Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 104 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Commencez directement par l’exposition avec prévention de la réponse pour soigner le TOC

• Exécutez vos actes compulsifs à une vitesse

bien plus lente que d’habitude. Par exemple, si vous vous sentez forcé d’arranger des objets dans un certain ordre, faites-le, mais avec une lenteur atroce.

• Modifiez votre compulsion d’une certaine

manière. S’il s’agit d’un rituel, modifiez le nombre de fois que vous l’exécutez. S’il comprend une séquence dans laquelle vous vérifiez que toutes les portes de la maison sont bien fermées, essayez d’effectuer cette vérification dans un ordre complètement différent qu’à l’habitude.

 

Commencez directement par l’exposition avec prévention de la réponse pour soigner le TOC Annie est constamment obsédée par la peur de tomber malade au contact de la saleté, de microbes et de pesticides. À chaque fois qu’elle s’imagine avoir été en contact avec n’importe laquelle de ces choses, ne serait-ce qu’au degré le plus faible, elle se sent obligée de se laver longuement les mains, d’abord de la pierre ponce pour frotter la couche sale de l’épiderme, puis avec un savon antibactérien pour tuer les germes. Malheureusement, ce rituel fait que ses mains sont craquelées, douloureuses et qu’elles saignent. En public, elle porte des gants pour cacher les dommages qu’elle s’est elle-même infligés. Ce n’est pas tout. Elle a découvert que son nettoyage de mains prend de plus en plus de temps. Ses pauses de 15 minutes au travail sont trop courtes pour qu’elle parvienne à exécuter ce rituel. Elle décide finalement de s’attaquer à son problème lorsque son supérieur lui dit qu’elle doit prendre des pauses plus courtes. Elle se prépare à son exercice d’exposition et de prévention de la réponse en faisant le premier exercice durant une semaine :

• Elle retarde le nettoyage de ses mains

de 30 minutes à partir du moment où elle en

ressent le besoin pressant. Plus tard, elle le

retarde de 45 minutes ;

• Elle modifie le nettoyage de ses mains en

utilisant un type de savon différent et en

commençant par l’alcool à 90o au lieu de

terminer avec.

Annie constate avec surprise que ces modifications rendent ses besoins pressants de se laver les mains un peu moins fréquents, mais ils n’ont pas vraiment disparu, et ils continuent de lui causer des tourments considérables. Elle a besoin de faire preuve du courage nécessaire pour pratiquer l’exposition et la prévention de la réponse.

D’abord, elle demande à Dolorès, une amie en qui elle a confiance, de l’aider. Elle lui explique son problème et lui demande de l’assister au cours de ses exercices, en lui prodiguant son aide et ses encouragements. Puis, pour son exposition avec prévention de la réponse, elle construit une tour de la peur qui inclut de toucher une douzaine d’« objets sales » :

• Des sièges de toilettes avec ses mains nues.

Anxiété : 99.

• Des bombes de pesticide. Anxiété : 92.

• La caisse de litière de son chat. Anxiété : 90.

• De l’huile de graissage pour moteurs.

Anxiété : 87.

• Des tapis sales. Anxiété : 86.

• Des poignées de porte. Anxiété : 80.

• La main courante d’un escalier roulant.

Anxiété : 78.

• Le volant d’une voiture conduite par

quelqu’un d’autre. Anxiété : 72.

• Des fruits et des légumes non lavés. Anxiété :

70.

• Le siège d’un fauteuil sur lequel une personne

malade s’est assise. Anxiété : 67.

• Le siège d’un fauteuil sur lequel une personne

en bonne santé s’est assise. Anxiété : 60.

• Un combiné de téléphone que quelqu’un

d’autre a utilisé. Anxiété : 53.

Dolorès aide Annie à monter à l’assaut de sa tour de la peur en la faisant commencer par le cube le plus facile : toucher un combiné de téléphone que quelqu’un d’autre a utilisé. Elle demande à Annie de faire plusieurs fois ce geste et l’encourage à résister à l’envie pressante de se laver les mains. Au bout d’une heure et demie, cette envie de se laver s’est réduite de façon significative. Le jour suivant, Dolorès fait passer Annie au cube suivant.

Chaque jour, elles s’attaquent à un nouveau cube si Annie a réussi à maîtriser la veille l’étape du cube précédent. Au moment où elle doit toucher la caisse à litière du chat, Annie recule au début. Dolorès lui dit qu’elle ne la « forcera » pas à le faire, mais qu’elle pense que cela pourrait l’aider. En d’autres termes, elle l’encourage vivement à le faire. La boîte à litière du chat nécessite de nombreuses tentatives. Finalement, Annie parvient à la toucher et à garder la main dessus. Pourtant, pour que son anxiété se réduise enfin de moitié, il devra toucher la caisse à litière du chat de nombreuses fois 10 minutes à chaque fois pendant en tout trois heures.