Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 156 sur 287

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Le Personal MBA

Le contrôle de la perception

pour être utile.4 Mon ami et mentor P. J. Eby, pour lequel le cerveau n’a plus aucun secret, emploie une analogie très pertinente pour expliquer la relation entre les différentes parties du cerveau : votre cerveau est un cheval et « vous » êtes le cavalier. Votre « cheval » est intelligent – il se déplace tout seul, est capable d’identifier les obstacles et recule devant ce qui lui paraît dangereux ou effrayant. « Vous », son cavalier, êtes là pour le diriger et le rassurer en lui disant qu’il peut avancer sans crainte.

La meilleure chose à faire pour commencer est de séparer ce que vous êtes de votre petite voix intérieure. Le commentateur possède la capacité de concentration d’un enfant de 2 ans qui a bu un triple expresso. Son rôle est de vous signaler les éléments de votre environnement auxquels vous devez prêter attention – des éléments susceptibles de satisfaire l’un de vos Besoins humains fondamentaux ou de présenter un danger. Ce n’est pas pour autant que cette voix a toujours raison ou que vous devez prendre tout ce qu’elle vous dit pour parole d’évangile.

La méditation est une pratique simple qui peut vous aider à séparer ce que vous êtes de votre petite voix intérieure. Elle n’a rien de mystique ni de magique ; vous vous contentez de respirer et d’observer ce que fait votre esprit sans vous associer à lui. Au bout d’un moment, la voix se tait, améliorant votre capacité à continuer dans la direction que vous avez choisie.

Quelques moments de méditation silencieuse au quotidien peuvent faire la différence entre vous sentir effrayé et submergé et vous sentir maître de votre destin. Si vous souhaitez apprendre à méditer, je vous recommande deux ouvrages : Méditer au quotidien par Bhante Henepola Gunaratana et Où tu vas, tu es – Apprendre à méditer pour se libérer du stress et des tensions profondes par Jon Kabat-Zinn.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE : http://book.personalmba.com/onion-brain/

 

Le contrôle de la perception

« Le comportement d’un organisme est le résultat des systèmes de contrôle et il

se manifeste dans le but de contrôler les perceptions par rapport à des valeurs de

référence souhaitées. Le comportement est le contrôle de la perception. »

WILLIAM T. POWERS, THÉORICIEN DES SYSTÈMES DE CONTRÔLE ET AUTEUR DE MAKING

SENSE OF BEHAVIOR : THE MEANING OF CONTROL

 

L a présence invisible de B. F. Skinner se fait sentir dans les entreprises (et les écoles de commerce) du monde entier. Skinner, l’un des intellectuels qui a porté le mouvement comportementaliste en psychologie, défendait l’idée que les systèmes biologiques ont un mode de réaction définie à des stimuli donnés. Contrôlez les stimuli et vous contrôlez le comportement. « Conditionnez » l’organisme avec des récompenses et des punitions et il saura exactement comment se comporter.

Au fil des décennies, le comportementalisme est passé de mode en psychologie. De nombreux travaux de recherche ont établi clairement que le comportement n’était pas qu’une simple affaire de bâton et de carotte. Malheureusement, ces études n’ont pas gagné les pratiques commerciales – dans les entreprises et les écoles de commerce du monde entier, la quête de l’incitation magique qui poussera les individus à faire exactement ce que les entreprises veulent leur faire faire est toujours d’actualité.

En réalité, le comportement humain ressemble davantage à un thermostat. Un thermostat d’ambiance est un système très simple constitué d’un capteur de température, d’une consigne et d’une commande. Le capteur mesure la température. Si la température ambiante est au-dessus de la température de la consigne, le thermostat ne fait rien. Si la température est inférieure à la température de la consigne, la commande déclenche la mise en marche du chauffage. Et dès que la température de consigne est dépassée, la commande arrête le chauffage.

Cette relation est appelée Contrôle de la perception – le thermostat contrôle la température de la pièce en comparant la température mesurée et la température de la consigne, puis se déclenche si, et uniquement si cette perception est hors limite. Dès que le déclenchement de l’action met la perception sous contrôle, le système s’arrête – jusqu’à la prochaine fois.

Les organismes vivants, y compris les êtres humains, sont fondamentalement des systèmes de Contrôle de la perception très complexes : nous agissons de manière à garder nos perceptions du monde dans des limites acceptables. Nous n’enfilons pas un manteau parce que le froid nous y oblige, mais parce que nous avons froid et refusons d’avoir froid. Si nous sommes aveuglés par la lumière, nous trouvons de l’ombre, baissons les stores ou mettons des lunettes de soleil – l’action contrôle la perception et dépend de l’Environnement (concept abordé ultérieurement) où nous nous trouvons à ce moment-là.

Dans son livre Making Sense of Behaviour : The Meaning of Control, William T. Powers emploie l’exemple suivant pour expliquer comment les systèmes de contrôle rendent compte du large éventail de comportements que les êtres humains manifestent : imaginez un navire au milieu de l’océan pris dans une violente tempête. Le bateau plonge et remonte dangereusement ballotté dans les vagues. Un caillou sur le pont du navire n’est pas un système de contrôle. Le caillou ne veut rien et n’a donc rien à contrôler ; il roule là où les forces physiques l’entraînent. En revanche, un être humain sur le pont d’un navire veut rester debout et va donc prendre différentes mesures pour tenter de rester debout envers et contre tout : modifier son équilibre, se déplacer, se tenir à la rambarde, etc. S’il trébuche et tombe, il va faire tout son possible pour se relever.

L’environnement nous dicte les actions qu’il est possible d’effectuer pour contrôler la perception. Le contrôle n’est pas de prévoir, mais de s’ajuster aux changements s’opérant dans notre environnement. L’être humain pris dans la tempête n’est pas capable de prédéterminer les mesures qu’il va prendre pour rester debout – ses actions vont suivre les changements de son environnement et dépendre des ressources et des possibilités dont il disposera à ce moment-là.

Le Contrôle de la perception explique pourquoi un même stimulus produit souvent des réponses différentes. L’incitation traditionnellement utilisée par les employeurs pour pousser leurs employés (payés à l’heure) à travailler davantage, à savoir augmenter la rémunération par des heures supplémentaires, est un bon exemple. Vous pensez qu’elle est efficace ? Eh bien pas forcément. Les employés qui souhaitent contrôler au maximum leurs revenus (ils jugent qu’ils ne gagnent pas assez et veulent gagner davantage) vont probablement accepter de faire des heures supplémentaires, mais qu’en est-il de ceux qui jugent leur salaire suffisant et ont d’autres priorités que leur travail ? Certains d’entre eux vont travailler exactement le même nombre d’heures, et quelques-uns vont même travailler moins – ils veulent avoir le contrôle sur un certain niveau de revenus mais, en dehors de cela, consacrer suffisamment de temps à des activités qui leur tiennent à cœur, par exemple passer du temps avec leur famille ou poursuivre un projet personnel. Augmenter la rémunération des heures supplémentaires va leur permettre d’atteindre le niveau de revenu qu’ils souhaitent plus rapidement et donc de passer moins de temps à leur travail.