Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 49 sur 209

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Cent quarante signes

Lundi 30 juillet

Dans ce jeu de forces qu’est la vie, je suis à l’affût de la force insoupçonnée.

16 h, Villeneuve. En pleine saison, seul visiteur du musée où est conservé Le Couronnement de la Vierge, le chef-d’œuvre d’E. Quarton (1452-1453).

Roman. 2 h 30. Il se réveille en sursaut. Une inconnue dort à côté de lui. Peur qu’elle se réveille avant qu’il ait enfilé son pyjama.

 

Lundi 30 juillet

 

Rêve. Après l’avoir dérobé, l’un des 7 nains offre à Blanche Neige le cahier où je note mes rêves.

 

À Avignon, les éboueurs seuls en scène. Avec des pinces géantes, ils arrachent, collées les unes sur les autres, les affiches du off.

Quand je reste silencieux, c’est que je passe les détails.

 

Mardi 31 juillet

 

15 h 30. Loin du fracas d’Avignon, le son de La Roque d’Anthéron.

16 h. Dans l’arrière-pays, la poule avance pas à pas, les yeux fixés au sol en quête de sa pâture, comme, mot après mot, à l’aventure, je fais un tweet.

16 h 30. Le feu à la queue, le lézard longe le bord de la piscine dans l’indifférence des guêpes.

17 h. Tentative de mémorisation des dizaines de nuances de vert, au son d’une scie électrique.

18 h. Ces artistes qui, comme au Croq-jardin de La Roque, ne peuvent pas s’empêcher de planter leurs œuvres au milieu des légumes.

21 h 30. Cette vieille dame aux cheveux blancs rencontrée par hasard à l’entracte fut, au début des années 60, mon premier amour.

23 h. À la sortie du concert, immobilisé par les lumières, un hérisson tient en respect une roue de ma voiture.

 

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