Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Section 1
PRINCIPALES ABRÉVIATIONS
a. : actif.
absol. : absolument.
adj. : adjectif.
adjectiv. : adjectivement.
Administr. : Administration.
adv. : adverbe ou adverbial.
adv. ou adverbial. : adverbialement.
Agricult. : Agriculture.
Anat. : Anatomie.
anc. : ancien.
Antiq. : Antiquité ou Antiquités.
Antiq. rom. : Antiquité romaine.
Archit. : Architecture.
Arithm. : Arithmétique.
Astron. : Astronomie.
bass. : bassement.
Bot. ou Botan. : Botanique.
can. : canon ou canonique.
cathol. : catholique.
Charpent. : Charpenterie.
Chim. : Chimie.
Chir. ou Chirur. : Chirurgie.
Chronol. : Chronologie.
coll. ou collect. : collectif.
conjonct. : conjonction.
crim. : criminel.
didact. : didactique.
ecclés. ou ecclésiast. : ecclésiastique.
elliptiq. : elliptiquement.
exagér. : exagération.
extens. : extension.
fam. : familier ou familièrement.
Faucon. : Fauconnerie.
f. ou fém. : féminin.
féod. : féodal.
fig. : figurément.
Fortific. : Fortification.
Géogr. : Géographie.
Géom. : Géométrie.
Gram. : Grammaire.
Hist. : Histoire.
Hist. nat. : Histoire naturelle.
hyperboliq. : hyperboliquement.
Impr. ou Imprim. : Imprimerie.
invar. : invariable.
ironiq. : ironiquement.
Jurispr. : Jurisprudence.
Lit. : Liturgie.
loc. : locution. m. ou masc. : masculin.
Mar. : Marine.
Manufact. : Manufacture.
Mathém. : Mathématique.
Mécan. : Mécanique.
Méd. ou Médec. : Médecine.
milit. : militaire.
Musiq. : Musique.
n. ou neut. : neutre.
part. : participe.
Peint. : Peinture.
pers. ou person. : personnel.
Pharm. : Pharmacie.
Phys. : Physique.
pl. ou plur. : pluriel.
pop. : populairement.
poét. ou poétiq. : poétiquement.
prép. : préposition.
Pratiq. : Pratique.
Procéd. : Procédure.
pron. : pronom ou pronominal.
prov. : proverbialement.
Sculpt. : Sculpture.
s. ou subst. : substantif.
substantiv. : substantivement.
T. : terme.
Théol. : Théologie.
v. : verbe.
V. ou voy. : voyez.
vétérin. : vétérinaire.
vulg. ou vulgair. : vulgairement.
CORPUS
À COMPTE
Loc. adv.
À valoir sur la totalité du compte. Il a donné mille francs à compte. Il a reçu cinq cents francs à compte sur les mille francs qui lui sont dus.
Il s'emploie aussi comme nom masculin et s'écrit alors en un seul mot avec le sens de Paiement à valoir sur une somme due. Un léger acompte. Il a payé deux acomptes.
À FORTIORI
Locution adverbiale
tirée du latin. En concluant du plus au moins. Raisonnement à fortiori.
À POSTERIORI
Locution adverbiale
empruntée du latin. En partant des données de l'expérience, en remontant des effets aux causes et des faits aux lois. Raisonner à posteriori.
Il s'emploie souvent adjectivement. Méthode à posteriori. Les lois de la physique sont des vérités à posteriori.
À PRIORI
Locution
empruntée du latin. D'après des données antérieures à l'expérience, en s'appuyant sur les principes de la raison. Les axiomes sont des vérités à priori.
À QUIA
(l'U se prononce.)Locution familière
, empruntée du latin. Dans l'impossibilité de répondre. Il est resté à quia.
Fig., Être à quia, Être à bout de ressources.
À VAU-L'EAU
loc. adv.
Voyez AVAL.
À-COUP
n. m.
Mouvement saccadé, temps d'arrêt brusque. Il se dit surtout en parlant des Mouvements de ce genre et des temps d'arrêt qui nuisent à la précision, à la régularité dans les exercices d'équitation et dans les manoeuvres d'une troupe. Agir, marcher, trotter par à-coups. Si le guide d'un peloton ne marche pas également, il occasionne des à-coups.
Fig., Cet enfant travaille par à-coups, D'une façon intermittente.
À-PROPOS
n. m.
Voyez PROPOS.
À-VENIR
n. m.
T. de Procédure
. Sommation de l'avoué d'une partie à l'avoué de l'autre partie de comparaître à l'audience au jour déterminé par l'acte. Donner un à- venir. Faire signifier un à-venir.
A
n. m.
La première lettre de notre alphabet. Elle représente une des voyelles. La lettre A. Un grand A. Un petit a. Un A majuscule. Un a romain. Un a italique. Des a mal formés. La voyelle A. A est fermé dans Blâme. A est ouvert dans Glace. A, dans les mots Casuel, larron, etc., a un son intermédiaire. A ne se prononce pas ordinairement dans Août et ne se prononce jamais dans Saône.
Une panse d'a, La première partie d'un petit a, dans l'écriture ordinaire, la partie arrondie de l'a qui a la forme d'une panse.
Prov., N'avoir pas fait une panse d'a, N'avoir rien écrit, rien copié de ce qu'on devait écrire, copier; et figurément N'avoir rien composé, n'être point auteur. Depuis deux jours, mon copiste n'a pas fait une panse d'a. Il laisse croire que cet ouvrage est de lui; mais il n'en a pas fait une panse d'a, il n'y a pas fait une panse d'a.
Fam., Ne savoir ni A ni B, Ne savoir pas lire; et figurément Être fort ignorant.
A
3e pers. du sing. de l'ind. prés. du verbe AVOIR.
À
préposition
. Lorsque À précède l'article masculin suivi d'une consonne ou d'un h aspiré, il se contracte en au. Il fait au pluriel aux. Il exprime cinq rapports différents :
1° Possession;
2° Tendance, direction vers un lieu, vers un objet;
3° Situation, manière d'être;
4° Provenance;
5° Espèce, qualité.
Il a en outre un grand nombre de significations diverses.
I° - À sert à marquer Possession, appartenance. Ce livre est à ma soeur. Cette ferme appartient à mon père. Avoir une maison à soi. Rendez à César ce qui est à César. Il a un style, une manière à lui. C'est un homme de mérite, un ami à moi, que je vous recommande vivement.
Quelquefois il forme avec son complément une sorte de pléonasme qui donne plus de force à l'idée de possession. C'est mon opinion, à moi. Sa manie, à lui, c'est de croire que... Votre devoir, à tous, est de lui obéir.
C'est à vous à parler, Votre tour de parler est venu. On dit aussi C'est à vous de parler, C'est à vous qu'il convient de parler.
II° - À sert à marquer Tendance ou Direction. Aller à Rome, à l'église, à l'armée. Marcher à l'autel. Arriver à bord. Il vient à nous. Envoyer à l'école. Tourner à droite, à gauche. Retourner à la ville. Rentrer au logis. Un voyage à Naples, à la campagne. La route de Paris à Versailles. Mettre pied à terre. S'élancer au plus fort de la mêlée. Revenir à la charge. Se mêler à la foule. Conduire un homme au supplice, à la mort. Atteler à la charrue. Tendre les mains au ciel. Se prosterner aux genoux de quelqu'un. Ils se prirent aux cheveux. Jeter au feu. Atteindre au but. Quelquefois on l'unit à la préposition jusque, qui marque plus précisément le Terme ou le but. J'irai jusqu'à tel endroit.
En ce sens, il s'emploie Devant les noms. Écrire à son ami. Obéir aux lois. L'obéissance, la soumission aux lois. Renvoyer une affaire au lendemain. Atteindre à la perfection. En venir à des injures. Pousser à bout. Réduire au tiers. Servir à tel usage. Tirer à sa fin. Tourner à la louange de quelqu'un. Toutes nos actions doivent tendre à la gloire de Dieu. Boire à la santé de quelqu'un. - Devant les infinitifs. Il demande à sortir. Il aime à lire et à écrire. Il vise, il tend à vous supplanter. Il aspire à vous plaire. Je parvins à le persuader. Quel empressement à le servir! Il s'est abaissé à le prier, jusqu'à le prier. Elle s'est emportée à lui dire, jusqu'à lui dire que... Tous s'accordent à le louer. Je me décidai à partir. J'aviserai à le faire. Inviter à dîner. Obliger à fuir.
Il désigne la Destination, l'usage. Avec un nom. Terre à blé. Marché à la volaille. Moulin à farine, à poudre, à papier. Cuiller à pot, à soupe, à café. Pot à l'eau. Bouteille à l'encre. Boîte à thé. Sac à ouvrage. Plat à barbe. Pierre à fusil. - Avec un infinitif. Fille à marier. Maître à danser, à chanter. Bois à brûler. Tabac à fumer. Maison à vendre, à louer. Verre à boire. Table à jouer. Chambre à coucher. Fer à repasser. Pierre à aiguiser. On peut rapporter à cette acception les phrases telles que : Prendre quelqu'un à témoin, Invoquer son témoignage; Prendre à tâche, S'attacher à faire une chose, ne perdre aucune occasion de la faire; Tenir à honneur, à injure, Regarder comme un honneur, comme une injure.
Il sert particulièrement à former le complément d'attribution de certains verbes transitifs. Donner une bague à quelqu'un. J'ai prêté ce livre à mon frère. Enseigner la géographie à un enfant. Dire un mot, faire un salut à quelqu'un. Par extension, À forme le complément d'objet indirect de quelques verbes transitifs comme Nuire à autrui. Obéir à quelqu'un. Il aime à écrire. Il demande à sortir.
Dans certaines phrases elliptiques, À marque Consécration, dédicace, envoi à une personne. À Dieu très bon et très grand. Au Dieu inconnu. Aux dieux lares. Aux grands hommes la patrie reconnaissante. Un tel à un tel, salut. Hymne à Vénus. Épître de Boileau à Racine. C'est dans ce sens qu'on l'emploie encore aujourd'hui pour la suscription ou l'adresse de certaines lettres, À Monsieur le Ministre des Finances... À Monsieur le Directeur de l'Assistance publique...
Quelques autres phrases elliptiques offrent un emploi analogue de la même préposition. Honneur aux braves! Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! Malheur aux vaincus! Haine à la tyrannie! Honte à la bassesse, à la lâcheté!
On doit rapporter encore à cet emploi de À certaines phrases elliptiques exprimant un Appel, un avertissement bref, une imprécation, un souhait, etc. À moi! À nous! Au feu! Au voleur! À l'assassin! Au secours! À la garde! Aux armes! À bas! À l'eau! Au diable! À d'autres! À votre santé! À votre aise! À revoir! Au revoir!
III° - À sert à marquer la Situation, la manière d'être, pour le lieu ou pour le temps. Nous habitons à l'entrée du bois, au bord de la rivière. Sa maison est au faubourg Saint- Germain. À portée de fusil. Être à sa place. Demeurer à Paris. Vivre au fond des forêts. Mourir à l'étranger. À l'intérieur des villes. Manger à l'auberge. Il y avait beaucoup de monde à ce bal. Elle a passé la matinée à l'église. Passer l'été à la campagne. Être au jeu, à la parade, etc. Au couchant, au levant, etc. Être au-dessus, au-dessous, au bas, au haut, etc. Restez à ses côtés, à côté d'elle. Il est à nos trousses. L'argent à la main. L'épée au côté. Les larmes aux yeux. Le diadème au front. Sentir une douleur au côté. Avoir une blessure à l'épaule, à la cuisse. Marquer au front. Ils se parlaient à l'oreille. S'arrêter à chaque pas. Se prendre au piège. Être consigné à la porte. Notaire à Paris, fabricant à Lyon.
À la face, à la vue de l'ennemi, En présence même de l'ennemi. On dit en des sens analogues Il fut battu aux yeux de la foule. La chose s'est faite au vu et au su de tout le monde. À son nez et à sa barbe. Au grand jour. À la face du soleil. Coucher à la belle étoile. À genoux. À pieds joints. À tâtons. À reculons. Attacher, fixer à la muraille, atteler à la charrue. Saisir quelqu'un aux cheveux, aux oreilles, à l'épaule. À regret. À dessein. À toute force. À tort ou à raison. Il pleut à verse. À feu et à sang. À l'abri. À la française.
Il sert à désigner l'Institution, l'établissement auquel une personne est attachée. Conseiller à la Cour de cassation. Avocat à la Cour d'appel de Paris. Professeur au Collège de France.
À s'emploie dans quelques locutions elliptiques servant à désigner par son enseigne un Hôtel, un magasin. Au Cheval blanc. À la Boule d'or. Au Gagne-petit.
À s'emploie lorsqu'on veut indiquer le Temps, l'époque, la circonstance. Au commencement de l'été. À la fin du mois. Au jour indiqué. À l'aube du jour. Au matin. Au soir. Se lever à six heures. Rentrer à une heure indue. Nous arrivâmes à la même heure. Je l'attends à tout moment, à toute heure. À l'heure qu'il est. Tout à l'heure. À présent. Au temps où nous sommes. Il mourut à l'âge de quatorze ans, à quatorze ans. Il fut tué au siège de telle place. Je le ferai à mon premier loisir. On l'accueillit fort bien à son arrivée. À l'instant où j'allais sortir, il vint chez moi. On dit elliptiquement, dans un sens analogue, à une personne que l'on quitte, À demain, à ce soir, à dimanche, etc.
Il sert encore, dans quelques locutions, déterminer un Espace de temps, une durée. Payer au mois. Louer à l'année. Travailler à la journée. Pension à vie. Rente à perpétuité. À jamais. À la vie et à la mort. À la longue, tout s'use.
Il s'emploie pour désigner le Rapport de deux faits entre eux. À ma mort, il héritera de cette maison. Au premier coup de canon, la ville capitula. À la troisième sommation, ils se retirèrent. Partir au premier signal. On accourut à ses cris.
IV° - À marque la Provenance. Puiser de l'eau à une fontaine. Prendre à un tas. La poésie grecque commence à Homère. Les Latins ont beaucoup emprunté aux Grecs.
Il peut désigner par suite Ce qu'on détache de quelqu'un ou de quelque chose. Ôter ses vêtements à quelqu'un. Enlever la ville aux ennemis.
V° - À marque encore l'espèce, la qualité caractéristique. Vache à lait. Canne à sucre. Instrument à cordes. Machine à vapeur.
Indépendamment de ces significations générales, À en a beaucoup d'autres, qui forment des idiotismes, et dont on ne peut énumérer que les plus importantes.
À, suivi d'un infinitif, prend des sens très différents. À le voir, on juge de son état. En le voyant, etc. À ne considérer que telle chose, En ne considérant que telle chose ou Si on ne considère que. À le bien prendre. À tout prendre. À voir les choses de sang-froid. À compter de ce jour. À partir de telle époque. Facile à dire. Bon à manger.
À l'en croire, à l'entendre, etc., S'il faut l'en croire, etc.
À dire la vérité, à vrai dire, à parler franc, à ne rien dissimuler, etc., Pour dire la vérité, etc. à la paume.
Vin à boire, Vin bon à boire. C'est un ouvrage à recommencer, Qu'il faut recommencer. C'est un avis à suivre, Qu'il faut suivre. C'est un homme à récompenser. Il en est plus à craindre. Il n'en est que plus à estimer. C'est un homme à pendre. C'est un livre non seulement à lire, mais à relire souvent. On dit dans un sens analogue Vous n'avez qu'à parler, qu'à vouloir, etc. C'est une affaire à vous perdre, Qui pourra vous perdre. C'est un procès à ne jamais finir. C'est un conte à dormir debout, Qui pourrait faire dormir debout. Il est homme à se fâcher, Capable de se fâcher. Cela n'est pas à dédaigner, Cela n'est pas méprisable. Cette place est à prendre. Je suis encore à savoir comment... J'ignore comment...
Devant un infinitif, il peut quelquefois s'expliquer par De quoi. Verser à boire. Il n'a pas à manger. Il ne trouve pas à s'occuper. Il y aurait à craindre. Trouver à redire. Il n'y a pas à balancer. On dit dans un sens analogue Le temps que j'ai à vivre, Pendant lequel je dois vivre. L'argent que j'ai à dépenser, Que je puis ou que je dois dépenser. N'avoir rien à répliquer, ne trouver rien à répondre.
Il se place encore devant l'infinitif des verbes, dans divers autres sens. Ainsi on dit Je suis ici à l'attendre.
À, suivi d'un nom, signifie Au prix de. Dîner à trente francs par tête. Emprunter à gros intérêts. Placer ses fonds à cinq pour cent. Les places sont à dix francs. Acheter du drap à vingt francs le mètre. Vendre à bon compte. Donner une marchandise à vil prix, à bon marché, etc. Vivre à peu de frais.
De telle ou telle façon. Aller à la débandade. À la hâte. À l'improviste. À merveille. À la légère. À la diable, etc.
Au moyen de. Pêcher à la ligne. Jouer à la paume. Se battre à l'épée, au pistolet. Mesurer à l'aune, au mètre. Dessiner à la plume. Tracer au crayon, au compas. Travailler à l'aiguille. On dit de même par ellipse Des bas à l'aiguille, au métier, etc.
Selon, suivant. À mon gré. À sa fantaisie. À sa manière. À mon choix. À votre avis. À ma gauche. À leur jugement. Chapeau à la mode. Habit à ma taille. Parler à son tour. Marcher à son rang. À la rigueur, on pourrait admettre cette opinion. À votre compte, je serais votre débiteur. À ce que je crois, vous voulez partir. Boire à sa soif. Manger à sa faim. Dieu fit l'homme à son image. Il voulut, à l'exemple de son père... À la vérité, à plus forte raison, etc. Jusqu'à. Il est amoureux à la folie. Je suis malade à garder le lit. On dit aussi avec un infinitif Souffrir à crier.
Avec. Table à tiroir. Canne à épée. Voiture à deux roues. Clou à crochet.
Contre. Dos à dos. Corps à corps. Face à face.
Quelquefois il se rapproche de la signification d'Après. Goutte à goutte, une Goutte après l'autre. Démonter une pendule pièce à pièce. Pas à pas. Mot à mot. Sou à sou. Peu à peu. Deux à deux.
Il s'emploie quelquefois quand on veut exprimer un Nombre approximatif. Cinq à six lieues. Vingt à trente personnes. Quinze à vingt francs.
À suivi d'un nom de nombre, indique une action faite conjointement par deux ou plusieurs personnes. Louer une maison à trois. Être à deux de jeu.
Quelquefois À, devant le relatif qui, sert à former des locutions elliptiques qui expriment une Sorte de rivalité, de concurrence. Ils dansaient à qui mieux mieux. C'est à qui ne partira point. Tirons à qui fera, à qui jouera le premier. Ils s'empressaient à qui lui plairait davantage. Disputer à qui obtiendra une faveur.
AB HOC ET AB HAC
(On fait sentir le T d'ET.)Locution
empruntée du latin. D'une manière confuse et désordonnée. Il ne sait ce qu'il dit; il parle, il raisonne ab hoc et ab hac. Il est familier.
AB INTESTAT
Locution
empruntée du latin. T. de Jurisprudence
. Sans qu'il ait été fait de testament. Hériter ab intestat, Hériter d'une personne qui n'a point fait de testament. On dit dans un sens analogue Héritier ab intestat, Succession ab intestat. Voyez INTESTAT.
AB IRATO
Locution
empruntée du latin. Par quelqu'un qui est en colère. Par extension, Dans un état de colère. Une satire écrite ab irato. Testament ab irato. Il a pris cette résolution ab irato, Sous l'influence de la colère.
AB OVO
Locution
empruntée du latin. Dès le commencement. Prendre un fait, un récit ab ovo.
ABAISSANT, ANTE
adj.
Qui abaisse, qui rend inférieur moralement. Langage abaissant. Théories abaissantes.
ABAISSE
n. f.
T. de Pâtisserie
. Morceau de pâte aplati sous le rouleau.
ABAISSEMENT
n. m.
Action d'abaisser, de s'abaisser, ou Résultat de cette action. L'abaissement d'un mur. L'abaissement des eaux. L'abaissement du mercure dans le baromètre. L'abaissement de la voix.
En termes d'Astronomie, Abaissement d'un astre, Quantité dont on doit diminuer la hauteur apparente d'un astre pour avoir sa hauteur vraie.
Il est plus souvent employé au figuré et signifie Diminution, affaiblissement. Abaissement des caractères. Abaissement de l'âme. Louis XI travailla beaucoup à l'abaissement de la maison de Bourgogne. L'abaissement de la natalité. L'abaissement des revenus, du taux de l'intérêt.
Il s'emploie encore absolument et signifie Humiliation volontaire, état dans lequel on se met quand on s'abaisse volontairement. Se tenir dans l'abaissement devant Dieu.
Il signifie aussi Humiliation forcée, état de bassesse où l'on est mis malgré soi. Cet esprit altier se révolte contre un si grand abaissement. Cette famille est réduite à vivre dans l'abaissement.
ABAISSER
v. tr.
Faire descendre, diminuer la hauteur. Abaisser un store. Le terrain s'abaisse insensiblement à mesure qu'on avance vers la mer. Le soleil s'abaissait sur l'horizon. Abaissez vos regards sur cette plaine. Abaisser une muraille. Abaisser le ton de la voix. Sa voix, son ton s'abaisse à mesure que son esprit se calme.
En termes de Géométrie, Abaisser une perpendiculaire sur une ligne, Mener une perpendiculaire à une ligne d'un point pris hors de cette ligne.
En termes d'Algèbre, Abaisser une équation, Réduire à un moindre degré une équation d'un degré supérieur.
En termes de Pâtisserie, Abaisser de la pâte, La rendre mince, en l'étendant avec le rouleau.
Il s'emploie encore figurément et signifie Déprimer, humilier. Dieu abaisse les superbes. Je n'abaisserai point ma dignité, mon caractère, à me commettre, jusqu'à me commettre avec lui. Cet historien affecte d'abaisser nos grands hommes.
S'ABAISSER signifie aussi au sens moral S'avilir, se dégrader. Je ne m'abaisserai point à me justifier, à feindre. Il s'abaisse à des démarches indignes de lui. Il sait être aimable à tous sans jamais s'abaisser.
Il signifie particulièrement S'humilier, se soumettre. S'abaisser devant la volonté de Dieu, sous la main de Dieu.
Le participe passé ABAISSÉ, ÉE, se dit, en termes de Blason, de Toutes les pièces placées dans l'écu au-dessous de leur situation ordinaire, et particulièrement du Vol des oiseaux, lorsque l'extrémité de leurs ailes est inclinée vers la pointe de l'écu. Vol abaissé.
ABAISSEUR
adj. m.
T. d'Anatomie
. Dont la fonction est d'abaisser les parties auxquelles il est attaché en parlant d'un muscle. Muscle abaisseur.
Il s'emploie aussi comme nom. L'abaisseur de l'oeil, de la lèvre.
ABAJOUE
n. f.
Espèce de poche située entre les joues et les mâchoires de certains animaux, qui s'en servent pour y placer leurs aliments et les y conserver quelque temps.
ABANDON
n. m.
État d'une personne, d'une chose abandonnée. Ce vieillard est dans le plus affreux abandon. Il mourut dans l'abandon. Il laisse sa maison dans un abandon, dans un état d'abandon qui en augmente tous les jours la dégradation. Il est dans l'abandon de Dieu.
Il signifie aussi Action d'abandonner. Son absence et l'abandon de sa maison, de sa terre, ont achevé de le ruiner. L'abandon de ses amis l'a consterné.
Il s'emploie de même au sens moral et signifie Oubli blâmable de soi, de ses intérêts, oubli de ses devoirs. Pourquoi cet abandon de vous-même? Cet abandon de vos intérêts nous désole.
Par extension, il signifie Renonciation à la possession, à la jouissance d'une chose. Il a fait sans hésiter l'abandon de sa fortune et même de sa vie. Il consent à l'abandon de ses droits. Le chrétien vit dans un parfait abandon à la Providence, à la volonté de Dieu.
Abandon de biens, en termes de Droit, Acte par lequel un débiteur abandonne tous ses biens à ses créanciers, pour se mettre à l'abri de leurs poursuites. Il a fait abandon de biens. Commissaire à l'abandon de biens. On dit dans le même sens Cession de biens.
ABANDON se dit aussi en parlant des manières, des discours, des ouvrages d'esprit et des productions des arts, pour exprimer une Sorte de facilité, de négligence heureuse qui exclut toute recherche, toute affectation, et ne laisse jamais sentir l'effort, ni le travail. Cette femme a de l'abandon dans ses manières, un gracieux abandon. Il a dans la conversation le plus aimable abandon. On remarque dans le style de cet auteur une sorte d'abandon.
Il se prend quelquefois dans la signification de Confiance entière. Il m'a parlé avec abandon, avec un entier abandon. Il m'a touché par l'abandon qu'il a mis dans ses discours, dans ses confidences.
À L'ABANDON,loc. adv.
Sans soin, sans précaution. Ce jardin a été laissé à l'abandon. Tout va à l'abandon.
ABANDONNEMENT
n. m.
Action de s'abandonner, de se laisser aller, de se livrer avec trop de facilité. Il avait pour elle une tendresse qui allait jusqu'à l'abandonnement de toute volonté. Les fautes de ce prince résultèrent de son entier abandonnement à d'indignes favoris. Il vieillit.
Employé absolument, il signifie Dérèglement dans la conduite, dans les moeurs. Vivre dans l'abandonnement, dans le dernier abandonnement.
Il signifie, en termes de Droit, surtout dans le style du notariat, Attribution, à chacune des parties qui sont dans l'indivision, de certains biens ou de certaines valeurs pour les remplir de leurs droits dans le partage ou dans la liquidation.
Contrat d'abandonnement, se dit quelquefois dans le sens d'Abandon de biens ou de Cession de biens.
ABANDONNER
v. tr.
Quitter, délaisser entièrement. Les progrès de l'inondation le contraignirent d'abandonner sa maison. Un soldat ne doit jamais abandonner son drapeau. C'était un crime chez les Grecs d'abandonner son bouclier. La mer a abandonné une partie de cette côte. Abandonner une place, une province conquise. Abandonner sa femme et ses enfants. Vous m'avez abandonné dans le besoin. Un enfant abandonné.
Prov., Il faut être bien abandonné de Dieu et des hommes pour faire telle chose, se dit d'une Personne qui prend un parti inattendu, étrange, désespéré, dont les suites peuvent lui être très nuisibles.
Ce père a abandonné son fils, l'a entièrement abandonné, Il ne prend plus aucun soin de lui, il ne s'en met plus en peine.
Par extension, ABANDONNER signifie Négliger, cesser de visiter. Depuis quelque temps, vous nous abandonnez.
Les médecins ont abandonné ce malade, Ils ont cessé de le voir, ou ils ne lui ordonnent plus rien, parce qu'ils désespèrent de sa guérison.
Il signifie aussi Laisser échapper. Tenez ferme, n'abandonnez pas cette corde. N'abandonnez pas les rênes de ce cheval. N'abandonnez pas votre cheval. On dit dans un sens analogue Abandonner les étriers, Retirer les pieds de dedans les étriers.
Il s'emploie souvent figurément et signifie Ne pas poursuivre une chose, y renoncer. Abandonner la poursuite d'une affaire. Abandonner une cause. Abandonner un projet, un ouvrage. Abandonner ses prétentions, ses droits.
Il se dit aussi des Facultés, des qualités physiques ou morales, lorsqu'elles viennent à nous manquer. Mes forces m'abandonnent. Son courage, sa prudence, sa présence d'esprit l'abandonna dans cette circonstance. Si la fortune vous abandonne, ne vous abandonnez pas. Vous êtes perdus si vous vous abandonnez.
ABANDONNER signifie encore Exposer, livrer; et, dans ce sens, il est toujours suivi de la préposition À. Abandonner une ville au pillage, à la fureur des soldats. Abandonner un vaisseau à l'orage, au vent. Abandonner à la merci de, à la discrétion de, etc. Abandonner quelqu'un à son caractère, à ses passions. S'abandonner à la débauche, au vice. S'abandonner à la douleur, à la tristesse, aux pleurs. S'abandonner à la foie. Je m'abandonne à vous, à vos sages avis.
Abandonner un ecclésiastique au bras séculier, c'était Le livrer au juge laïque, afin qu'il le punît selon les lois.
Abandonner une chose, une personne à quelqu'un, Lui permettre d'en faire, d'en dire ce qu'il lui plaira, lui en laisser l'entière disposition, lui laisser une entière liberté à son égard. Abandonner tous ses biens à ses créanciers. Je vous abandonne les fruits de mon jardin. Vous vous plaignez de cet homme, dites-en ce qu'il vous plaira, je vous l'abandonne.
Je vous abandonne ce point, Je vous l'accorde, je vous le concède, je renonce à le soutenir, à m'en prévaloir.
ABANDONNER signifie encore Remettre, confier. J'ai abandonné le soin de mes affaires à un gérant intelligent et probe. S'abandonner à la Providence, Se remettre entièrement entre les mains de la Providence. S'abandonner à la fortune, Laisser aller les choses au hasard.
S'ABANDONNER signifie spécialement Se négliger dans son maintien, dans son habillement. Un malade, un vieillard qui s'abandonne.
Il signifie encore Se laisser aller à des mouvements naturels. Ne vous raidissez pas, abandonnez-vous. Cet acteur ne s'abandonne pas assez.
ABAQUE
n. m.
T. d'Architecture
. Partie supérieure du chapiteau des colonnes sur laquelle porte l'architrave. On la nomme autrement TAILLOIR.
Il signifie, en termes d'Antiquité, Tablette où les anciens traçaient sur un sable fin des nombres, des figures de géométrie, des lettres. Ils s'en servaient particulièrement pour le calcul. On dit quelquefois Abaque de Pythagore pour Table de Pythagore.
Il se disait encore d'une Table de jeu divisée en compartiments et se rapprochant de nos damiers, de nos échiquiers.
ABASOURDIR
v. tr.
Assourdir par un grand bruit. Ce coup de tonnerre m'a abasourdi.
Il s'emploie plus ordinairement au figuré et signifie Consterner, accabler. Il a été abasourdi de sa disgrâce, de la perte de son procès. Cette nouvelle l'a tout abasourdi. Il est familier, surtout dans le second sens.
ABAT-FOIN
n. m.
Trappe disposée au plafond d'une écurie, d'une étable, ou ménagée dans un râtelier pour laisser passer le foin. Des abat-foin.
ABAT-JOUR
n. m.
Sorte de fenêtre disposée de manière à diriger le jour obliquement de haut en bas. Les marchands ont des abat-jour dans leurs magasins pour faire paraître leurs marchandises plus belles. Ordinairement les fenêtres des églises sont taillées en abat-jour. Les croisées de cette prison sont garnies d'abat-jour.
Il se dit surtout d'un Appareil adapté à une lampe ou à tout autre éclairage pour en rabattre ou en adoucir la lumière. Des abat-jour.
ABAT-SON
n. m.
T. d'Architecture
. Ensemble de lames disposées dans les baies d'un clocher pour envoyer le son vers le sol. Des abat-son.
ABAT-VENT
n. m.
Assemblage de petites lames inclinées et parallèles, qui garantit du vent, de la neige et de la pluie les ouvertures d'une maison, d'un atelier, d'un clocher, etc., sans empêcher la circulation de l'air. Un abat-vent couvert de plomb, d'ardoise. Les fenêtres de ce séchoir, de ce magasin sont garnies d'abat-vent. Les persiennes sont des espèces d'abat-vent.
ABAT-VOIX
n. m.
Dessus d'une chaire à prêcher, lequel sert à rabattre vers l'auditoire la voix du prédicateur. Cette chaire n'a pas d'abat-voix, aussi on entend mal le prédicateur.
ABAT
n. m.
Synonyme d'ABATTIS. Voyez ce mot. Un marchand d'abats. On dit plutôt aujourd'hui TRIPIER.
Il se disait autrefois d'une Forte pluie. Un abat d'eau.
ABÂTARDIR
v. tr.
Altérer de façon à faire dégénérer. Le défaut de soins a tout à fait abâtardi cette race d'animaux. Cette race s'est abâtardie. Ce plant de vigne s'abâtardit chaque jour.
Il s'emploie aussi figurément. Une longue servitude abâtardit le courage. Les plus heureux talents s'abâtardissent dans l'oisiveté. Courage abâtardi.
ABÂTARDISSEMENT
n. m.
État de ce qui est abâtardi, au propre et au figuré. L'abâtardissement d'une race d'animaux. L'abâtardissement d'un plant de vigne. L'abâtardissement des esprits.
ABATTAGE
n. m.
Action d'abattre les bois qui sont sur pied. On ne commencera l'abattage de ces bois qu'au mois de novembre. C'est à l'acheteur à payer l'abattage.
Il signifie, en termes de Construction, Action de retourner une pierre, une pièce de bois dans un chantier.
Il signifie aussi, en termes de Marine, Action d'abattre un navire. Voyez ABATTRE.
Il signifie encore Action de tuer des animaux, soit en vue de la boucherie, soit par précaution contre une épidémie.
ABATTANT
n. m.
Partie d'un meuble, d'un siège que l'on peut abattre à volonté.
ABATTEMENT
n. m.
Diminution de forces physiques ou morales. Cette mauvaise nouvelle l'a jeté dans un étrange abattement.
En Matière fiscale, il désigne la Déduction à opérer par l'administration, en raison des charges de famille supportées par le contribuable, sur le chiffre des déclarations des revenus nets qui servent de base au calcul de l'impôt général sur le revenu et des divers impôts cédulaires.
ABATTEUR
n. m.
Celui qui abat. Ce bûcheron est un grand abatteur de bois.
C'est un grand abatteur de quilles, se dit d'un Homme fort adroit au jeu de quilles; figurément et familièrement d'un Homme qui a fait des choses difficiles, extraordinaires; mais plus ordinairement par ironie d'un Homme qui se vante de prouesses qu'il n'a pas faites.