Le Personal MBA
Séparer le bon grain de l’ivraie
3. La frustration mène au burn out. Je voulais travailler en y prenant un maximum de plaisir, mais j’avais l’impression d’entreprendre chaque jour le parcours du combattant. Cela commençait à affecter ma santé, ma joie de vivre et mes relations humaines. Plus j’étais immergé dans le monde de l’entreprise, plus je me sentais submergé et plus j’avais envie de sortir la tête de l’eau. Je voulais travailler selon mes propres règles et être mon propre chef.
Séparer le bon grain de l’ivraie
« Il est important que les étudiants fassent parfois un pied-de-nez à leurs études ;
ils ne sont pas là pour vénérer les connaissances établies, mais pour les remettre
en question. »
JACOB BRONOWSKI, AUTEUR ET PRÉSENTATEUR DE THE ASCENT OF MAN (« L’ASCENSION DE
L’HOMME »)
S ’il y a bien une chose dans laquelle j’excelle, c’est recueillir une quantité phénoménale d’informations et en tirer la substantifique moelle, la quintessence suprême. J’ai naturellement l’esprit de synthèse et, en explorant l’univers de la littérature des affaires, je me suis vite livré à l’exercice qui consiste à séparer le bon grain de l’ivraie.
La masse de données économiques publiées quotidiennement est stupéfiante. À ce jour, la bibliothèque du Congrès américain, l’une des plus grandes bibliothèques du monde, possède quelque 1 200 000 livres de business dans son catalogue général. En supposant que vous lisez en moyenne 250 mots à la minute et qu’un livre standard contient 60 000 mots, il vous faudrait 528 ans de lecture non-stop pour parcourir l’ensemble du catalogue et 822 ans si vous vous accordiez le luxe de manger et de dormir !
Selon Bowker, l’agence officielle d’attribution des ISBN pour le secteur de l’édition, plus de 11 000 nouveaux livres de business sont publiés chaque année dans le monde et viennent s’ajouter aux millions et aux millions d’ouvrages publiés depuis le début du e XX siècle. Amazon.com possède plus de 630 000 titres dans le domaine qui nous intéresse ici, sans compter les livres audio, les livres électroniques et la littérature publiée sans ISBN.
Bien sûr, les livres ne constituent pas la seule source d’information disponible. Prenez les journaux et les magazines, par exemple : 527 périodiques qui traitent de l’actualité des entreprises sont actuellement recensés par le Wilson Business Periodicals Index (WBPI). Tous les ans, le WBPI ajoute plus de 96 000 titres à sa base de données de 1 600 000 entrées, blogs non compris ; selon Google Blog Search, ce sont actuellement plus de 110 millions de blogs relatifs au business qui circulent sur Internet – un chiffre en constante augmentation. Une pénurie de blogueurs dans ce domaine n’est donc pas à craindre : Technorati, un moteur de recherche spécialisé dans les blogs, en référence plus de 4 millions.
Faire le tri dans cette montagne d’informations disponibles fut une véritable gageure. Au départ, mes recherches étaient mal organisées – je me contentais d’aller dans une librairie et de choisir un livre qui me semblait intéressant. Pour un ouvrage de qualité déniché, j’en avais dix qui ressemblaient à des textes assemblés à la hâte par des consultants plus soucieux de se créer une carte de visite professionnelle de trois cents pages que de fournir des informations utiles aux lecteurs.
J’ai commencé à me poser des questions : parmi toutes ces données pléthoriques, quelle proportion valait la peine d’être considérée ? Comment séparer les informations précieuses des informations inutiles ? Mon temps et mon énergie étant forcément limités, je me suis mis à chercher un outil de sélection qui me permettrait de cibler les ressources utiles et de laisser de côté celles sans intérêt. Mais plus je cherchais, plus je me rendais compte qu’un tel outil n’existait pas. J’ai donc décidé de le créer moi-même.
C’est ainsi que j’ai entrepris un vaste travail de tri qui m’a conduit à publier les résultats de mes recherches sur mon site Web, à la fois pour les archiver et les diffuser à toute personne intéressée. C’était un projet personnel, rien de plus ; je n’étais qu’un jeune diplômé qui faisait de son mieux pour apprendre quelque chose d’utile et qui, en faisant partager ses travaux, avait le sentiment d’utiliser efficacement son temps et son énergie.