Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 28 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Le trouble panique

Quentin souffre de phobie sociale. Elle s’accompagne souvent d’abus de médicaments et d’alcool. Vous comprenez peut-être pourquoi.

 

Le trouble panique

Bien sûr, tout le monde est un peu paniqué de temps en temps. Les gens disent souvent qu’ils paniquent à l’idée d’une date butoir, d’une présentation qu’ils vont devoir faire, ou de la préparation d’une fête. Il est probable que vous entendiez ce terme employé dans le contexte d’événements aussi banals.

Mais les personnes qui souffrent de trouble panique parlent de phénomènes complètement différents. Ils traversent des périodes de peur et d’anxiété incroyablement intenses. Si vous n’avez jamais eu d’attaque de panique, nous ne vous le souhaitons pas. Ces crises durent d’habitude environ 10 minutes, et nombreuses sont les victimes qui croient qu’elles vont mourir durant la crise. Ce n’est pas précisément les dix meilleures minutes de leurs vies. Les attaques de panique se manifestent normalement par toute une série de symptômes marqués qui attirent l’attention :

• Un rythme cardiaque irrégulier, rapide ou

frénétique ;

• La transpiration ;

• Une impression d’étouffement, de suffocation

ou de manque d’air ;

• Le vertige ou l’étourdissement ;

• Une douleur ou une autre gêne dans la

poitrine ;

• L’impression que les événements sont irréels

ou l’impression d’être détaché de soi-même ;

• L’engourdissement ou des picotements ;

• Des vagues subites de chaleur ou de froid ;

• La peur de mourir, bien qu’elle soit en fait

non fondée ;

• La nausée ou des troubles digestifs ;

• Un sentiment de grande nervosité ou des

tremblements ;

• L’idée que l’on est en train de devenir fou ou

de perdre complètement le contrôle de soi.

Les professionnels s’entendent généralement sur le fait que pour porter le diagnostic d’un trouble panique complet, les attaques de panique doivent se produire plus d’une seule fois. Les personnes qui en souffrent se font du souci à l’idée même de la prochaine crise, ou à l’idée qu’elles vont perdre le contrôle de soi et se trouver dans l’embarras. Finalement, elles finissent habituellement par se mettre à changer de mode de vie en évitant certains endroits et certaines activités.

Les attaques de panique commencent par un événement qui déclenche un certain type de sensation, comme un effort physique ou des variations normales des réactions psychologiques. Cet événement déclencheur induit des réponses physiologiques, comme l’augmentation du niveau d’adrénaline. Pas de problème jusque-là.

Mais ce processus tourne mal à l’étape suivante, lorsque le sujet (la personne) qui souffre de trouble panique interprète mal la signification des symptômes physiques. Au lieu de les considérer comme un événement normal, il pense que c’est le signal d’un danger imminent, comme une crise cardiaque ou une attaque cérébrale. Cette interprétation entraîne une escalade de la peur et augmente l’état d’excitation physique. En d’autres termes, c’est un cercle vicieux. Heureusement, le corps ne peut maintenir de telles réponses physiques élevées que pendant un temps limité, et il finit par se calmer.

Bonne nouvelle : un grand nombre de gens ne subissent qu’une seule attaque de panique dans leur vie, et n’en ont plus jamais ensuite. Donc pas de panique si vous faites une attaque de panique.

L’histoire de Marie est un bon exemple d’une attaque de panique unique.

Marie a quitté l’hôpital après avoir rendu visite à son voisin de palier. Elle n’arrive toujours pas à croire qu’il a eu une crise cardiaque alors qu’il n’est âgé que de 42 ans. Marie, qui ne s’inquiète jamais de sa propre santé, médite le fait qu’elle vient juste d’avoir 46 ans. Elle décide de perdre ses 10 kg de trop et de se mettre à faire de l’exercice.

Lors de sa troisième visite au club de remise en forme, elle règle le tapis de jogging au niveau 6. Presque instantanément, son rythme cardiaque s’accélère. Alarmée, elle abaisse le niveau à 3. Elle se met à respirer rapidement et de façon superficielle, mais elle a l’impression qu’elle n’arrive pas à avaler suffisamment d’air. Et réduire davantage le niveau ne semble rien y faire. Elle arrête le tapis et va aux vestiaires. En transpirant abondamment et avec la nausée, elle trouve une cabine libre. Elle s’y assoit et pense que peut-être elle a un peu exagéré avec l’exercice au tapis de jogging. Mais les symptômes s’intensifient et sa poitrine se raidit. Elle veut crier, mais elle n’arrive pas à aspirer suffisamment d’air. Elle est certaine d’être en train de mourir, et elle espère que quelqu’un va la trouver avant qu’elle ne trépasse. Elle entend quelqu’un et appelle faiblement à l’aide. Une ambulance l’emporte illico à la salle des urgences de l’hôpital le plus proche, tandis qu’elle prie le ciel pour survivre à sa crise cardiaque.

Dans la salle des urgences, les symptômes de Marie décroissent, et le médecin vient lui expliquer les résultats de l’examen. Il lui dit qu’elle a vraisemblablement eu une attaque de panique, et lui demande ce qui a bien pu la déclencher. Elle répond qu’elle faisait de l’exercice à cause de son inquiétude au sujet de sa surcharge pondérale et de sa santé, et elle mentionne la crise cardiaque de son voisin.

« Ah, cela explique tout, la rassure le docteur. Vos inquiétudes au sujet de votre santé vous ont rendue hypersensible à tout symptôme corporel. Lorsque votre rythme cardiaque s’est accéléré de façon naturelle sur le tapis de jogging, vous vous êtes alarmée. Cette peur a fait produire davantage d’adrénaline à votre corps, qui à son tour a généré davantage de symptômes. Plus vous aviez de symptômes, plus grande était votre peur et plus élevé votre niveau d’adrénaline. Le fait de savoir comment cela se passe vous aidera probablement. J’espère qu’à l’avenir les variations physiques normales de votre corps ne vous effraieront pas. Votre cœur est en parfait état. Je vous recommande de retourner faire des exercices, mais de ne les augmenter que graduellement au bout d’un certain temps et sans changement brusque d’intensité. Vous pourriez aussi essayer quelques techniques simples de relaxation. Je vais demander à l’infirmière de venir vous en informer. J’ai toutes les bonnes raisons de penser que vous n’aurez plus jamais d’épisodes comme celui que vous venez de vivre. Enfin, vous pourriez aussi lire Guérir l’anxiété pour les Nuls de Charles H. Elliott et Laura L. Smith ; c’est un très bon bouquin ! »

Marie n’a pas de trouble panique, parce qu’elle n’a pas eu plus d’une seule crise, et il est possible qu’elle n’en aura jamais plus. Si elle croit ce que lui a dit le médecin et si elle suit ses conseils, la prochaine fois que son rythme cardiaque s’accélérera elle ne sera probablement pas aussi effrayée. Elle utilisera probablement aussi les techniques de relaxation que lui a montrées l’infirmière.

Si vous avez peur de souffrir d’un trouble panique, rappelez-vous que cela se soigne. Ce chapitre vous donne les connaissances nécessaires, et d’autres

(voyez surtout les chapitres 6 et 8) vous expliqueront comment passer à l’action sur la base de ce que vous aurez compris.