Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 226 sur 287

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Le Personal MBA

Le biais de la confiance en soi

Les récompenses créent parfois des Effets secondaires (concept abordé ultérieurement) inattendus. Les stock-options ont été créées dans l’idée que les cadres directement intéressés par le cours de l’action de leur entreprise agiraient dans le but de le faire monter avec le temps, ce qui ne pouvait que réjouir les actionnaires. C’est vrai, mais jusqu’à un certain point seulement : car le véritable intérêt de ces cadres, c’est de faire augmenter le cours de l’action juste avant d’envisager de les vendre. Une fois leurs actions vendues, ils se désintéressent de la question, ce qui encourage des pratiques prêtes à sacrifier la stabilité à long terme pour des gains à court terme.

Les effets des récompenses sont complexes à envisager car elles interagissent inévitablement avec notre perception. Par exemple, accorder une prime ou une augmentation à un salarié parce qu’il a fait du bon travail peut produire un curieux résultat : il peut cesser de faire ce qui lui a valu cette récompense.

Cela vous paraît absurde jusqu’à ce que vous compreniez que la récompense a toujours été là, finalement – le salarié a fait du bon travail parce qu’il voulait faire du bon travail, et sa récompense était donc interne. Le rémunérer pour faire du bon travail l’incite à considérer « faire du bon travail » comme faisant partie intégrante de son travail, ce qui le rend moins motivé pour travailler pour sa propre satisfaction personnelle. En cas de Conflit, le Contrôle de la perception est toujours plus fort que les récompenses.

Les récompenses peuvent être utiles si elles sont utilisées à bon escient, mais allez-y avec précaution. Si les récompenses des personnes avec lesquelles vous travaillez ne vont pas dans le sens de votre intérêt à vous, vous risquez de rencontrer des problèmes.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE :http://book.personalmba.com/incentive-

caused-biais/

 

Le biais de la confiance en soi

« Nous trouvons du réconfort auprès de ceux qui sont d’accord avec nous, mais

évoluons auprès de ceux qui ne le sont pas. »

FRANK A. CLARK, MINISTRE ET CHRONIQUEUR AMÉRICAIN

 

I l y a quelques années, je voyageais pour mon travail avec un collègue étonné de voir que je portais un sac à bandoulière au lieu de traîner une valise à roulettes. C’était l’affaire d’une nuit et je n’avais pas besoin de grand-chose – quelques vêtements, mon ordinateur et un livre. J’avais tout ce qu’il me fallait et le sac n’était pas lourd. Bref, la solution idéale.

Mon collègue jugeait mon choix absurde et, pendant dix minutes, n’a cessé de me dire : « C’est beaucoup mieux d’avoir une valise à roulettes ! Ce serait plus confortable et tu porterais moins lourd. Tu devrais toujours emporter une valise à roulettes… »

Le Biais de la confiance en soi est la supposition automatique que notre approche est la meilleure. La plupart des gens se plaisent à penser qu’ils savent de quoi ils parlent, qu’ils savent ce qu’ils font et que leur façon de faire les choses est la meilleure. Or, ils ont très souvent tort. Il existe toujours plusieurs manières de faire les choses et les bonnes idées peuvent venir de partout.

En l’absence de preuves du contraire, c’est la règle de l’HiPPO (the Highest Paid Person’s Opinion) qui fait loi – les décisions sont prises selon l’opinion de la personne la mieux payée. Il s’agit d’un terme inventé par Avinash Kaushik dans son livre Web Analytics 2.0 pour expliquer pourquoi il est aussi important d’étayer les propositions et les décisions par des données. En l’absence de données, vous allez être obligé de faire les choses à la manière de votre patron : le Biais de la confiance en soi incite les patrons à penser que leur manière de faire est la meilleure à moins que vous n’apportiez la preuve du contraire. Dans le cadre d’une divergence d’opinions, la règle de l’HiPPO a toujours le dernier mot.

Le meilleur moyen d’éviter le Biais de la confiance en soi est d’utiliser l’Inhibition pour suspendre temporairement son jugement. Le principal avantage de comprendre les biais cognitifs est de savoir que vous n’en êtes pas protégé et ce n’est pas parce que vous connaissez leur existence qu’ils n’ont pas moins d’influence sur vous. La tendance au Biais de la confiance en soi est automatique et nous devons utiliser la force de notre Volonté pour le surmonter. Si vous êtes cadre ou dirigeant, temporisez votre jugement suffisamment longtemps pour considérer avec soin les points de vue et les suggestions des personnes avec lesquelles vous travaillez. Sinon, vous risquez de passer à côté d’informations importantes. N’oubliez pas de garder un esprit ouvert et vous prendrez des décisions plus sages.