Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 24 sur 287

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Le Personal MBA

L’immobilisme des écoles de commerce

En même temps, la pratique très répandue qui consiste à recourir à

l’endettement pour son effet de levier14 a créé des entreprises endettées jusqu’au cou qui voyaient leurs bénéfices amplifiés les années fastes, mais se révélaient terriblement vulnérables au moindre repli de l’activité économique. La stratégie du LBO ou leveraged buy-out enseignée dans de nombreuses écoles de commerce – acheter une entreprise, financer son développement

massif par l’endettement, puis la revendre à bénéfice15 – a transformé des entreprises saines et autonomes financièrement en monstres criblés de dettes. Sans compter qu’avec ce mouvement incessant de rachats et de reventes, les marchés financiers sont devenus un jeu de chaises musicales.

Lorsque les montages financiers et les bénéfices à court terme l’emportent sur la prudence et la création de valeur à long terme, ce sont les clients et les employés qui souffrent. Les seuls bénéficiaires sont les cadres financiers formés aux MBA et les gestionnaires de fonds qui soutirent des centaines de millions d’euros en frais de transaction et en salaires tout en détruisant des entreprises viables, des centaines de milliers d’emplois et des milliards d’euros de valeur.

Faire fonctionner une entreprise, c’est créer et distribuer de la valeur à des clients qui achètent ; ce n’est pas orchestrer de la fraude légale. Malheureusement, les écoles de commerce n’enseignent plus la première partie de la phrase, mais la seconde.

 

L’immobilisme des écoles de commerce

« Les écoles enseignent le besoin d’avoir un enseignement donné par un

professeur. »

IVAN ILLICH, PRÊTRE, THÉOLOGIEN, CRITIQUE DE L’ÉDUCATION ET DÉFENSEUR DE LA SOCIÉTÉ

SANS ÉCOLE

e monde est en mutation permanente, mais les écoles de commerce n’évoluent pas. Avec l’avènement de l’Internet et la diffusion massive des nouvelles L technologies, les entreprises modernes qui réussissent sont généralement plus petites, réclament moins de capitaux pour voir le jour, ont moins de frais généraux et nécessitent moins de personnel. Selon la U.S. Small Business Administration, les petites entreprises représentent 99,7 % de l’ensemble des employeurs aux États-Unis, emploient la moitié des salariés du secteur privé, ont généré 64 % de nouveaux emplois nets au cours des quinze dernières années et créent plus de 50 % du PIB non agricole américain. Vous ne le sauriez pas si vous examiniez le programme des écoles de commerce : en effet, il semblerait que la plupart des MBA enseignent que seules les très grandes entreprises méritent d’être dirigées.