Cent quarante signes
Jeudi 9 août
Rêve. Une fois par semaine, toutes les dix minutes, je fais un entretien de 35 minutes.
La terrasse de l’hôtel, où nous prenons le petit déjeuner, face au lac, ressemble à un couloir de la Radio.
Venu du lac, un canard sur la terrasse. Un canard égaré dans une couvée de festivaliers.
Au bar, Jean Douchet déplore d’être jugé mauvais acteur par certains cinéastes. Comme si être un bon acteur dans la vie ne lui suffisait pas.
À en juger par le zèle des moineaux, la meilleure pâtisserie de Locarno est Il Porto, face à la gare.
Une petite remorque avec un écran entouré de rideaux rouges. Six chaises. Une salle de cinéma.
Ce n’est pas ici que la montée des marches sera plus longue que la projection.
Giacometti sur les billets de 100 F CH. L’art, une valeur sûre, même pratiqué par des artistes pour qui l’argent ne comptait pas.
Vendredi 10 août
En Suisse, d’après le zèle constaté, toute personne qui ne ramasse pas les excréments de son chien paraît passible de la peine de mort.
Les laisses : des sortes de cordes à linge d’où pendent des mini-sacs poubelles de toutes les couleurs.
Un esprit festif parlera peut-être plutôt de guirlande de papiers colorés.
Retrouvant son maître après une brève absence, ce chien, s’il l’avait pu, n’aurait pas hésité à lui faire un baiser hollywoodien.
Un ami, qui fume sa première cigarette avant même de quitter son lit, ironise sur ma prétendue addiction à Twitter.
Ça tombe bien, m’aventurant aujourd’hui hors connexion, je suis contraint de faire une pause, en attendant la rechute.