Le Personal MBA
L’apathie du spectateur
« La responsabilité n’engage qu’une seule personne. Si deux personnes sont
responsables de la même décision, aucune n’est vraiment responsable. »
GLYN HOLTON, CONSEIL EN GESTION DES RISQUES LIÉS AUX INVESTISSEMENTS
E nfant et adolescent, j’ai toujours joué un rôle très actif au sein des scouts. Le programme standard couvre le secourisme, la réanimation cardio-respiratoire et la gestion des urgences – une formation de base qui vous apprend à gérer les cas d’urgence les plus fréquents.
Outre des techniques spécifiques, deux principes utiles me sont restés en tête : 1) toujours s’impliquer et prendre ses responsabilités, à moins d’être relayé par un professionnel plus expérimenté et 2) toujours formuler des ordres ou des demandes le plus clairement possible à un seul individu à la fois.
Si vous voyez quelqu’un qui semble faire un infarctus dans un magasin bondé et que vous criez « Qu’on appelle le Samu ! », il y a de fortes chances pour que personne n’appelle le Samu – car plus il y a de monde, plus les gens se disent que c’est quelqu’un d’autre qui va agir. Il est beaucoup plus efficace de désigner quelqu’un du doigt, d’établir un contact visuel avec lui et de lui dire très clairement : « Vous, appelez le Samu ! » Il va le faire.
L’Apathie du spectateur est une relation inverse entre le nombre de personnes qui pourraient agir et le nombre de personnes qui agissent réellement. Plus il y a de personnes présentes, moins chacune se sent responsable et décide de faire quelque chose.
L’assassinat de Kitty Genovese en 1964 et le meurtre de Petru Barladeanu en 2009 sont de bons exemples de l’Apathie du spectateur. Dans les deux cas, les victimes ont été attaquées en présence de nombreux spectateurs dont pas un seul n’a tenté de faire quelque chose. Le nombre exact de personnes qui ont été témoins de l’assassinat de Kitty Genovese demeure controversé, mais le doute n’est pas permis sur celui de Petru Barladeanu puisqu’il a été filmé. Ce Roumain, qui jouait de l’orgue dans une station de métro de Naples, a été victime d’une balle perdue et se vidait de tout son sang… Pourtant, pas une seule personne, et elles étaient nombreuses ce jour-là, ne s’est arrêtée pour lui porter secours.