Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 10 sur 287

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Le Personal MBA

Un cours de business intensif en autodidacte

Finalement, j’ai décidé de ne pas m’inscrire dans une école de commerce, sans pour autant renoncer à apprendre. C’est ainsi que je me suis mis à lire tous les livres de business qui me tombaient sous la main et à créer mon MBA « personnel ».

 

Un cours de business intensif en autodidacte

« Bien des autodidactes surpassent largement les diplômés des écoles et des

universités les plus réputées. »

LUDWIG VON MISES, ÉCONOMISTE AUSTRALIEN ET AUTEUR DE L’ACTION HUMAINE

 

J ’ai toujours dévoré les livres, mais avant de faire une orgie de tout ce qui pouvait exister sur le business, je lisais essentiellement de la fiction. J’ai grandi à New London, une petite ville agricole du nord de l’Ohio dominée par l’agriculture et l’industrie légère. Ma mère est responsable d’une bibliothèque jeunesse et mon père directeur d’une école primaire après avoir enseigné les sciences au collège. Les livres faisaient partie de ma vie, mais pas le monde de l’entreprise.

Avant de décrocher mon premier poste, j’ignorais presque tout des entreprises et de leur fonctionnement ; je savais seulement qu’il s’agissait d’endroits où les gens venaient travailler tous les jours pour toucher un salaire. J’ignorais jusqu’à l’existence de groupes tels que Procter & Gamble jusqu’à ce que je sollicite l’emploi qui m’a propulsé dans l’univers de l’entreprise.

Travailler pour P&G a eu valeur d’apprentissage. Rien que la taille, l’envergure et la complexité de l’entreprise m’époustouflaient. Durant mes trois premières années au sein du groupe, j’ai participé à des décisions dans tous les domaines, qu’il s’agisse de créer de nouveaux produits, d’accroître la production, d’allouer des millions d’euros à la publicité ou d’assurer la distribution de nos produits par des géants comme Walmart, Target, Kroger et Costco.

En tant que responsable de marque adjoint, je dirigeais des équipes de trente ou quarante salariés, sous-traitants et intermédiaires – tous avec des priorités et des projets différents et pas toujours compatibles. Les enjeux étaient considérables et la pression énorme. Encore aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de m’émerveiller devant les milliers d’heures de travail, les millions d’euros et les processus incroyablement complexes nécessaires à la présence d’une simple bouteille de produit vaisselle dans les rayons du supermarché local. Tout est optimisé – de la forme de la bouteille au parfum du produit en passant par le texte sur les emballages en carton utilisés pour expédier le stock jusqu’au magasin.

Cependant, j’avais autre chose en tête que mon travail au sein de l’entreprise. Mon idée d’apprendre par moi-même au lieu de m’inscrire dans une école de commerce devenait une obsession. Tous les jours, je passais des heures à lire et à étudier, en quête de la petite parcelle de connaissance supplémentaire qui ferait la différence pour m’aider à mieux comprendre le fonctionnement du monde de l’entreprise.

Au lieu de me reposer et de partir en vacances lorsque j’ai eu mon diplôme universitaire, j’ai passé mes journées estivales à jouer les « rats de librairie », absorbant tout ce que je pouvais absorber. Lorsque j’ai commencé à travailler à plein temps pour P&G en septembre 2005, j’avais lu des centaines de livres dans toutes les disciplines enseignées par les écoles de commerce… et dans les domaines que la plupart d’entre elles n’abordaient pas, notamment la psychologie, la physique et la théorie des systèmes. Le premier jour de mon entrée en fonction chez P&G, je me suis senti prêt à donner le meilleur de moi-même grâce à tout ce que j’avais lu, mémorisé et digéré.

Et, effectivement, tout ce que j’avais appris par moi-même m’a servi – je travaillais efficacement, je faisais avancer les choses et j’étais bien noté par mes supérieurs. Toutefois, à mesure que le temps passait, j’ai réalisé trois choses de première importance :

1. Les grandes entreprises bougent lentement. Les bonnes idées avortent souvent parce qu’elles doivent être approuvées par un trop grand nombre de personnes.

2. Gravir les échelons hiérarchiques est un frein à l’excellence. Je voulais me concentrer sur ce que je pouvais faire et améliorer dans l’entreprise, et non faire valoir mes idées et mon travail dans le but d’obtenir une promotion. Les rapports de pouvoir et les guerres de territoire constituent un aspect incontournable de l’expérience quotidienne dans une grande entreprise.