Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 102 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Surmontez un trouble obsessionnel compulsif

Après avoir répété l’expérience de ces sensations, vous allez découvrir qu’elles ne sont pas dangereuses. Vous n’allez pas devenir fou, ni avoir une crise cardiaque, ni perdre votre maîtrise de soi. Des expositions fréquentes et prolongées font passer le message suivant à votre esprit : les sensations ne sont que des sensations.

Ne créez pas ces sensations si vous souffrez sérieusement d’une maladie cardiaque, ou si vous avez un autre problème physique qui pourrait être aggravé par l’exercice. Par exemple, si vous avez de l’asthme ou des problèmes de dos, certaines de ces techniques sont à déconseiller. Demandez à votre médecin en cas de doute.

 

Surmontez un trouble

obsessionnel compulsif

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) accable et domine parfois la vie de la personne qui en souffre, et pour soigner ce trouble, il faut habituellement l’aide d’un professionnel expérimenté. N’essayez seul les stratégies que nous décrivons dans cette section que si vos problèmes relatifs au TOC ne sont que relativement modérés. Et même dans ce cas, vous pourriez demander à un ami ou à votre partenaire de vous aider.

Le chapitre 2 envisage de ce trouble, qui commence souvent par des pensées obsessionnelles non désirées qui induisent de l’anxiété. Les personnes qui souffrent de ce trouble essaient ensuite de calmer l’anxiété causée par leurs pensées en exécutant un acte compulsif. Malheureusement, il semble que le soulagement procuré par l’acte compulsif ne fasse qu’entretenir et perdurer le cercle vicieux.

En conséquence, pour le trouble obsessionnel compulsif, l’exposition ne constitue que le premier pas. Si vous souffrez d’un TOC, il est nécessaire, après l’exposition, de vous empêcher d’effectuer les actions compulsives qui soulagent l’anxiété. Cette stratégie s’appelle : l’exposition avec prévention de la réponse.

Mais commençons par la première étape, l’exposition. Étant donné que le TOC a une composante obsessionnelle, c’est-à-dire, des pensées, des images et des impulsions de peur, l’exposition commence souvent par l’exposition imaginaire, comme elle est décrite dans la section « Imaginez le pire » plus haut dans ce chapitre. L’exposition imaginaire est peut-être la seule technique que vous pouvez utiliser si vos obsessions ne peuvent pas ou ne doivent pas être exprimées par des actes dans la vie réelle. Il s’agit par exemple :

• de pensées qui vous disent d’enfreindre vos

principes religieux ;

• de pensées répétitives de dommage fait à un

membre de votre famille ou à une personne qui vous est chère ;

• de craintes fréquentes de brûler vif dans un

incendie de maison ;

• de pensées non désirées de contracter un

cancer ou une autre maladie redoutée.

Maintenant, procédez comme suit :

❶ Dressez la liste des pensées et images qui

vous tourmentent, puis évaluez chacune d’elles en fonction du niveau d’angoisse qu’elles provoquent.

❷ Ensuite, choisissez la pensée qui vous

bouleverse le moins, restez sur cette pensée et revenez-y sans arrêt pendant le temps qu’il

faut pour que votre niveau de tourment tombe

d’au moins 50 %.

Il est parfois utile d’écouter et de réécouter en permanence la description de sa propre obsession en l’enregistrant sur une cassette.

❸ Puis passez à l’élément suivant de la liste, qui

vous tourmente un peu plus, et continuez à

travailler pour arriver à traiter tous les

éléments de la liste vers le sommet.

Cette approche est plutôt à l’opposé de ce que les personnes qui souffrent de TOC font habituellement avec leurs obsessions indésirables. Normalement, elles essaient de balayer les pensées qui les hantent dès que celles-ci apparaissent, mais cela ne marche que brièvement, et cela maintient le cycle.

Laissez suffisamment de temps à la technique d’exposition imaginaire, et gardez suffisamment longtemps dans votre esprit les pensées et les images pour que votre anxiété se réduise d’au moins 50 % avant de passer à l’élément suivant de la liste.

Si vous souffrez aussi d’actes compulsifs, ou d’évitements dus à des pensées obsédantes, il est alors temps de passer à la deuxième étape, plus difficile : l’exposition et la prévention de la réponse. Là aussi, établissez une hiérarchie d’événements qui vous font peur et de situations que vous évitez habituellement (une tour de la peur), puis mettez-vous dans chacune de ces situations, mais sans exécuter l’acte compulsif.

Par exemple, si vous avez peur d’être contaminé par la crasse et la saleté, allez sur une plage, jouez dans le sable et construisez des châteaux de sable, ou allez dans le jardin, plantez des fleurs, et ne vous lavez pas les mains. Restez dans cette situation jusqu’à ce que votre tourment tombe de 50 %. Si cela ne se produit pas, restez au moins une heure et demie dans la situation et essayez de ne pas abandonner avant qu’au moins un tiers de votre crainte ait disparu. Ne passez pas à l’élément suivant avant d’avoir fait la conquête de celui sur lequel vous êtes en train de travailler.

Bien qu’il soit judicieux d’utiliser les techniques de relaxation avec les tentatives d’exposition initiales, n’utilisez pas la relaxation avec l’exposition et la prévention de la réponse pour le TOC. Car votre anxiété va tomber si, et seulement si, vous laissez suffisamment de temps à l’exposition. En outre, certaines personnes souffrant de TOC utilisent en fait la relaxation comme un rituel compulsif. En conséquence, si vous pouvez utiliser la relaxation pour des anxiétés sans relation avec le TOC, mais n’employez pas la relaxation pour l’exposition et la prévention de la réponse.