Cent quarante signes
Samedi 6 octobre
Rêve. Dans les couloirs tapissés de fleurs blanches, je porte un tee-shirt indiquant la liste des postes à pourvoir, maculée de sang.
11 h 25, Gaîté. Décidément impossible.
11 h 45, rue de Tournon. Juste un peu fiévreux, comme quiconque s’apprête à passer une partie de la journée en compagnie d’actrices muettes et nues.
17 h 25, Mabillon. Impossible de me souvenir combien les actrices muettes et nues étaient-elles. J’hésite entre 6 et 8.
Il semble qu’elles se produisent le soir à Gennevilliers. J’irai les compter.
17 h 50, Gaîté. Pas demain la veille.
17 h 55, Pernety, debout dans le métro bondé après une journée bien remplie, je suis à côté d’une lectrice, assise elle, d’Une place à prendre de J. K. Rowling.
18 h 15, Malakoff. Se mettre des lunettes noires pour ne pas trop remarquer que les jours raccourcissent.
Même si chaque chose arrive à son heure, je préférerais disparaître un peu plus tard.
Samedi 6 octobre
Rêve. J’attends mon exécution pour avoir dissimulé de rares poèmes parmi quantité de romans au goût du jour.
Rêve. Je n’ose pas poser ma tête contre ta poitrine dans la noirceur du jour ; je crains qu’elle ne tombe en poussière.
11 h 20, Gaîté. Espoir ?
11 h 30, Palais-Royal. L’ironie métropolitaine veut que des SDF y élisent « domicile ».
Toutes ces histoires qui se racontent dans Paris… J’aimerais tant m’en souvenir pour pouvoir briller en les racontant à mon tour.
Certains, à ce qu’on dit, préféreraient se couper le bras plutôt que de passer la main.