Guérir l'anxiété pour les Nuls, poche, 3e éd
Testez vos convictions et vos idées
• Finalement, si vous avez la conviction d’être
dépendant, vous vous tournez vers les autres
pour obtenir de l’assistance.
Dans tous les cas, il s’agit du même événement, mais des personnes différentes réagissent de façon complètement différente en fonction de leurs convictions personnelles. Imaginez simplement la réaction d’une personne qui a plusieurs de ces convictions. Une simple phrase dans une évaluation de performances pourrait déclencher une tempête émotionnelle d’anxiété et de désespoir.
Vous avez peut-être l’une de ces convictions, voire plusieurs, à un degré ou à un autre. Pour vous aider à vous en rendre compte, nous avons élaboré un ensemble de cinq questionnaires que vous pouvez remplir pour déterminer si vous avez des idées inquiétantes, et si oui, laquelle ou lesquelles.
Testez vos convictions et vos
idées
Dans le tableau 5-1, cochez la case de la colonne « V » (vrai) si l’affirmation est vraie ou vraie pour l’essentiel en tant que description de vous-même. Inversement, cochez la case de la colonne « F » (faux) si elle ne s’applique pas pour vous ou pas pour l’essentiel. Ne répondez pas en fonction de ce que vous pensez devoir être, mais plutôt sur la base de ce que vous pensez vraiment être et de la manière dont vous pensez vraiment agir et réagir aux événements de la vie.
Tableau 5-1 Le test des idées inquiétantes
V F Le perfectionnisme
Si je ne suis pas bon à quelque chose, il vaut mieux que je m’abstienne.
Lorsque je fais une erreur, je me sens extrêmement mal.
Je pense que si quelque chose vaut la peine d’être faite, elle vaut la peine d’être faite de façon parfaite.
Je ne supporte pas d’être critiqué.
Je ne veux pas présenter mon travail à d’autres avant qu’il ne soit parfait.
V F L’approbation
Je me fais souvent du souci à propos de ce que les autres pensent.
Je sacrifie mes besoins pour plaire aux autres.
Je déteste parler devant un groupe de personnes.
Je dois être gentil tout le temps, car sinon les autres ne vont pas m’aimer.
Je peux rarement dire « non » aux autres.
V F La vulnérabilité
J’ai peur que des choses aillent de travers.
Je me fais beaucoup de souci au sujet de ma sécurité, de ma santé et de mes finances.
Je me sens très souvent victime des circonstances.
Je me fais beaucoup de souci au sujet de l’avenir.
Je me sens impuissant la plupart du temps.
V F Le contrôle
Je déteste recevoir des ordres de quelqu’un d’autre.
J’aime être mêlé à tout.
Je déteste abandonner mon sort dans les mains d’autres personnes.
Rien de pire ne pourrait m’arriver que de perdre le contrôle des choses.
Je suis bien mieux comme chef que comme suiveur.
V F La dépendance
Je ne suis rien à moins que quelqu’un ne m’aime.
Je ne pourrais jamais être heureux tout seul.
Je demande conseil sur les choses que je fais.
J’ai besoin que l’on me rassure beaucoup.
Je fais rarement des choses tout seul.
La plupart des gens souscrivent à l’une ou plusieurs de ces affirmations, qu’ils considèrent comme vraie(s). Donc ne vous faites pas trop de souci si vous avez trouvé pas mal d’affirmations qui s’appliquent pour vous. Par exemple, qui ne déteste pas être dans l’embarras ? Et la plupart des gens se font au moins un peu de souci quant à l’avenir.
Comment savoir si vous avez un problème à cause de l’une de ces idées ? Commencez par les considérer l’une après l’autre. Si vous avez coché Vrai pour l’une ou plusieurs de ces affirmations, cela indique la possibilité que cette supposition vous cause des problèmes. Bien entendu, l’importance de ces problèmes dépend de l’importance de l’angoisse que vous ressentez.
Moi-même, Laura Smith, coauteur de Guérir l’anxiété pour les Nuls, je me suis battue contre la conviction de ma propre vulnérabilité. Un soir, j’étais assise au salon de beauté. Soudainement, un voyou a fait irruption en exigeant que tout le monde se mette à plat ventre et lui donne son argent et ses bijoux. Il brandissait un 44 Magnum pour bien nous faire comprendre ce qu’il voulait. Peu de temps après l’incident, je me suis rendu compte que j’avais formé la conviction de ma propre vulnérabilité. Je comprenais que je me faisais bien plus de souci au sujet de ma sécurité que par le passé. Je commençais à scruter nerveusement les parkings pour y déceler la présence d’éventuels voyous, et je sursautais au moindre bruit un peu fort. Lorsque j’ai commencé à me réveiller à cause de cauchemars, je savais que la conviction de ma propre vulnérabilité créait un trouble, et qu’il était nécessaire d’agir. J’ai employé quelques-unes des techniques décrites au
chapitre 8. Ces techniques incluent de revenir progressivement sur le lieu du crime, et elles incluent aussi de la relaxation. Et je constatais bientôt que ma conviction de vulnérabilité se dissipa.
Demandez-vous ce qui vous rend particulièrement anxieux, et si cela concerne aussi l’un ou plusieurs des éléments des questionnaires que vous avez cochés comme vrais. Dans ce cas, vous êtes probablement aux prises avec cette conviction.
Si vous avez plusieurs de ces idées inquiétantes, ne vous réprimandez pas ! Vous avez probablement formé ces convictions anxiogènes pour de bonnes raisons. Et vous devriez vous féliciter du fait que vous commencez à prendre conscience du problème. C’est le premier pas vers une amélioration.