Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 189 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Adoptez un point de vue dépassionné

L’anxiété ressemble au serrement des menottes chinoises. Plus on se débat, plus on se sent piégé. Le fait d’insister sur l’idée que votre anxiété doit disparaître à cet instant même est sans aucun doute le meilleur moyen pour l’augmenter !

 

Adoptez un point de vue

dépassionné

Les anthropologues étudient le comportement et la culture des êtres humains. Ils font leurs observations de façon objective en prenant un angle dépassionné et scientifique. Nous voulons que vous examiniez votre anxiété comme un anthropologue, avec un calme détachement.

Attendez votre prochaine phase d’anxiété. Étudiez votre anxiété et tout ce qui l’accompagne, et préparez un rapport qui explique ce qu’est l’anxiété et comment votre corps la ressent, comment elle affecte vos pensées et comment elle influence vos actions. Ne jugez pas l’anxiété, contentez-vous de l’observer. Puis, dans votre rapport, en étant aussi objectif que possible, répondez aux questions suivantes :

• Où se trouve la tension que je ressens dans

mon corps ? Dans les épaules, le dos, les

mâchoires, les mains, ou le cou ? Étudiez-la et

décrivez comment vous ressentez la tension.

• Mes mains sont-elles moites ?

• Mon cœur bat-il plus vite ? Si oui, quel est

mon rythme cardiaque ?

• Est-ce que je sens de la raideur dans la

poitrine ou dans la gorge ?

• Est-ce que j’ai le vertige ? Étudiez cette

sensation de vertige et décrivez-la.

• Que suis-je en train de penser ? Est-ce que

je…

• fais des prévisions négatives au sujet de

l’avenir ?

• fais tout un fromage d’un petit rien ?

• transforme un événement désagréable

en catastrophe ?

• suis dérangé par quelque chose qui se

trouve hors de mon contrôle ?

• Qu’est-ce que mon anxiété me dit de faire ?

• Éviter de faire quelque chose que je veux

faire ?

• Que je dois être parfait ?

• Que je dois dissimuler mon anxiété ?

L’histoire de Marcel constitue un bon exemple de la manière dont votre capacité d’observation peut vous aider à aborder vos sensations d’anxiété :

Marcel, un administrateur d’hôpital de 38 ans, a eu sa première attaque de panique il y a trois ans. Au cours de ces trois ans, ses crises ont augmenté en fréquence et en intensité, et il a même commencé à ne pas aller au travail les jours où il avait peur de diriger les réunions du personnel.

Aujourd’hui, il travaille avec un thérapeute pour réduire sa panique. Le thérapeute observe que le perfectionnisme de Marcel le pousse à exiger une amélioration immédiate. Il lit tout ce qui lui est assigné et essaie d’exécuter chacune des tâches de façon parfaite. Le thérapeute, qui comprend que Marcel doit ralentir et faire marche arrière, lui donne une tâche. Marcel, en prétendant qu’il est un anthropologue en mission, écrit alors un rapport sur l’anxiété qu’il ressent :

« J’ai commencé à remarquer que ma respiration était un peu courte. J’ai pensé : ça recommence ! Puis mon cœur s’est mis à battre la chamade. J’ai remarqué qu’il battait vite, mais pas aussi rapidement que lorsque je fais mes exercices physiques. Je me suis demandé combien de temps ça allait durer. Puis j’ai remarqué que mes mains étaient moites. J’ai eu un peu la nausée. Je ne voulais pas aller au travail. Je pouvais presque entendre cette anxiété me dire que je me sentirais bien mieux si je restais à la maison parce que si j’allais au travail, j’allais me trouver dans une pièce pleine de chirurgiens en colère. Je devrais alors leur expliquer les nouvelles procédures de visite. Ils ne vont pas les apprécier. Ils vont probablement me tailler en pièces. Quelle image intéressante ! Je n’ai jamais été taillé en pièces, mais cette métaphore est incroyable ! Si je suis trop anxieux, je vais dire des absurdités et j’aurai l’air d’un parfait imbécile. Ça aussi, c’est intéressant. Je suis en train de faire des prévisions incroyablement négatives pour l’avenir. C’est bizarre, comme j’ai dit ça, je me sens un tout petit peu moins anxieux. »