Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 81 sur 209

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Cent quarante signes

Mardi 25 septembre

13 h, Duroc. L’affiche de l’exposition Hopper me fait penser à tout ce qui sépare ceux qui vivent ensemble.

18 h 45, Malakoff. À la poste, un homme édenté retirant une recommandée : « De toute façon, pour dire l’avenir, y a pas mieux que les Anciens. »

20 h, radio dans la voiture. Toujours des gens en verve et dans la fanfaronnade.

À l’approche de la nuit, je ne sais pas s’il vaut mieux être le coq de la basse-cour ou un renard dans le poulailler.

 

Mardi 25 septembre

 

Rêve. Je suis si débordé que je ne trouve pas le temps d’annuler mon enterrement.

 

D’un jour à l’autre, retrouver toutes les personnes qui vous ont inspiré de la tendresse.

D’un jour à l’autre, passer de porte de Vanves à Pernety en ayant fait l’impasse sur Plaisance.

 

Faire courir le bruit jusqu’à ce qu’il s’effondre en silence.

Tout se sait, rien ne se tait. Tout se tait, rien ne se sait.

12 h 55, rue Bonaparte. Cette femme me fait penser à une amie rencontrée il y a bien longtemps. Ce n’est pas elle ; trop vieillie. C’est elle.

15 h, Mabillon. Le jeune homme bouclé à sa copine aux cheveux raides : « Les gens qui bossent à la radio, y doivent savoir vraiment tout. »

17 h. Deux bonnes heures que je tourne dans la ville, incapable de fixer quoi que ce soit, sinon, tout au plus, trois fois rien.