Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 63 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Soupesez les preuves au tribunal des pensées

• Les scénarios du pire : réexaminez votre

aptitude à faire face à la situation dans le cas où le pire se produirait. La plupart des gens sous-estiment leurs ressources.

Véronique surveille de près ses pensées anxiogènes relatives au passage d’examens. Mais elle ne les remet jamais en question. Elle reste anxieuse et convaincue que si elle suit un cours, elle va sûrement échouer à l’examen final. Et que tout le monde va réaliser à quel point elle est stupide. Véronique a besoin d’autres outils que la simple surveillance pour s’attaquer à ses pensées anxieuses. Elle doit aller devant le tribunal des pensées, et passer en revue les preuves qui confirment et celles qui infirment (pour et contre) sa manière habituelle de penser.

 

Soupesez les preuves au

tribunal des pensées

Les pensées qui déclenchent vos sentiments d’anxiété existent très probablement depuis longtemps. La plupart des gens considèrent que leurs pensées sont vraies. Ils ne les remettent pas en question. Vous seriez peut-être surpris de découvrir que beaucoup de nos pensées ne résistent pas à un examen minutieux. Si vous collectez les preuves et si vous les évaluez soigneusement, vous pourriez bien vous rendre compte que vos pensées sont en fait construites sur du sable.

Gardez à l’esprit que rassembler des preuves, alors que vous vous sentez vraiment anxieux, ce n’est pas toujours facile à faire. Dans ces moments-là, il est difficile d’envisager que vos pensées puissent être erronées. Lorsque c’est le cas, il est préférable d’attendre d’être plus calme avant de vous mettre à la chasse aux preuves. À d’autres moments, vous pourriez trouver la preuve que votre anxiété n’échappe pas trop à votre contrôle. Vous pourriez aussi trouver utile d’utiliser les questions pour la collecte des preuves qui suivent, lorsque vous procédez au jugement de l’exactitude de vos pensées anxiogènes.

• Ai-je déjà eu des pensées comme celles-ci à

d’autres moments de ma vie ? Est-ce que mes

sombres prédictions se sont réalisées ?

• Ai-je eu des expériences qui contrediraient

mes pensées d’une manière ou d’une autre ?

• La situation est-elle vraiment aussi affreuse

que ce que j’imagine ?

• D’ici un an, à quel point cette question va-t-

elle me préoccuper ?

• Est-ce que je pense que cela va arriver

simplement parce que je me sens anxieux et soucieux ? Est-ce que je fonde mes conclusions avant tout sur mes sentiments, ou sur des preuves tangibles ?

Les sentiments sont toujours valables, en ce sens que vous ressentez ce que vous ressentez. Mais ils ne constituent pas des preuves à l’appui de pensées anxiogènes. Par exemple, si vous êtes extrêmement anxieux à cause d’un examen qui approche, cette anxiété ne constitue aucune preuve de la qualité de vos performances à l’examen.

Ces questions destinées à la collecte des preuves pourront vous aider à découvrir des preuves qui justifient vos pensées anxiogènes et soucieuses, et des preuves qui les démentent. Jetez à nouveau un

coup d’œil aux notes de Véronique dans le tablea

u 4-1, plus haut dans ce chapitre, et à sa collecte

des preuves qui est présentée dans le tableau 4-2. Véronique a utilisé les questions destinées à la collecte des preuves qui démentent ses pensées anxiogènes dans la seconde colonne du tableau.

Après avoir achevé cette tâche, Véronique porte un nouveau jugement sur ses pensées anxiogènes. Elle comprend que les preuves qui appuient ses pensées anxiogènes ne résistent pas à l’examen. Après y avoir réfléchi, elle voit qu’une bonne partie de ses sentiments d’infériorité proviennent du fait qu’elle a un père critique. En outre, elle est surprise de constater que beaucoup de preuves appuient en faveur de l’autre point de vue, c’est-à-dire qu’elle est en fait assez capable. En conséquence, elle change d’avis et, chose plus importante encore, son anxiété décroît. Elle décide de suivre le cours et de faire de son mieux.

 

Tableau 4-2 Évaluez les preuves

Preuves à l’appui de mes Preuves qui démentent mes pensées pensées anxiogènes anxiogènes Je sais que si je ne réussis pas, La preuve que si je ne réussis pas, ma chef ne

ma chef le saura, parce que le saura pas, n’existe pas. Pourtant, même si

l’université paie mes frais de elle l’apprend, elle ne sera probablement que

scolarité. désolée pour moi. J’ai presque échoué à l’épreuve En quatre ans de collège, le cours de chimie

de chimie lors de ma deuxième est le seul qui m’a posé problème. J’ai eu des année au collège. résultats tout à fait bons. Mon père a toujours dit que La raison pour laquelle je me sens stupide, j’apprenais lentement. c’est probablement à cause de mon père ;

personne d’autre n’a jamais dit ça. En outre,

les sentiments ne sont pas vraiment des

preuves !

Je ne me sens pas intelligente. Ma chef ne me suggérerait pas de suivre ce

cours si elle pensait que je n’en étais pas

capable. En outre, les sentiments ne sont pas

vraiment des preuves !

Ma meilleure amie a eu des Ma meilleure amie était tout simplement plus

meilleures notes que moi, et confiante que moi ; c’est pour cela qu’elle est à

elle suit des études à l’université. Mes notes n’étaient pas l’université maintenant. Je dois suffisamment bonnes. être une idiote.

Cela fait deux ans que je fais ce Personne n’obtient de promotion ici à moins

travail, et je n’ai pas encore eu de suivre ce cours. C’est la seule raison pour

de promotion. laquelle je n’ai pas reçu de promotion.

 

Songez à remplir votre propre tableau pour pouvoir évaluer les preuves soigneusement. Utilisez les mêmes en-têtes de colonne et le même

format que le tableau 4-2. Soyez créatif et trouvez autant de preuves que vous pourrez à l’appui de vos pensées anxiogènes et contre.

Si vous avez besoin d’aide pour trouver les idées, n’oubliez pas de vous servir des questions destinées à la collecte des preuves, dont nous avons donné la liste plus haut dans cette section.