Cent quarante signes
Octobre
OceanofPDF.com
Lundi 1 octobre er
0 h 30. Ne pas dormir, de peur de ne pas rêver.
Rêve. Un personnage mythologique, de sexe indéterminé, vient chaque jour d’un pays inconnu pour, me dit-il, « caresser votre cicatrice ».
Rêve. Je me retrouve enseveli sous une énorme masse de temps morts.
Avec les restes des temps morts, se donner un avenir.
10 h 15, Duroc. Jésus portait sa croix. Un prêtre, sur le quai du métro, tire sa valise à roulettes.
10 h 30, Mabillon. Une dame : « Vous savez, je ne sais pas. »
19 h 40, Plaisance. « Rassure-toi, murmure-t-elle au téléphone, la main devant la bouche, on embellit dans l’amour. »
19 h 47, Malakoff. Deux amoureux bras dessus bras dessous. « Un type qui sait tout, un religieux, m’a prévenu, dit le garçon. Tout ça n’est qu’un jeu. »
20 h, devant la Divette de Malakoff. Un homme : « La bestialité m’a repris… »
22 h. Dans les murs de béton de ce temps sans promesses, je pense à Proust.
La recherche du temps perdu lui a fait finalement gagner du temps jusqu’à la fin des temps. Bien joué.
L’emploi du temps : 8 h, il lit ; 10 h, il lit ; 12 h, il lit ; 14 h, il lit ; 16 h, il lit ; 18 h, il lit ; 20 h, il lit ; 22 h, il lit ; 24 h, au lit.
TA, TA, TA, TA ! Je n’avais pas invité l’homme de pierre à dîner, et il est venu…
Mardi 2 octobre
Rêve. Je fais la voix qui annonce que les trains ne partiront pas à l’heure.