Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 98 sur 209

Pages du PDF

Cent quarante signes

Mercredi 17 octobre

Rêve. La jeune fille si timide avec qui je suis en train de danser me révèle qu’elle est la meilleure amie de la plupart des assassins en puissance.

Dans un rêve que j’ai omis de noter, je suis troublé par une bougie allumée entre deux genoux de femme.

 

D’un jour à l’autre, chaque nouvelle catastrophe n’a pour vous rien de nouveau.

D’un jour à l’autre, la tête enfoncée dans l’oreiller, vous constatez qu’il ne vous reste plus d’autre bien que votre lit.

D’un jour à l’autre, vous êtes une flèche qui, quoi qu’il arrive, rate sa cible.

D’un jour à l’autre, une mère imaginaire prend la place de votre mère.

D’un jour à l’autre, il en va ainsi de n’importe quelle présence.

 

Radio. Je ne veux plus écouter que ce qu’il est impossible d’entendre.

Nous autres, les intimes du soir de minuit…

Quand j’arrêterai la radio, j’essaierai d’avoir d’autres vies que la mienne pour peut-être entendre parler de moi.

 

Mercredi 17 octobre

 

Rêve. Il n’y avait rien à écouter, plus aucun son, même quand les fenêtres des immeubles volaient en éclats.

Autobiographie. Etre quelque part sans y être ; se taire en parlant ; parler en restant silencieux.

Joindre l’acte au tweet en se plongeant dans la lecture du journal du 4 septembre 2010.

De toute façon, un journal commence toujours là où il paraît finir.