Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd
Le cycle du TOC
• Les compulsions sont des actions et des
comportements ou des stratégies mentales que
vous vous sentez obligé de répéter à l’infini en
réponse à l’une de vos pensées obsédantes ou
parce que vous respectez une sorte de règle
rigide en pensant qu’il est impossible de la
transgresser.
• Vous croyez que vos actes compulsifs peuvent
d’une manière ou d’une autre empêcher qu’un
événement terrible ne se produise ou qu’ils
peuvent soulager votre angoisse, mais ce que
vous faites n’a pas vraiment de sens.
Le cycle du TOC
Fréquemment, un schéma de comportement se met en place, dans lequel les pensées obsédantes génèrent l’anxiété, ce qui fait que le sujet s’engage dans un acte compulsif afin de réduire l’anxiété et de se soulager. Ce soulagement temporaire l’encourage fortement à croire que l’acte compulsif lui est utile. Malheureusement, le cycle recommence car la pensée obsédante revient.
Lorsque l’on voit un TOC là où il n’y en a pas Il se peut que vous vous souveniez, alors que vous étiez un enfant, avoir marché avec vos petits amis pour vous rendre à l’école en évitant soigneusement les fissures du trottoir. Si l’un de vous a marché accidentellement sur l’une d’elles, un autre a peut-être crié qu’un malheur allait arriver. Et peut-être que lorsque vous vous rendiez tout seul à l’école, vous avez eu la même pensée et vous avez donc évité de marcher sur les fissures. Il est évident que vous saviez que marcher sur une fissure, cela n’entraînerait pas de malheur. Donc ne pas marcher sur les fissures, c’est presque une compulsion. Car vous l’avez fait de façon répétée en sachant que cela n’empêcherait pas la chose néfaste de se produire. Mais si vous l’avez fait en considérant cela uniquement comme un jeu, et que cela ne vous a pas beaucoup dérangé, le fait d’éviter les fissures n’était pas difficile, et pas grave non plus. En outre, les enfants ont souvent des pensées magiques ou superstitieuses, qu’ils perdent d’habitude avec l’âge.
En revanche, si une partie de vous-même craint vraiment que quelque chose de terrible n’arrive dans le cas où vous marcheriez sur une fissure, et que vous ne pouviez même pas vous rendre à l’école à cause cette peur, vous aviez probablement une véritable compulsion. Nombreux sont ceux qui vérifient plus d’une fois qu’ils ont bien fermé la porte à clé, qui reviennent sur leurs pas pour s’assurer que la cafetière est éteinte deux fois de plus, ou qui comptent les marches ou les volées d’escaliers de façon inutile. Ce n’est qu’à partir du moment où ces choses commencent à prendre trop de temps et interfèrent avec les rapports avec les autres, le travail ou la vie quotidienne qu’il y a vraiment un problème.
La préoccupation extrême de Lise, qui s’accroche à des objets sans aucune valeur et qui ne font qu’encombrer sa maison constitue un exemple de TOC.
Lise est une collectionneuse, mais on ne peut pas vraiment dire que c’est une collectionneuse au sens habituel, parce que ce qu’elle collectionne n’a jamais de véritable valeur pour quiconque. Elle garde chaque élastique qui a servi à maintenir enroulé son journal quotidien ; elle n’a jamais jeté un seul magazine ; son garage ne contient rien d’autre qu’un bazar de piles, de ficelles, de galets, de morceaux de fil de fer, de boulons et d’écrous, et de bouts de papier. Lise n’arrive tout simplement pas à se décider à jeter quoi que ce soit. Sa maison est pleine à craquer de choses inutiles.