Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 27 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

La phobie sociale

Les personnes qui souffrent de phobie sociale ont peur d’être exposées à l’examen des autres. Elles ont souvent peur de se produire ou de parler en public, d’aller à des fêtes, de rencontrer de nouvelles personnes, de faire partie de groupes, de manger en public et/ou d’interagir avec les personnes en position d’autorité. Elles trouvent ces situations difficiles parce qu’elles s’attendent à recevoir des jugements humiliants de la part des autres. Elles croient être d’une manière ou d’une autre mauvaises et incompétentes. En conséquence, elles supposent qu’elles vont rater leur discours, renverser leur boisson, serrer des mains avec la main moite, ou commettre n’importe quel autre faux pas social et donc se retrouver gênées.

Le paradoxe de la phobie sociale

En raison de l’anticipation et de la peur de l’humiliation, les personnes qui souffrent de phobie sociale se retirent et évitent les situations sociales à chaque fois que c’est possible. Lorsqu’elles sont contraintes à de telles rencontres, elles inhibent leurs réactions afin d’éviter de dire ou de faire quelque chose qui pourrait selon elles être perçu comme étant stupide. Ces personnes évitent souvent de regarder leur interlocuteur dans les yeux, elles restent souvent à l’écart, contribuent peu à une conversation et ont en général l’air coincées.

Malheureusement, la peur qu’ont ces gens de s’exprimer les fait parfois sembler peu amicaux, froids, distants et/ou égocentrés. Ces personnes souffrent en fait d’une peur intense dans ces circonstances, et elles réagissent avec surprise lorsqu’on leur dit qu’elles ont l’air égocentrées et inamicales. Parfois, elles se rendent compte que d’autres les trouvent inamicales, ce qui ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de leur phobie pour les convaincre que les autres ne vont pas les aimer et qu’elles ne savent pas comment dialoguer avec succès. En d’autres termes, un cercle vicieux s’est installé, plus le phobique essaie d’éviter les réactions négatives, plus les autres réagissent négativement à ce comportement.

Tout le monde est gêné ou nerveux de temps en temps, surtout dans des situations nouvelles. Par exemple, si vous avez des peurs sociales depuis moins de six mois, il est possible que vous ne souffriez pas de phobie sociale. Ce peut être une réaction temporaire à un nouveau stress, par exemple à un déménagement dans un nouveau voisinage ou à un nouvel emploi. Toutefois, il est possible que vous souffriez de phobie sociale si vous observez sur vous-même les symptômes suivants pendant une période prolongée :

• Vous avez peur des situations dans lesquelles

des personnes qui ne vous sont pas familières sont présentes ou bien dans lesquelles on pourrait vous observer ou vous évaluer d’une manière ou d’une autre.

• Lorsque vous êtes obligé de vous trouver dans

une situation inconfortable en société, votre niveau d’anxiété s’accroît fortement. Par exemple, si vous avez peur de parler en public, votre voix tremble, et vos genoux se mettent à trembler au moment où vous commencez à parler.

• Vous vous rendez compte que votre peur est

plus grande que la situation ne le justifie

vraiment. Par exemple, si vous avez peur de

rencontrer de nouvelles personnes,

logiquement vous savez que rien d’horrible ne

se produira, mais des vagues d’adrénaline et

d’anticipation craintive vous courent à travers

les veines.

• Vous évitez les situations qui vous font peur

autant que vous le pouvez ou vous ne les

endurez qu’avec beaucoup de douleur.

Lisez l’histoire qui suit au sujet d’un événement dans la vie d’une personne souffrant de phobie sociale, et voyez si certains éléments vous semblent familiers.

Quentin, célibataire de 35 ans, beau parti, souhaite une relation de couple sérieuse. Les femmes trouvent qu’il est assez attirant, qu’il s’habille bien, et elles savent qu’il a un emploi très bien payé. Ses amis essaient de le caser, et l’invitent donc à des fêtes et à d’autres événements sociaux. Malheureusement, il déteste l’idée d’y aller. Le lendemain de Noël, il commence à avoir peur de la fête du Nouvel An. Dans son esprit, Quentin se débrouille pour trouver des tas de bonnes excuses pour se défiler. Pourtant, son désir de rencontrer des candidates potentielles finit par l’emporter. Il passe et repasse dans sa tête des scénarios de rencontre avec des femmes. Chaque fois qu’il imagine l’une de ces scènes, il ressent une impatience intense et angoissée. Il se réprimande en comprenant que cette peur est absurde, mais il se sent incapable de la combattre.

L’après-midi qui précède la fête, il passe des heures à se préparer et n’a aucun appétit. Lorsque Quentin arrive, il se dirige immédiatement vers le bar pour dompter son anxiété grandissante. Ses mains tremblent au moment où il prend son premier verre. En avalant rapidement sa boisson, il en commande une autre, en espérant ainsi engourdir ses émotions. Au bout d’une heure passée à boire sans s’arrêter, il se sent bien plus courageux. Il aborde un groupe de femmes attrayantes et leur déverse toute une série de blagues qu’il a apprises par cœur pour l’occasion. Puis il approche diverses femmes au cours de la soirée, parfois en flirtant et en faisant des commentaires suggestifs. Il ne va pas loin, mais il est satisfait de ses performances.

Le lendemain, Quentin se réveille dans une chambre qu’il ne connaît pas, en ayant oublié comment la soirée s’est terminée. Son ami passe la tête à travers le chambranle de la porte et lui dit : « Tu étais si parti hier soir qu’on a pris tes clés et qu’on t’a mis au lit. Te rappelles-tu ce qui s’est passé ? » Quentin fait non de la tête, et il se met à rougir de gêne. Son ami continue : « Désolé de devoir te le dire, mais tu faisais des avances assez osées à Brenda. Son frère a presque perdu son calme, et toi, tu étais sur le point de te battre avec lui ! Bref, ce n’était pas beau à voir. »