Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 164 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

À la recherche de compléments alimentaires

À la recherche de compléments

alimentaires

Les compléments alimentaires comprennent les vitamines, les acides aminés les oligo-éléments, les enzymes, ou certaines plantes réputées améliorer la santé et/ou les fonctions de l’organisme. Ces compléments sont commercialisés sous diverses formes : capsules, poudres, comprimés, tisanes, liquides et granulés. On peut les acheter en pharmacie ou parapharmacie, dans des magasins diététiques, dans les rayons diététiques des grandes surfaces ou sur des sites internet (mais attention à la vente par correspondance de produits dont on ne connaît pas l’origine).

On attribue aux compléments alimentaires des effets bénéfiques sur la santé (tonus, sommeil, système immunitaire, os, peau, cheveux, spasmophilie, anxiété, etc.).

Beaucoup de personnes recherchent des compléments alimentaires parce qu’elles supposent qu’ils comportent moins de dangers que les médicaments vendus sur ordonnance. Ce n’est pas forcément le cas. Les compléments alimentaires ne sont pas considérés comme des médicaments et ne font donc pas l’objet des mêmes examens rigoureux que la plupart des médicaments. Avant d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché, un laboratoire pharmaceutique qui produit un médicament délivré sur ordonnance doit effectuer des essais cliniques pour établir le caractère inoffensif, l’efficacité, le dosage et les possibilités d’interactions nuisibles avec d’autres médicaments.

En France, le complément alimentaire est doté d’un objectif santé et doit s’inscrire dans un cadre défini par la législation. Il doit répondre à l’obligation de se situer au-delà du champ d’action d’une médication tout en apportant au consommateur les informations sur les bénéfices attendus. En outre, la directive européenne de 2002 portant sur l’harmonisation de la réglementation et notamment des règles de composition et de présentation de ces produits, vise à améliorer la libre circulation des compléments alimentaires tout en garantissant une meilleure protection du consommateur. Il n’en reste pas moins que les contrôles effectués par les réseaux de la DGCCRF (Direction générale du commerce de la concurrence et de la répression des fraudes) ont révélé au cours de l’année 2003 des taux de non-conformité élevés (en termes de composition et d’étiquetage).

En ce qui concerne les allégations santé des compléments alimentaires, elles doivent répondre à un niveau de justification scientifique qui doit être proportionnel au niveau de leur revendication. Ce qui nécessite l’obtention d’un visa « publicité produit » délivré par l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

Un autre problème concerne la diffusion des compléments alimentaires par des personnes non formées qui apportent au consommateur des informations qui laissent à désirer. Heureusement, vous pouvez aussi trouver des professionnels de la santé correctement formés qui pourront vous apporter des informations pertinentes. Attention aux conseils des vendeurs qui, selon les cas, peuvent ou non être utiles. L’histoire de Djamila n’est pas inhabituelle.

Un vendeur jeune et qui respire la santé sourit à Djamila lorsque celle-ci entre dans le magasin d’alimentation diététique. Elle lui dit qu’elle cherche un remède naturel pour l’aider à se calmer. Elle évoque ses difficultés de concentration, son mauvais sommeil et son irritabilité. Le jeune homme acquiesce et propose un régime de vitamines et de compléments alimentaires destiné à renforcer la résistance au stress, à améliorer la concentration et à soulager les symptômes d’anxiété de Djamila.

En prenant les flacons dans les rayons, il lui dit : « De la vitamine B pour vous revigorer, de la vitamine C pour combattre les infections. Voici des acides aminés, de la lysine L et de la tyrosine, et un composé, le 5-HTP. Des oligo-éléments : du calcium, du zinc, du potassium et du magnésium. Le varech est nourrissant. De la mélatonine pour le sommeil. Oh, et puis peut-être un peu de SAM-e pour améliorer votre humeur. Maintenant, les plantes médicinales : le houblon, la passiflore, la valériane, la citronnelle, la camomille et le kava. Prenez tout ça au moins une heure avant les repas. Mangez des glucides, c’est-à-dire des sucres rapides et lents avec ces compléments alimentaires, et pas de protéines. Et celui-là, il faut le prendre juste avant le coucher. »

La note est de 214 euros, et Djamila rentre chez elle en se sentant un peu débordée. Un jour, au travail, après l’ingestion d’une douzaine de comprimés, elle se rue aux toilettes pour vomir. Une amie, inquiète, lui demande ce qui l’a rendue malade. Djamila lui parle alors des compléments alimentaires qu’elle prend. L’amie lui suggère de consulter un naturopathe. Ayant suivi une formation sérieuse.

Djamila se rend chez un naturopathe, qui lui conseille de laisser tomber la majorité de ses achats au profit d’un complément multivitamine. Il lui explique en outre plusieurs techniques de relaxation, des séquences d’exercices, et lui conseille des guides pour s’aider soi-même. Au bout de quelques semaines, Djamila se sent renaître.

Les interactions dangereuses

Aujourd’hui, c’est jour de paie, et les collègues de Georges l’invitent à prendre un pot. « Bien sûr, dit-il, je ne peux pas rester trop longtemps, mais je boirais bien une ou deux bières. La semaine a été dure. » En grignotant des amuse-gueule épicés, Georges finit deux bières en une heure et demie. Il titube un peu en quittant le tabouret de bar, et le barman lui demande si ça va. Georges le rassure : après tout, il n’a bu que deux bières.

En conduisant pour rentrer à la maison, Georges dérive sur la voie de gauche pendant un moment, mais donne un coup de volant pour revenir sur la voie de droite. Juste à ce moment, il entend le klaxon de la voiture derrière lui. Quelques instants plus tard, il voit clignoter les feux d’une voiture de police. Perplexe, il se range en bordure du trottoir. Malgré les signes manifestes de son ivresse, un alcootest immédiatement effectué indique que son alcoolémie n’est que de 0,3 g/l, c’est-à-dire nettement inférieur à la limite autorisée. Que s’est-il donc passé ?

Georges s’est récemment plaint auprès de son médecin de se sentir stressé au travail. Son docteur lui a prescrit un médicament anxiolytique à faible dose, en l’avertissant de ne pas en abuser, car il pourrait en devenir dépendant s’il ne faisait pas attention. Georges a trouvé que le médicament était utile, qu’il l’a un peu calmé, mais ne le satisfait pas complètement. Un ami lui a conseillé d’essayer deux plantes. Georges s’est dit que ce serait une bonne manière naturelle d’améliorer l’effet du médicament prescrit, et que les plantes ne pouvaient certainement pas lui faire de mal. Au total, Georges avait combiné deux plantes anxiolytiques, un médicament anxiolytique prescrit sur ordonnance, et de l’alcool. Il a eu de la chance que la police lui demande de se garer, car il aurait pu causer un grave accident.