Le Personal MBA
Le compte de résultat
Dans toute entreprise, l’utilisation de la trésorerie fait l’objet de différentes alternatives : créer de nouvelles offres, investir dans le marketing et la vente, embaucher du personnel, acheter des équipements, acquérir une autre entreprise, etc. En règle générale, plus l’entreprise a d’argent en trésorerie, plus elle a de possibilités et plus elle devient Résiliente (concept abordé ultérieurement).
RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE :http://book.personalmba.com/cash-flow-
statement/
Le compte de résultat
« Quand j’étais jeune, je pensais que l’argent était la chose la plus importante
dans la vie. Maintenant que je suis vieux, je sais que c’est vrai. »
OSCAR WILDE, ÉCRIVAIN BRITANNIQUE
L ’argent qui rentre est important, mais ne reflète pas tout. L’argent qui rentre et qui est en trésorerie n’est pas le Profit, et c’est le Profit que l’entreprise recherche. Il est possible d’avoir une trésorerie confortable pendant un moment, mais de perdre de l’argent à chaque vente.
Imaginez un revendeur (voir concept de la Revente) qui achète à crédit des produits à un fabricant : il reçoit des stocks mais paie son fournisseur 90 jours plus tard. Trois mois durant lesquels les ventes marchent bien. Du coup, la situation de la trésorerie du revendeur ne cesse d’augmenter. Pour un œil non averti, les choses semblent fonctionner à merveille.
Les 90 jours écoulés, la facture du fabricant doit être payée. Lorsque vous faites le total du coût des produits et des frais d’exploitation du détaillant, vous découvrez la vérité : l’entreprise a perdu de l’argent, même si le solde de trésorerie a été largement positif pendant trois mois. Si le détaillant ne fait rien, il va finir par être à court d’argent et fermer boutique. Les entreprises ne durent pas longtemps sans Profit.
L’erreur du détaillant a été de se fier aux Flux de trésorerie sans comprendre ses limites. Pour de nombreux types d’entreprises, la comptabilité basée sur la trésorerie est la formule idéale, car simple et facile à comprendre. Tant que vous faites rentrer plus d’argent dans les caisses que vous n’en dépensez et que vous n’êtes pas à sec, la vie est belle. J’ai géré mes entreprises en utilisant la comptabilité basée sur la trésorerie pendant des années. Je suis payé immédiatement quand je fournis des Produits ou des Services et je n’ai pas de stocks à gérer. Mon entreprise n’est pas compliquée, alors pourquoi ma comptabilité et le suivi de mes résultats financiers le seraient-ils ?
Pour d’autres types d’entreprises, se fier aux Flux de trésorerie ne suffit pas. Si l’entreprise doit gérer des stocks ou accorder des crédits aux clients, une simple analyse de la situation de la trésorerie peut être trompeuse. Pour déterminer si vos ventes sont rentables, vous devez pouvoir identifier le lien qui existe entre telle vente et telle dépense. En faisant correspondre chaque vente avec les dépenses engagées dans le processus de vente, vous pouvez voir aussitôt si vous dégagez un Profit et vous évitez les mauvaises surprises.
D’abord, l’entreprise doit changer la façon dont elle rend compte de ses dépenses. Au lieu d’enregistrer une recette quand l’argent entre en caisse et une dépense quand cet argent sort, l’entreprise commence à suivre l’évolution de ses recettes et de ses dépenses sur la base des activités engagées.
Dans ce qu’on appelle la comptabilité d’engagement (la comptabilité la plus largement utilisée dans les entreprises), les revenus sont comptabilisés dès l’instant où une vente est réalisée (c’est-à-dire au moment où un produit est livré, un service rendu, etc.), et les dépenses associées à cette vente sont engagées dans la même période.
Les comptables appellent cela « le principe de rattachement ». L’une des principales missions du comptable est justement de faire concorder les revenus et les dépenses aussi précisément que possible. Ce qui est plus difficile qu’il n’y paraît : il faut beaucoup de discernement et les ambiguïtés sont monnaie courante. (Si vous vous êtes déjà demandé ce que les comptables font toute la journée, sachez que le recoupement des recettes et des charges aux exercices correspondants est un aspect essentiel de leur travail.)
Le résultat final de cet effort est le Compte de résultat, parfois appelé « compte de pertes et profits » (en anglais Profits and Loss statement qui donne le terme P&L souvent utilisé) ou « compte d’exploitation ». Le Compte de résultat fait apparaître le bénéfice dégagé par l’entreprise sur une période donnée une fois que les revenus ont été rattachés aux dépenses (charges) correspondantes.
La formule d’un Compte de résultat est la suivante :
Revenu de la vente – Coût des biens vendus – Frais divers – Impôts = Bénéfice net
Les Comptes de résultat sont très utiles : ce n’est pas pour rien que les entreprises se donnent le mal de les établir. En rattachant les revenus et les dépenses, il est plus facile d’avoir une idée précise de la rentabilité de l’entreprise et de prendre les décisions qui amélioreront son compte bancaire dans les semaines et les mois à venir.
Cela dit, il est important de reconnaître que les Comptes de résultat incluent, par nature, de nombreuses estimations et hypothèses. Ce n’est pas possible autrement : certaines dépenses importantes, par exemple l’achat d’équipement, peuvent représenter une sortie d’argent énorme, mais le Compte de résultat fait apparaître une petite partie de cette somme dans chaque exercice, une pratique appelée Amortissement (concept abordé ultérieurement). L’Amortissement contribue à rattacher la dépense au revenu associé. Observer un Flux de trésorerie largement négatif sur la période en question serait trompeur.
En dépit de tous ses avantages, le principe de rattachement introduit de nombreux biais potentiels dans le Compte de résultat. En modifiant le moment où les revenus sont comptabilisés et la manière dont les dépenses sont rattachées à ces revenus, les comptables et les professionnels de la finance peuvent faire varier le « bénéfice » net dans un sens ou dans l’autre. Il suffit de changer quelques hypothèses et formules.