Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 139 sur 287

Pages du PDF

Le Personal MBA

La dégradation progressive

U n vieux proverbe dit : « Tu dois dépenser de l’argent pour gagner de l’argent. » Certes, il y a du vrai là-dedans, mais toutes les dépenses n’ont pas été créées égales.

Vous devez supporter les Coûts fixes, quelle que soit la valeur que

vous créez. Vos Frais généraux constituent un Coût fixe : quel que soit le chiffre d’affaires que vous dégagez par mois, vous êtes obligé de rémunérer vos salariés et de payer le loyer de vos locaux professionnels.

Les Coûts variables dépendent directement de la valeur que vous créez. Supposons que vous fabriquez des T-shirts en coton. Plus vous fabriquerez de T-shirts, plus vous aurez besoin de coton. Les matières premières, les dépenses d’eau, de gaz et d’électricité, ainsi que les ouvriers payés à l’heure sont des Coûts variables.

Les baisses de Coûts fixes s’Accumulent ; les baisses de Coûts variables sont Amplifiées par le volume. Si vous pouvez économiser 50 € par mois sur votre facture de téléphone mobile, ces économies s’Accumulent pour représenter 600 € par an. Si vous réussissez à économiser 0,50 € sur chaque T-shirt fabriqué, vous économiserez 500 € pour 1 000 T-shirts produits.

Mieux vous comprendrez vos Coûts, plus vous trouverez des moyens de produire un maximum de valeur sans dépenser tout ce que vous gagnez.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE :http://book.personalmba.com/costs-fixed-

variable/

 

La dégradation progressive

« La qualité, encore la qualité, toujours la qualité : ne vous en éloignez jamais,

même si vous ne voyez pas comment vous pouvez vous y tenir. Si vous

transigez, vous devenez un produit de base et vous mourrez. »

GARY HIRSHBERG, FONDATEUR DE STONYFIELD FARM ET LEADER DES YAOURTS BIO AUX

ÉTATS-UNIS

royez-le ou non, la plupart des chocolats que vous trouvez au rayon bonbons

 

C et confiseries des supermarchés américains ne sont plus du « chocolat », mais des « bonbons aromatisés au chocolat ». Alors, que se passe-t-il ?

Pour fabriquer du chocolat de très bonne qualité, vous devez acheter

des fèves de cacao de très bonne qualité, puis les broyer pour en faire du beurre de cacao. Le beurre de cacao est ensuite mélangé à du sucre, de l’eau et des émulsifiants qui aident les graisses présentes dans le beurre de cacao à « adhérer » au sucre saturé d’eau. Le chocolat liquide ainsi obtenu est chauffé, versé dans des moules et refroidi pour se transformer en chocolat solide.

Au fil des années, les grands fabricants de chocolat industriel ont décidé d’utiliser des ingrédients meilleur marché pour réduire leurs coûts et accroître leurs profits. Au lieu d’acheter des fèves de cacao de bonne qualité, ils ont acheté des fèves moins chères provenant de sources médiocres. Après tout, qui le remarquerait ? Puis ils ont remplacé le beurre de cacao par des huiles végétales – à tel point que les autorités alimentaires ne les ont plus autorisés à appeler leur produit « chocolat ». Ils ont ajouté des émulsifiants en plus grande quantité, des conservateurs et d’autres additifs chimiques pour maintenir la cohérence d’un chocolat dénaturé et lui permettre de se conserver indéfiniment.

Appétissant, non ?

Ce phénomène s’appelle la Dégradation progressive. Économiser de l’argent n’est pas un bon calcul si vous dégradez la qualité de votre offre. À l’époque, ces mesures d’économie ne semblaient pas avoir des conséquences importantes sur la qualité du chocolat et les fabricants y voyaient là un Compromis qui valait la peine d’être fait. Malheureusement, avec le temps, les effets Accumulés ont détérioré le goût et la qualité du produit. Les consommateurs l’ont remarqué, et donc les fabricants : vous pouvez désormais acheter des chocolats qui contiennent les ingrédients d’origine.

Les directeurs financiers sont vus avant tout comme des « réducteurs de coûts » impitoyables dont le seul objectif est de réduire les dépenses pour accroître la rentabilité d’une offre ou d’une entreprise. Certes, réduire vos coûts peut vous aider à augmenter votre marge, mais à quel prix.