Le Personal MBA

KAUFMAN Josh · Chapitre 158 sur 287

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Le Personal MBA

La conservation de l’énergie

« Le principe fondamental de l’action humaine est que les hommes cherchent à

satisfaire leurs désirs en appliquant la loi du moindre effort. »

HENRY GEORGE, AUTEUR DE THE SCIENCE OF POLITICAL ECONOMY, 1898

 

V oici une vérité universelle sur la nature humaine : les individus sont généralement paresseux. Et leur paresse est un fonctionnement normal et non pas un défaut. Imaginez ce qui se passerait si vos ancêtres préhistoriques couraient toute la journée sans raison valable pour finir par s’écrouler, épuisés ? S’ils étaient soudainement attaqués par un prédateur ou un ennemi, il ne leur resterait plus de force pour répondre à cette menace et ils se retrouveraient dans une situation particulièrement critique. C’est pourquoi l’être humain a appris, au fil de l’évolution, à éviter de dépenser son énergie inutilement, autrement dit à la dépenser uniquement en cas d’absolue nécessité – c’est ce que j’appelle la Conservation de l’énergie.

Au cours des dernières décennies, des chercheurs ont étudié des marathoniens et des « ultra-marathoniens » (des individus qui courent entre 80 et 160 kilomètres d’affilée) pour mieux comprendre comment leur corps réagissait à la douleur. Et voici les résultats de leurs recherches : lorsque vous êtes épuisé au point d’avoir l’impression que vous allez y rester à chaque seconde qui passe, vous n’êtes pas du tout sur le point de mourir sur le plan physiologique, mais alors pas du tout ! Les signaux que votre cerveau envoie à votre corps ne sont qu’un stratagème de mise en garde destiné à vous inciter à garder un peu d’énergie en réserve au cas où vous en auriez besoin ultérieurement.

Sauf en cas de non-respect d’un Niveau de référence, les individus ont tendance à Conserver leur énergie en ne faisant rien. Imaginez deux colocataires qui ne partagent pas les mêmes critères de propreté. L’un ne supporte pas de voir de la vaisselle sale dans l’évier (la situation n’est pas sous contrôle), ce qui le pousse à agir pour remédier à la situation. L’autre juge que la situation est sous contrôle tant que l’évier ne déborde pas – mais dès qu’il déborde, il entreprend de dépenser un peu d’énergie à faire la vaisselle. Différents Niveaux de référence, différentes actions.

Si vous jugez que votre poids, votre état de santé et votre physique sont tout à fait acceptables, vous n’allez probablement pas modifier votre alimentation ni vous mettre à l’exercice. Si vous pensez que vous avez suffisamment confiance en vous et que votre vie sociale est satisfaisante, vous n’allez certainement pas chercher à améliorer vos compétences sociales ni à étendre votre cercle relationnel. Si vous trouvez que vous gagnez assez d’argent, vous n’allez pas faire d’efforts supplémentaires pour en gagner davantage.

La Conservation de l’énergie explique pourquoi certaines personnes restent pendant des dizaines d’années dans un travail sans perspectives d’avenir, même si elles savent qu’elles pourraient trouver mieux ailleurs. Si leur travail leur convient, leur permet de régler leurs factures et ne devient jamais stressant ou frustrant au point de les pousser à se remettre en question, ces personnes ne vont pas dépenser leur énergie à obtenir une promotion, à changer d’emploi ou à lancer leur propre affaire. Les êtres humains ne font des efforts que si leur Niveau de référence n’est plus respecté. Par conséquent, si ce qu’ils font correspond à leurs attentes, ils s’abstiennent d’agir, tout simplement.

Les sources d’information qui changent votre Niveau de référence sont utiles pour vous pousser à l’action. Ce qui m’a encouragé à donner des cours et à offrir du conseil, c’est que j’ai découvert que des auteurs de livres d’économie et des consultants étaient capables de passer leurs journées à apprendre aux autres et à les aider, et que leurs compétences étaient très bien rémunérées. Il n’en fallait pas plus pour remettre en question mon Niveau de référence sur le travail à l’époque – si je pouvais bien gagner ma vie en faisant ce que j’adorais faire, pourquoi devrais-je me contenter d’un travail satisfaisant, mais sans plus ? Plus je me documentais sur ce qu’il fallait faire pour y parvenir, plus j’étais prêt à consacrer toute mon énergie à la concrétisation de ce projet.

Avant le record battu par Roger Bannister en 1954, courir le mile en moins de quatre minutes était considéré comme impossible au vu des limites physiologiques du corps humain. Mais l’exploit de Bannister a fait tomber une barrière psychologique : fin 1957, seize coureurs avaient accompli cette prouesse. Rien n’avait changé, si ce n’est le Niveau de référence : ces athlètes savaient que c’était désormais possible, ont voulu le faire et l’ont fait.