Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 30 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Les phobies spécifiques : araignées, serpents, tornades, avions et autres choses effrayantes

Au secours ! Je meurs !

Les symptômes des attaques de panique, comme la douleur dans la poitrine, la respiration courte, la nausée et la peur intense ressemblent souvent à ceux des crises cardiaques. Alarmés, ceux qui subissent ces terribles symptômes foncent en direction de la salle d’urgences la plus proche. Puis une fois que de nombreux tests se sont avérés négatifs, des médecins surmenés disent à la victime d’une attaque de panique : « C’est tout dans votre tête. » Les patients incrédules sont alors sûrs que quelque chose a été oublié. Lors de la crise suivante et de celles d’après, il est probable que les victimes vont retourner encore et encore à la salle des urgences pour y chercher une nouvelle fois l’avis médical. Les visites répétées sont frustrantes pour les patients comme pour le personnel médical. Pourtant, une simple intervention psychologique de 20 à 30 minutes dans la salle réduit considérablement le nombre des visites. De quoi s’agit-il ? Il peut s’agir simplement d’informer sur le trouble et de décrire quelques techniques de relaxation profonde à essayer lorsque l’attaque de panique se produit. (Vous trouverez de nombreuses autres idées dans ce livre.)

 

Les phobies spécifiques :

araignées, serpents, tornades, avions et autres choses

effrayantes

De nombreuses peurs semblent être profondément gravées dans le cerveau humain. Les hommes et les femmes des cavernes avaient de bonnes raisons d’avoir peur des serpents, des étrangers, des hauteurs, de l’obscurité, des grands espaces et de la vue du sang : les serpents pouvaient être venimeux, les étrangers pouvaient être des ennemis, on pouvait tomber des hauteurs, l’obscurité pouvait cacher des dangers inconnus, les grands espaces pouvaient rendre une tribu primitive vulnérable aux attaques venues de tous côtés, et la vue du sang pouvait signifier une crise, et même la mort potentielle. La peur inspirait la prudence et l’évitement du danger. Ceux qui avaient ces peurs avaient une meilleure chance de survivre que ceux qui étaient naïvement courageux.

C’est pourquoi de nombreuses peurs parmi celles qui sont les plus courantes aujourd’hui reflètent les dangers du monde d’il y a des milliers d’années. Aujourd’hui encore, il est raisonnable d’identifier soigneusement une araignée avant de la ramasser. Pourtant, la peur augmente parfois jusqu’à atteindre un niveau handicapant. Vous souffrez peut-être d’une phobie spécifique :

• Si vous avez une peur exagérée d’une

situation ou d’un objet spécifique.

• Lorsque vous vous trouvez dans des situations

redoutées, vous souffrez immédiatement d’une

très forte anxiété. Votre anxiété pourrait se

manifester par de la transpiration,

l’accélération du rythme cardiaque, le désir de

vous enfuir, le raidissement de la poitrine ou

de la gorge, ou des images de quelque chose

d’affreux en train d’arriver.

• Pourtant, vous savez que votre peur est

déraisonnable. En revanche, des gosses avec

des phobies spécifiques ne savent pas toujours

que leur peur est déraisonnable. Par exemple,

ils peuvent vraiment penser que tous les

chiens mordent.

• Vous évitez autant que possible l’objet ou la

situation qui cause votre frayeur.

• Votre peur est si intense que vous en venez à

modifier votre comportement quotidien au

travail, à la maison ou dans vos rapports avec

les autres. En conséquence, votre peur vous cause des désagréments et elle en cause peut-être à d’autres, et elle limite votre vie.

Près de deux tiers des gens ont peur d’une chose ou d’une autre. Par exemple, moi-même, Laura Smith, coauteure de ce livre, je déteste les bestioles. Chaque fois qu’un grillon est dans la maison, je l’évite ou je demande à quelqu’un d’autre de le faire disparaître. Une année, j’avais mon bureau dans un vieil immeuble. Chaque matin, des cafards morts jonchaient le sol. J’imaginais alors le moyen d’en débarrasser mon bureau en utilisant des piles de serviettes en papier. Si, au contraire, j’avais dû démissionner de mon travail à cause de ces bestioles, j’aurais eu un diagnostic de phobie spécifique. Mais mes peurs n’entravent pas ma vie de façon significative. Tout comme moi, vous avez peut-être une peur excessive de quelque chose. Cela ne veut pas dire que l’on diagnostiquerait une phobie spécifique, tant qu’elle ne perturbe pas grandement votre vie. Et vous pourrez faire quelque chose pour la combattre, ou au contraire ne rien faire du tout. Pour le cas où vous vous le demanderiez, cela ne me gêne pas particulièrement que les bestioles me dégoûtent. J’ai l’intention de vivre ma vie entière de cette manière, et je n’ai aucunement l’intention de résoudre ce problème.

La description qui suit de la vie de Théodore est un exemple de premier choix de ce que peut traverser une personne qui souffre d’une phobie spécifique.

Théodore monte péniblement les escaliers de huit étages pour atteindre son bureau chaque matin, mais il dit à tout le monde qu’il adore cet exercice. Lorsque Théodore passe devant un ascenseur en allant à la cage d’escalier, son cœur se met à cogner, et il a l’impression d’être condamné. Il imagine qu’on le force à monter dans l’ascenseur, que les portes se referment, et qu’il n’y a pas d’issue. Dans sa tête, la cabine de l’ascenseur s’élève tirée par des vieux câbles rouillés, elle a soudain des soubresauts, puis elle tombe en chute libre et s’écrase finalement au sous-sol.

Théodore n’a jamais vécu quelque chose de semblable dans la réalité, et personne non plus parmi les gens qu’il connaît. Il n’a jamais aimé les ascenseurs, mais il n’a commencé à les éviter qu’au cours des dernières années. Il semble que plus il les évite, plus sa peur augmente. Autrefois, il pouvait prendre des escaliers mécaniques sans problème, mais maintenant, il se rend compte qu’il les évite aussi. Il y a plusieurs semaines, à l’aéroport, il n’a eu d’autre choix que de prendre un escalier roulant. Il a réussi à monter dessus, mais il a ensuite été tellement effrayé qu’il a dû s’asseoir pendant un moment après avoir atteint le deuxième étage.