Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd
Éviter ou réprimer son blues
Cet exemple montre que les gens ne savent pas toujours comment décrire ce qu’ils ressentent. Si vous ne savez pas toujours ce que vous ressentez, ce n’est pas grave.
Éviter ou réprimer son blues
Certaines personnes ont souvent du mal à identifier leurs sentiments et leurs émotions, et à mettre une étiquette dessus. En fait, cette difficulté est logique pour deux raisons.
D’abord, les émotions font souvent mal. Personne ne veut ressentir une profonde tristesse, du chagrin, de l’anxiété ou de la peur. Une solution simple consiste à éviter complètement les sentiments, et il existe de nombreuses manières créatives d’éviter les émotions. Malheureusement, la plupart de ces méthodes peuvent être destructives :
• Se tuer au travail ;
• L’alcoolisme et la consommation de drogues ;
• La dénégation et la répression ;
• La recherche de sensations fortes ;
• La distraction : le sport, les divertissements,
les hobbies, la télévision, le surf sur Internet et de nombreuses autres activités peuvent dissimuler des émotions négatives.
La seconde raison qui fait que beaucoup de gens ont tant de mal à identifier, exprimer et donner un nom à leurs sentiments, c’est qu’on leur apprend dès la petite enfance qu’ils « ne doivent pas » ressentir certaines choses. Les parents, les professeurs, les amis et les membres de la famille bombardent les enfants avec des messages du style : « Tu ne ressentiras point ! » Voici quelques exemples de messages de ce type que vous avez probablement déjà entendus :
• Un grand garçon, ça ne pleure pas.
• Ne fais pas l’enfant.
• Remets-toi !
• Ça n’a pas pu faire si mal que ça.
• Ne sois pas une poule mouillée !
• Sois à la hauteur !
• Tu ne vas pas te dégonfler !
• Arrête de pleurer, sinon je vais te donner une
bonne raison de pleurer !
Il n’est pas étonnant que l’on dise de tant de gens qu’ils « ne sont pas en contact avec leurs sentiments ». Cette tendance habituelle à l’évitement des sentiments, est telle qu’on ne peut pas trouver comment faire face au problème qui le sous-tend, ni trouver comment le résoudre. L’évitement chronique crée un certain type de stress de basse intensité qui augmente avec le temps.