Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Charles Harold Elliott, Laura L Smith, Martine ANDRE · Chapitre 185 sur 219

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Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd

Les neuroleptiques

Médicaments et vie sexuelle

De nombreux médicaments destinés au traitement de l’anxiété et de la dépression entravent l’excitation sexuelle et la possibilité d’avoir un orgasme. Dans ce groupe de médicaments, les pires malfaiteurs sont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Nombreux sont les patients qui les prennent en étant tellement contents que leur anxiété soit réduite qu’ils hésitent à parler à leur médecin de cet effet secondaire. D’autres se sentent tout simplement trop gênés pour l’évoquer. Sachez que cet effet secondaire est extrêmement courant, et que votre médecin a sans aucun doute déjà entendu de nombreux patients lui en parler. Donc n’hésitez pas, parlez-en à votre médecin, pas besoin d’être embarrassé. Certains médicaments ont moins tendance que d’autres à causer cet effet secondaire, et votre docteur pourrait prescrire un changement de médicament. Ou, en alternative, il existe des médicaments que l’on peut utiliser pour traiter directement les effets secondaires sur le plan sexuel, tels que le Viagra. En consultant votre médecin, vous pourrez explorer avec lui les meilleures options.

 

Les neuroleptiques Au cours des dernières années, une nouvelle catégorie de médicaments antipsychotiques a été mise sur le marché, il s’agit des neuroleptiques. Contrairement aux médicaments plus anciens, ils présentent un risque bien moins important d’entraîner certains effets secondaires graves, et ils peuvent être utilisés pour traiter une gamme bien plus grande de problèmes que seulement la psychose. Ils ont pour cible un neurotransmetteur différent de celui des ISRS, et on les utilise parfois en combinaison avec ces derniers. Lorsqu’on les emploie pour traiter les problèmes liés à l’anxiété, ces médicaments sont habituellement prescrits à des doses bien inférieures aux posologies de traitement des troubles psychotiques.

En voyant cette catégorie de médicaments présentée ici, dans ce livre, vous pourriez vous dire : « Eh oh ! Je suis anxieux, mais je ne suis pas fou ! » Et, c’est un fait, la psychose est un trouble mental grave qui se manifeste souvent par un raisonnement désordonné, des hallucinations, des fantasmes et d’autres distorsions graves de la réalité. Vous vous demandez donc peut-être ce que des médicaments conçus pour traiter la psychose ont à voir avec le traitement de l’anxiété. Ceux qui souffrent simplement d’anxiété ne font que rarement l’expérience, s’ils la font un jour, des raisonnements profondément confus des personnes psychotiques.

À ce jour, ces médicaments sont principalement employés pour traiter certains cas graves de trouble de stress post-traumatique associé à un trouble obsessionnel compulsif (voir le

chapitre 2). À ce jour, il semble prouvé que ces médicaments peuvent améliorer substantiellement les résultats du traitement de patients chez qui d’autres médicaments n’ont pas bien fonctionné. Il n’existe pas d’étude sur l’emploi de ces médicaments pour le traitement d’autres troubles d’anxiété, comme le trouble d’anxiété généralisé, l’agoraphobie et le trouble

panique (voir le chapitre 2). Pourtant, des rapports d’études de certains cas semblent indiquer que ces médicaments pourraient aussi avoir des effets bénéfiques pour traiter ces problèmes. Bientôt, il se peut que des études viennent étayer ces rapports avec des preuves plus tangibles.

Donc avec le potentiel excitant de ces médicaments, vous allez peut-être penser qu’ils deviendront rapidement le traitement de choix pour la plupart des troubles d’anxiété. Pas si vite. Il est peu probable que cela se produise dans un proche avenir, parce qu’ils entraînent parfois des effets secondaires particulièrement pénibles. Ceux qui sont probablement les plus craints sont appelés effets secondaires extra-pyramidaux (EPS).

Les EPS peuvent inclure une gamme importante de problèmes, tels que :

• des mouvements anormaux et incontrôlables

des muscles du visage, de la bouche, et parfois

d’autres parties du corps ;

• une sensation intense d’agitation ;

• une raideur musculaire ;

• des spasmes ou contractions musculaires

prolongées ;

• une démarche traînante.

Bonne nouvelle : ces effets secondaires EPS semblent se produire bien moins souvent avec les nouveaux médicaments antipsychotiques atypiques qu’avec les anciens médicaments antipsychotiques traditionnels. Comme le risque d’EPS est relativement faible, les personnes qui souffrent d’une anxiété grave pour lesquelles les changements de comportement ou d’habitude de