Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 194 sur 287

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Le Personal MBA

La tendance à la surestimation

En Extériorisant et en donnant un nom à vos plus grandes peurs, vous découvrez ce qu’elles sont vraiment, à savoir des réactions irrationnelles excessives. Et, le plus souvent, vous vous rendez compte que vous aviez peur de quelque chose qui n’a pas vraiment d’importance. Même s’il vous arrive un événement fâcheux, cet événement fâcheux ne sera pas aussi fâcheux que vous le pensiez. Dès que vous réalisez que vous n’allez pas en mourir, vous êtes libre d’aller au-delà de ce que vous osiez faire.

Une fois que vous avez imaginé votre Scénario catastrophe, vous ne pouvez qu’agir pour améliorer la situation. Si vous montez votre affaire, vous pouvez commencer à définir les risques réels et réfléchir à des moyens de les réduire. Au lieu d’être victime de vos peurs, vous les utilisez de façon constructive.

Construisez votre Scénario catastrophe et vous ferez de votre cerveau archaïque porté aux exagérations votre allié et non plus votre ennemi.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE :http://book.personalmba.com/doomsday-

scenario/

 

La tendance à la surestimation

« Je ne me suis pas trompé depuis 1961, date à laquelle j’ai pensé avoir commis une

erreur. »

BOB HUDSON, HOMME POLITIQUE AMÉRICAIN

 

L orsque vous regardez des concours de chant à la télévision, ne vous arrive-t-il pas d’avoir un mouvement de recul en voyant certains candidats montrer au monde entier combien ils chantent mal ? L’aspect le plus fascinant de ce genre de spectacle n’est pas tant que les candidats ne savent pas chanter, mais qu’ils croient être des chanteurs de talent. Comment peuvent-ils autant se leurrer sur quelque chose d’aussi évident que leur manque de talent ?

La Tendance à la surestimation est la tendance naturelle à surestimer vos propres capacités, en particulier si vous n’avez qu’une expérience limitée du domaine en question. Certes, avoir confiance dans nos capacités offre des avantages, notamment d’augmenter nos chances d’essayer quelque chose de nouveau. C’est ce qui explique pourquoi des novices en la matière accomplissent parfois des prouesses – ils agissent sans réaliser à quel point leur Objectif était risqué ou difficile à atteindre.

Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple avec Steve Jobs, a mis au point le premier ordinateur personnel du monde. Et voici ce qu’il disait de son expérience : « Je n’avais jamais rien fait de ce genre auparavant, je n’avais jamais construit d’ordinateur, je n’avais jamais créé d’entreprise, je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire. Mais je savais que je pouvais le faire, et je l’ai fait. »

Malheureusement, la confiance naturelle amène souvent les individus à se faire des illusions qui peuvent leur coûter cher.

La tendance à la surestimation est encore plus prononcée si vous ne savez pas grand-chose du domaine en question. Plus une personne est incompétente, moins elle réalise qu’elle est incompétente. En revanche, plus une personne possède de connaissances, plus elle est capable d’évaluer ses capacités et donc de douter d’elle-même jusqu’à ce qu’elle ait suffisamment d’expérience pour savoir qu’elle maîtrise le sujet.

Selon David Dunning et Justin Kruger de la Cornell University, le célèbre mot d’esprit de Charles Darwin « L’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance » est tout à fait vrai. Ils expliquent l’effet Dunning-Kruger de la façon suivante :

1. Les individus incompétents ont tendance à surestimer leur propre niveau de compétence.

2. Les individus incompétents ne reconnaissent pas les compétences réelles des autres.

3. Les individus incompétents ne reconnaissent pas l’ampleur de leur insuffisance.

4. S’ils sont amenés à améliorer considérablement leur propre niveau de compétence, les individus incompétents peuvent reconnaître qu’ils manquaient de compétence.

Les personnes « inconsciemment incompétentes » ignorent qu’elles sont incompétentes – elles en savent tellement peu dans le domaine en question qu’elles sont incapables de voir à quel point elles en savent peu. C’est la raison pour laquelle tous les coiffeurs ou les chauffeurs de taxi que vous rencontrez sont des experts en économie et en politique internationale.

Une fois que vous développez vos connaissances dans un domaine particulier, vous devenez « consciemment incompétent », c’est-à-dire que vous savez que vous ne savez pas. Par conséquent, la plupart des individus deviennent moins confiants dans leurs capacités dès qu’ils en savent davantage sur un sujet donné. En général, l’amélioration des connaissances permet de mieux apprécier les limites de son savoir et de ses compétences.

Développer une « compétence consciente » – le fait de savoir ce que vous faites – exige de l’expérience, du savoir et de la pratique. Lorsque vous devenez compétent en toute conscience, vous retrouvez votre confiance : vous connaissez désormais les limites de votre savoir et pouvez évaluer précisément vos capacités.

Une certaine dose d’humilité est une qualité précieuse pour se remettre en question. La confiance en soi excessive peut parfois amener l’individu à faire de grandes choses, mais c’est un pari risqué – si vous n’êtes pas encadré ni conseillé, vous risquez fort de vous retrouver dans une situation critique. Cultiver une humilité saine peut vous empêcher de partir du principe que vous savez tout sur tout pour découvrir un jour, douloureusement, que c’est loin d’être le cas.

La Tendance à la surestimation est une tendance universelle (faites très attention si votre première impulsion est de penser que vous n’êtes pas concerné). Il est donc important d’avoir des conseillers de confiance qui n’hésitent pas à vous dire que vous commettez une erreur quand vous vous trompez. La Tendance à la surestimation peut avoir des conséquences fâcheuses lorsqu’il s’agit d’estimer un délai – l’excès de confiance est une cause majeure de l’Illusion du Planning (concept abordé ultérieurement). Lorsque j’ai donné mon accord pour écrire ce livre, je croyais que j’allais en avoir pour six mois environ – mais comme je n’avais jamais écrit de livre auparavant, je n’en avais aucune idée. Des personnes plus expérimentées de mon entourage m’ont dit qu’il faudrait plutôt tabler sur un an d’écriture, et j’ai bien fait de les écouter, car ils avaient raison.

Nous avons tous tendance à surestimer nos capacités. Alors ne vous entourez surtout pas de béni-oui-oui ! Car les gens qui sont toujours d’accord avec vous et soutiennent systématiquement vos décisions ne peuvent pas vous aider à vous corriger et sont bien incapables de vous empêcher de faire des erreurs.

Cultivez des relations avec des personnes qui osent vous dire que vous émettez des hypothèses contestables ou que vous êtes en train de vous fourvoyer – ce sont des amis précieux.