Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 177 sur 287

Pages du PDF

Le Personal MBA

Le monoïdéisme

« Just do it. (Faites-le.) »

SLOGAN DE NIKE

 

O n a beaucoup écrit ces dernières années sur la productivité, comment en faire davantage dans son travail. De nombreux ouvrages (comme S’organiser pour réussir de David Allen, L’art d’aller à l’essentiel de Leo Babauta ou encore Master Your Workday Now! de Michael Linenberger) proposent différentes méthodes pour atteindre le « nirvana productif ».

Lorsque nous essayons d’être productifs, que cherchons-nous exactement ? Idéalement, vous voudriez concentrer toute votre énergie et toute votre Attention sur une seule tâche à la fois.

Le Monoïdéisme correspond justement à cet état : vous consacrez votre énergie et votre attention à une seule chose, sans conflit intérieur. Le Monoïdéisme est souvent appelé état de « flow » – un terme inventé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi. Il s’agit d’un état de productivité optimale où l’esprit est clair et parfaitement concentré sur la tâche en cours. L’attention et l’effort sont dirigés vers un, et seulement un seul, sujet pendant une période prolongée.

P. J. Eby, un ancien programmeur qui aide aujourd’hui les individus à utiliser leur cerveau de façon plus productive, définit le Monoïdéisme comme suit :

Quand quelqu’un vous dit « Fais-le », il essaie de vous dire que vous ne

devez pas faire autre chose en même temps. En fait, il vous dit : « Fais-le

sans penser à rien, même pas à ce que tu es en train de faire. Tu n’as

même pas à le faire, mais à te regarder faire, sans essayer de faire quoi

que ce soit. »

Le « monoïdéisme » est simplement l’état où vous n’avez qu’une seule

chose en tête, sans conflit intérieur. Il en résulte une action naturelle en

accord avec la pensée. Il ne s’agit pas d’une technique… L’utilité d’une

technique (de productivité) particulière pour un individu particulier va

largement dépendre de sa capacité à résoudre ses pierres d’achoppement

particulières pour lui permettre d’atteindre un état de monoïdéisme.

Lorsque vous vous contentez de « faire » telle ou telle chose, vous êtes dans un état de « flow », un état Monoïdéique. Pas de distractions, pas d’interruptions, pas de jugements sur soi, pas de doutes. Et quand votre cerveau fonctionne à 100 % en mode « faire », vous abattez beaucoup de travail sans vous en rendre compte.

Alors comment entrer dans un état Monoïdéique ?

Premièrement, éliminez les distractions et les interruptions potentielles. Selon le niveau d’activité cognitive nécessaire à l’accomplissement de votre tâche, il faut de dix à trente minutes pour que votre esprit soit totalement absorbé par ce qu’il fait. Les coups de fil, les collègues qui viennent faire appel à vos lumières et d’autres exigences extérieures vont briser votre état Monoïdéique. Par conséquent, commencez par veiller à ne pas être dérangé. J’utilise souvent des boules Quies ou je mets de la musique instrumentale pour supprimer les bruits de fond, et quand je ne veux pas être interrompu dans mon travail, je décroche le téléphone ou éteins mon portable.

Lorsque j’écris, je supprime temporairement ma connexion à Internet (voir l’Épuisement de la volonté), ce qui contribue à me maintenir dans un état Monoïdéique. Sinon, j’ai trop tendance à surfer sur la Toile dès que je suis en panne d’inspiration. Vous pouvez également utiliser des techniques de Structure directrice similaires pour empêcher votre attention de vagabonder ailleurs.

Deuxièmement, éliminez les Conflits intérieurs. Vous pouvez avoir du mal à vous mettre au travail parce que vous êtes en proie à un conflit entre deux systèmes de contrôle dans votre cerveau. Supprimer ces conflits avant de démarrer vous aide à atteindre un état Monoïdéique beaucoup plus rapidement. Si vous sentez une résistance intérieure, prenez le temps d’explorer ce conflit de manière plus approfondie.

Lors de l’écriture de ce livre, j’ai ressenti une résistance frustrante à plusieurs reprises. Au lieu d’essayer d’ignorer cette résistance intérieure ou de tenter de la combattre (le moyen le plus sûr d’aboutir à un Épuisement de la volonté), j’ai décidé de l’explorer en utilisant la Simulation mentale et la Réinterprétation. Et j’ai découvert un Conflit caché. Je n’étais pas satisfait de la tournure que prenait mon travail, alors je me disais : « À quoi bon continuer quelque chose qui ne marche pas ? C’est du temps de perdu. » Pour résoudre mon conflit intérieur, j’ai passé du temps à revoir la structure de mon livre, ce qui m’a permis de l’améliorer et de supprimer la source de résistance qui m’empêchait d’écrire. Troisièmement, défoulez-vous un bon coup ! Puisqu’il faut de dix à trente minutes pour entrer en état de flow, prendre dix à trente minutes pour se livrer à une bonne dépense d’énergie peut permettre d’atteindre l’état Monoïdéique plus rapidement par la suite. Si vous n’êtes toujours pas productif après avoir piqué un cent mètres, vous êtes autorisé à vous arrêter et à faire autre chose. Mais c’est rarement le cas, car une fois que vous vous êtes vraiment mis à travailler, il vous est facile de continuer sur votre lancée.

J’utilise souvent une technique appelée Pomodoro1 du nom de son créateur, Francesco Cirillo, inventeur des minuteurs en forme de tomate (pomodoro en italien). Voici comment fonctionne cette technique : réglez un minuteur sur vingt-cinq minutes et essayez de focaliser votre attention sur une seule tâche pendant ces vingt-cinq minutes. Si vous vous interrompez, ce n’est pas grave, concentrez-vous à nouveau jusqu’à ce que le minuteur sonne. Après avoir travaillé pendant vingt-cinq minutes, vous pouvez faire une pause de cinq minutes – soit un total d’une demi-heure, un modèle que nous pouvons répéter plusieurs fois dans la journée.

Ce qui me plaît dans la technique Pomodoro, c’est qu’elle fait d’une pierre deux coups : elle facilite le démarrage et elle vous autorise à ignorer les distractions. Même si vous n’êtes pas emballé par la tâche à effectuer, vous dire « Ce n’est que l’affaire de vingt-cinq minutes » peut vous aider à surmonter votre résistance initiale. Cette technique est aussi une bonne excuse pour ignorer les distractions : si le téléphone sonne, vous rappeler que ces vingt-cinq minutes forment un bloc indivisible est un moyen efficace de vous autoriser à l’ignorer et de rester dans votre état Monoïdéique.

Si vous supprimez les distractions et les Conflits avant de vous mettre à travailler, vous allez entrer dans un état Monoïdéique en quelques minutes.

La méditation est un bon entraînement au Monoïdéisme. Des méditations simples, par exemple vous concentrer sur votre respiration, puis réorienter consciemment (mais sans jugement) votre attention vers votre souffle dès que vous vous laissez distraire par autre chose est un moyen de pratiquer l’aptitude à rester attentif et concentré face à des distractions. Il suffit de dix minutes de méditation quotidienne pour améliorer considérablement sa capacité de concentration.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE : http://book.personalmba.com/monoidealism/ La sanction du changement cognitif