux…). J’aperçois une sorte de petit château, là, derrière le port.