Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Monnaie
n. f.
Toute sorte de pièces d'or, d'argent, de bronze, de nickel, etc., frappées d'une empreinte légale, qui servent aux échanges et dont la valeur varie suivant le métal, le poids, le titre et la convention. Faire, émettre de nouvelle monnaie. Mettre une nouvelle monnaie en circulation. Refondre les monnaies. Certaines monnaies n'ont plus cours. Petite monnaie. Monnaie de cuivre, monnaie de billon. Monnaie étrangère.
Fausse monnaie, Monnaie imitée par des faussaires, généralement avec un métal de peu de valeur.
Monnaie de compte, Monnaie qui n'a jamais existé, ou qui n'existe plus en espèces réelles, mais qui a été inventée ou retenue pour faciliter les comptes, en les établissant toujours sur un pied certain et non variable; par opposition à Monnaie réelle ou effective, Monnaie dont il existe des pièces ayant cours dans le commerce. La guinée est une monnaie de compte. Le franc est une monnaie réelle.
Monnaie fiduciaire, papier-monnaie, Papier créé par l'État ou avec son autorisation, pour faire office de monnaie.
Monnaie obsidionale. Voyez OBSIDIONAL.
Fig. et fam., Battre monnaie, Se procurer de l'argent. Il a battu monnaie de tous les côtés.
MONNAIE, dans un sens plus particulier, se dit des Petites espèces d'argent ou de billon. N'avez-vous point de monnaie sur vous? Je n'ai pas un sou de monnaie. On dit aussi dans le même sens Petite monnaie, monnaie divisionnaire.
Il désigne aussi un Certain nombre de pièces ou de billets de moindre valeur que l'on donne en échange d'une pièce ou d'un billet, ou que l'on rend pour faire la différence entre le prix à payer et la somme versée. Je ne peux pas vous rendre la monnaie. Donnez-moi la monnaie de cent francs. Avez-vous la monnaie de ce billet de cent francs? ou, plus souvent elliptiquement, la monnaie de cent francs?
Figurément, Ces généraux n'étaient que la monnaie de Turenne.
Fig. et fam., Rendre, donner à quelqu'un la monnaie de sa pièce, Se venger, user de représailles.
Fig. et fam., Il l'a payé en même monnaie, se dit de Quelqu'un qui, ayant reçu d'un autre ou quelque service ou quelque déplaisir, lui a rendu la pareille.
Fig. et fam., Payer quelqu'un en monnaie de singe, Le payer par des grimaces ou des plaisanteries, se moquer de lui au lieu de le satisfaire réellement. Cette expression vient du souvenir des bateleurs qui payaient le péage en faisant gambader leur singe.
MONNAIE se dit, figurément, des Paroles dont il se fait une sorte d'échange dans la société. Les compliments sont une monnaie dont chacun connaît la valeur. C'est monnaie courante. MONNAIE désigne aussi l'Établissement public où l'on frappe les monnaies. Porter des lingots à la Monnaie pour qu'ils soient convertis en espèces. Ce lieu s'appelle autrement Hôtel de la Monnaie, des Monnaies.
Cour des Monnaies s'est dit d'une Cour supérieure établie pour juger souverainement de tout ce qui concernait les monnaies. Le premier président de la Cour des Monnaies.
MONNAYAGE
n. m.
Fabrication de la monnaie. Monnayage au marteau, au balancier. L'État seul a le droit de monnayage.
MONNAYER
v. tr.
Convertir un métal en monnaie. On a monnayé de l'or, de l'argent pour plus d'un million.
Figurément et dans un sens péjoratif, Cet artiste a monnayé son talent.
Il signifie, plus particulièrement, Frapper la monnaie d'une empreinte. Absolument, Avant l'invention du balancier, on monnayait au marteau.
Argent monnayé se dit par opposition à Argent ouvré ou brut. Payer en argent monnayé.
MONNAYEUR
n. m.
Celui qui travaille à la monnaie de l'État.
Faux-monnayeur, Celui qui fait de la fausse monnaie. MONO... Préfixe emprunté du grec et qui MONO...Préfixe
emprunté du grec et qui signifie Seul. Il sert à composer de nombreux termes, particulièrement des termes scientifiques, dont nous donnons seulement les principaux.
MONOCHROME
adj. des deux genres
. Qui est d'une seule couleur. Les camaïeux, les grisailles sont des peintures monochromes.
MONOCLE
n. m.
Petit verre d'optique qui se place dans l'arcade sourcilière.
MONOCORDE
n. m.
Instrument de bois, de cuivre, etc., sur lequel il y a une seule corde tendue et divisée selon certaines proportions pour donner les différents intervalles des sons. Diviser un monocorde.
Il s'emploie aussi adjectivement. Un instrument monocorde.
Il se dit aussi figurément d'un Orateur, d'un écrivain qui emploie toujours les mêmes procédés, qui fait toujours vibrer la même corde.
MONOCOTYLÉDONE
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Dont l'embryon porte une seule feuille ou cotylédon sur le premier noeud de l'axe, ou tige. Les plantes monocotylédones. Substantivement, au féminin, Le lis est une monocotylédone.
MONOCULAIRE
adj. des deux genres
. D'un seul oeil. Vision monoculaire, Vision qui ne se fait que par un oeil.
MONOECIE
n. f.
T. de Botanique
. Il se dit des Plantes monoïques. Voyez ce mot.
MONOGAME
n. des deux genres
. Celui qui n'est marié qu'à une seule femme, Celle qui n'est mariée qu'à un seul homme.
Il s'emploie aussi en termes de Botanique. Voyez MONOGAMIE.
MONOGAMIE
n. f.
État de mariage où l'homme n'a qu'une seule femme, par opposition à Polygamie.
MONOGAMIE, en termes de Botanique, Caractère d'une classe du système de Linné, qui renferme les plantes dont les fleurs sont isolées les unes des autres et n'ont pas d'enveloppe commune.
MONOGRAMME
n. m.
Chiffre ou caractère composé de plusieurs lettres combinées entre elles, et souvent de toutes les lettres ou des principales lettres d'un nom. Les actes des rois de France ont été longtemps souscrits d'un monogramme.
Il se dit aussi du Chiffre ou signe que certains artistes apposent au bas de leurs ouvrages.
MONOGRAPHIE
n. f.
T. didactique
. Étude sur un point particulier d'histoire, de science. Une monographie bien faite. Un recueil de monographies. La monographie de la cathédrale de Reims.
MONOÏQUE
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Il se dit des Plantes qui portent, sur le même pied, des fleurs mâles et des fleurs femelles.
MONOLITHE
adj. des deux genres
. Qui est fait d'une seule pierre. Colonne, aiguille monolithe. Substantivement, Beaucoup de monuments, en Égypte, sont des monolithes. L'obélisque de Louqsor est un monolithe.
MONOLOGUE
n. m.
Scène d'une pièce de théâtre où un personnage est seul et se parle à lui-même. Le monologue d'Auguste dans Cinna.
Il se dit aussi d'une Scène fantaisiste dite par un seul personnage. Réciter un monologue. Il signifie encore Discours d'une personne qui parle toute seule ou qui ne laisse pas parler les autres. La conversation avec lui devient un monologue.
MONOLOGUER
v. intr.
Parler seul. Cet homme a l'habitude de monologuer.
MONOMANE
adj. des deux genres
. Qui est atteint de monomanie. Il est monomane. Substantivement, C'est un monomane.
MONOMANIE
n. f.
Sorte de trouble mental dans lequel une seule idée semble absorber toutes les facultés de l'intelligence. Il a la monomanie de la persécution.
MONÔME
n. m.
T. d'Algèbre
. Expression algébrique qui ne contient l'indication d'aucune addition ou soustraction. Plusieurs monômes ajoutés ou retranchés forment un polynôme.
Il se dit, par extension, d'une File ininterrompue d'étudiants se livrant à des manifestations sur la voie publique.
MONOMÉTALLISME
n. m.
T. d'Économie politique
. Système monétaire d'après lequel un seul métal, l'or ou l'argent, sert de monnaie, avec cours légal illimité.
MONOPÉTALE
adj. des deux genres
. T. de Botanique . Il se dit des Fleurs dont la corolle est d'un seul pétale, d'une seule pièce. La fleur de la mauve est monopétale. Corolle monopétale.
MONOPHYLLE
adj. m.
T. de Botanique
. Il se dit d'un Calice formé d'une seule pièce. Calice monophylle, à cinq divisions.
MONOPLAN
n. m.
T. d'Aviation
. Avion qui n'a qu'un seul plan de sustentation, par opposition à Biplan.
MONOPOLE
n. m.
Trafic exclusif, fait en vertu d'un privilège. L'État exerce un certain nombre de monopoles. Produits de monopoles. Le monopole du tabac et des allumettes.
Il se dit, par extension, du Trafic d'un marchand ou de plusieurs marchands réunis, qui, par de larges achats, se rendent maîtres du commerce d'une marchandise. Le monopole des laines, des blés.
Il s'emploie aussi figurément. Il s'attribue le monopole de l'élégance. Le monopole du patriotisme n'appartient à personne.
MONOPOLISER
v. tr.
Accaparer, en se créant ainsi une sorte de monopole. Vouloir monopoliser les honneurs.
MONOPTÈRE
adj. des deux genres
. T. d'Architecture
. Il se dit d'un Édifice qui n'a qu'une seule rangée de colonnes; et surtout d'un Édifice rond formé d'une simple colonnade. Temple monoptère à six, à huit colonnes, surmonté d'une coupole, d'un toit.
MONORIME
adj. des deux genres
. Qui est construit sur une même rime. Nos anciennes chansons de geste furent composées de couplets ou laisses monorimes.
MONOSTIQUE
n. m.
Épigramme, inscription en un seul vers.
MONOSYLLABE
adj. des deux genres
. Qui est composé d'une seule syllabe. Mot monosyllabe. Substantivement, Un monosyllabe. Moi, toi, nous, vous sont des monosyllabes.
Fam., Ne parler que par monosyllabes, Ne pas daigner s'expliquer; ne répondre que par des oui et par des non.
MONOSYLLABIQUE
adj. des deux genres
. Qui a une seule syllabe.
Il signifie aussi Qui est composé de monosyllabes. Vers monosyllabiques.
MONOTHÉISME
n. m.
La croyance à un Dieu unique, l'adoration d'un seul Dieu. Le monothéisme des Hébreux.
MONOTHÉISTE
n. m.
Celui qui professe le monothéisme. Adjectivement, Un peuple monothéiste. Les doctrines monothéistes.
MONOTONE
adj. des deux genres . Qui est toujours sur le même ton, qui n'est pas varié dans ses intonations ou dans ses inflexions. Chant, déclamation monotone. On dit, dans un sens analogue, Un bruit monotone.
Par extension, Orateur monotone, Orateur dont le débit n'est pas varié.
MONOTONE se dit, figurément, des Choses qui sont uniformes, qui manquent de variété. Mener une vie monotone. Des occupations monotones. Un style, une parole monotone.
MONOTONIE
n. f.
Caractère de ce qui est monotone. Sa manière de réciter est d'une monotonie fatigante. Cette musique rebute par sa monotonie. Sa vie est de la plus ennuyeuse monotonie.
MONS
(On prononce l'S.)n. m.
Abréviation du mot Monsieur. Il ne s'emploie que dans le langage familier et par plaisanterie.
MONSEIGNEUR
n. m.
Titre d'honneur que l'on donne en parlant ou en écrivant à certaines personnes distinguées par leur naissance ou par leur dignité. Monseigneur le prince. Monseigneur l'évêque de Troyes. Monseigneur l'archevêque de Paris. Donner du monseigneur à quelqu'un. Traiter quelqu'un de monseigneur. On écrit, par abréviation, Mgr. Absolument, Qu'en pense Monseigneur? Monseigneur est venu, est reparti.
MESSEIGNEURS. Pluriel de Monseigneur, dont on se sert quand on s'adresse aux personnes qui ont droit au titre de Monseigneur.
NOSSEIGNEURS. Autre pluriel de Monseigneur, dont on se sert quand on parle des personnes qui ont droit à ce titre. Nosseigneurs les évêques de France.
MONSEIGNEUR ou Pince-monseigneur se dit d'une Sorte de levier dont les cambrioleurs se servent pour forcer les portes, les serrures.
MONSEIGNEURISER
v. tr.
Honorer quelqu'un du titre de monseigneur. Je l'ai monseigneurisé. Il ne s'emploie qu'ironiquement.
MONSIEUR
(ON se prononce E et R ne se prononce pas.)n. m. Pluriel : MESSIEURS. Qualité, titre que l'on donne à celui ou à ceux à qui on parle ou à qui on écrit, par déférence, par civilité. Monsieur, soyez le bienvenu. Présentez-moi à ces messieurs. On en fait aussi précéder, par politesse, le nom d'un homme vivant. On écrit alors, le plus souvent, par abréviation, au singulier M. et au pluriel MM.
MESSIEURS se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. L'avis de messieurs. Il se dit encore des Membres de nos cours et tribunaux. Messieurs de la Cour.
MONSIEUR se dit, par les domestiques d'une maison, du Chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti.
MONSIEUR sert aussi à désigner Tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander.
C'est un monsieur se dit de Quelqu'un qui a les dehors d'un bourgeois.
Pop., Il fait le monsieur, Il fait l'homme de conséquence. Il est devenu un gros monsieur, Il a fait fortune, il a acquis une situation importante. C'est un beau monsieur, Il est élégamment vêtu.
Fam., C'est un vilain monsieur, se dit d'un Homme peu estimable.
Fam., Mon petit monsieur se dit à quelqu'un qu'on traite de haut. Que veut donc ce petit monsieur?
MONSIEUR se joint quelquefois à un terme de reproche. Monsieur l'insolent.
MONSIEUR, employé absolument, s'est dit de l'Aîné des frères du roi. La maison de Monsieur.
Prune de Monsieur, Sorte de prune ronde, d'un beau violet.
Monsieur de Paris, Le bourreau.
MONSTRANCE
n. f.
Pièce d'orfèvrerie religieuse dans laquelle des reliques sont conservées sous verre et exposées.
MONSTRE
n. m.
Être qui a une conformation contre nature. Monstre hideux. Un monstre à deux têtes. Cette femme est accouchée d'un monstre.
Il se dit aussi des Végétaux. Les fleurs doubles sont des monstres.
MONSTRE se dit encore de Certains êtres imaginaires qui figurent dans les fables des anciens. Les Centaures, la Chimère, le Minotaure, les Cyclopes étaient des monstres.
Fig., Se faire un monstre de quelque chose, S'imaginer qu'une chose est extraordinaire, très difficile.
MONSTRE signifie aussi Être d'une grandeur démesurée. Les monstres marins, Les grands cétacés.
Par apposition et familièrement, il désigne un Être ou une Chose énorme, extraordinaire. Un poisson monstre. Un bouquet monstre. On a servi un déjeuner monstre.
MONSTRE se dit, par exagération, de Ce qui est extrêmement laid. Cette femme est affreusement laide, c'est un monstre. On dit dans le même sens Un monstre de laideur.
Il se dit, figurément, d'une Personne cruelle et dénaturée. Néron était un monstre. C'est un monstre qu'il faudrait étouffer.
C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, un monstre de cruauté, se dit d'une Personne qui montre une grande ingratitude, qui est d'une sordide avarice, etc.
Il se dit encore, dans le langage familier, de Personnes à qui l'on fait des reproches. Ce monstre d'homme. Petit monstre!
En termes d'Arts, il désigne le Modèle type d'une machine, d'un dispositif.
Il se dit encore, dans le langage familier, d'un Premier projet, d'une ébauche. Avant de vous mettre à la rédaction définitive de votre ouvrage, vous m'en soumettrez un monstre.
MONSTRUEUSEMENT
adv.
D'une façon monstrueuse.
MONSTRUEUX, EUSE
adj.
Qui a une conformation contre nature. Un enfant monstrueux. Un animal monstrueux.
Il signifie encore Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement monstrueux.
Il s'emploie aussi au figuré. Union, association monstrueuse d'idées, d'expressions. Il signifie encore Qui est prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la tête monstrueuse. Une femme d'une laideur monstrueuse. Un homme d'une grandeur, d'une grosseur monstrueuse.
Fig., Une avarice, une prodigalité, une profusion, une fortune monstrueuse. Un crime, un événement monstrueux. Son action est une chose monstrueuse. Une erreur monstrueuse.
MONSTRUOSITÉ
n. f.
Caractère de ce qui est monstrueux. Il se dit au propre et au figuré et s'emploie plus ordinairement pour désigner une Chose monstrueuse. C'est une monstruosité que la tête de ce malheureux enfant. Une telle action est une monstruosité.
MONT-DE-PIÉTÉ
n. m.
Établissement où l'on prête sur gages et à intérêts. Engager de l'argenterie au Mont-de-Piété. Reconnaissance du Mont-de-Piété. On dit aujourd'hui Crédit municipal.
MONT
n. m.
Grande masse de terre ou de roche élevée au-dessus du terrain qui l'environne. Il s'emploie surtout dans certaines expressions géographiques consacrées par l'usage. Le mont Blanc. Le mont Dore. Le mont Athos. Le mont Sinaï, etc. Au pluriel, le terme géographique est généralement suivi de la préposition de. Les monts du Velay. Les monts du Rouergue. Les monts d'Auvergne. Dans l'usage courant on dit plutôt Montagne.
MONTS, au pluriel et pris absolument, désigne ordinairement les Alpes. Passer, repasser les monts. Au-delà des monts. Deçà les monts.
Fig. et fam., Promettre monts et merveilles à quelqu'un, Lui promettre de grandes richesses, de grands avantages.
Adverbialement, Par monts et par vaux, En toute sorte d'endroits, de tous côtés. Aller, courir par monts et par vaux. On le cherche par monts et par vaux.
MONTAGE
n. m.
Action de transporter quelque chose de bas en haut. Payer le montage du bois, des grains. MONTAGE se dit aussi en parlant d'Ouvrages d'orfèvrerie, de serrurerie, de menuiserie, etc., dont on assemble les pièces les unes avec les autres.
MONTAGNARD, ARDE
adj.
Qui habite les montagnes. Les peuples montagnards. Animaux montagnards.
Il est plus ordinairement employé comme nom. Les montagnards d'Écosse. C'est un montagnard.
MONTAGNARD s'est dit des Membres d'un parti que formèrent, sous la Convention, un certain nombre de députés qui siégeaient sur les bancs les plus élevés de l'assemblée et qui professaient des opinions démagogiques. Les Montagnards dominèrent la Convention depuis la chute des Girondins. Ce mot a servi depuis à désigner des Personnes ayant des opinions révolutionnaires exaltées.
MONTAGNE
n. f.
Synonyme de Mont, qu'il a remplacé dans la plupart de ses emplois. Montagne élevée, rude, escarpée. Le sommet, le haut, la cime d'une montagne. Le penchant, la pente, les flancs, le revers, le versant, le pied d'une montagne. Gravir, escalader, descendre, passer, traverser une montagne. Les brigands se sont retirés dans les montagnes. Les montagnes d'Auvergne. Pays de montagnes. Pays hérissé de montagnes.
MONTAGNE a aussi le sens général de Région élevée où l'on séjourne pour son plaisir ou pour sa santé. Aller à la montagne. Passer plusieurs mois à la montagne. On lui a ordonné l'air de la montagne.
Mal de montagne, Malaise causé dans les ascensions en montagne par la raréfaction progressive de l'air à mesure que l'on s'élève.
Une chaîne de montagnes, Une suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.
Prov. et fig., La montagne a enfanté une souris, se dit Lorsque de grands projets n'aboutissent à rien.
Fam., Il ferait battre des montagnes se dit de Quelqu'un qui réussit à semer partout la discorde.
Fig., Se faire une montagne d'une chose, S'exagérer l'importance, la difficulté d'une chose.
Montagne de glace, Amas considérable de glace qu'on rencontre principalement dans les mers polaires. On dit plutôt aujourd'hui ICEBERG. Voyez ce mot.
MONTAGNE s'est dit, sous la Convention, des Bancs les plus élevés de cette assemblée, de ceux où siégeaient les députés démocrates qui furent appelés le parti de la Montagne ou simplement la Montagne. Il siégeait sur la Montagne. Il appartenait à la Montagne. Par allusion, il se dit quelquefois du Groupe qui, dans une assemblée parlementaire, représente les opinions les plus avancées.
MONTAGNETTE
n. f.
Petite montagne. Il est familier.
MONTAGNEUX, EUSE
adj.
Où il y a beaucoup de montagnes. Pays montagneux. Région montagneuse.
MONTANT, ANTE
adj.
Il se dit de Tout ce qui monte. Un chemin montant. La marée montante.
Robe montante, Robe dont le corsage monte jusqu'au cou.
En termes de Musique, Gamme montante, Gamme qui va des notes graves aux notes élevées.
En termes de Maçonnerie, Joint montant, Joint vertical de deux pierres.
En termes militaires, Garde montante, Celle qu'on place dans un poste, par opposition à celle qu'on relève et qu'on appelle Garde descendante.
En termes de Chemins de fer, Train montant, Voie montante, Train, Voie qui vient de Paris ou de l'origine de la ligne, par opposition à Train descendant, Voie descendante, Train, Voie qui va vers Paris ou vers l'origine de la ligne.
MONTANT s'emploie aussi comme nom masculin et se dit d'une Pièce de bois, de pierre ou de fer qui est posée verticalement dans certains ouvrages de menuiserie, de serrurerie, etc. Les montants d'une porte cochère, d'une devanture de boutique. Les montants d'une grille, d'une porte de fer. Les montants d'une échelle.
Les montants d'une raquette, Les cordes qui vont du haut en bas.
MONTANT désigne aussi le Total d'un compte, d'une recette, d'une dépense, etc. Le montant de ces sommes, de la recette, de la dépense est de deux cent mille francs.
MONTANT se dit, par extension, du Goût relevé de certaines choses. Ce vin a du montant. Donner du montant à une sauce.
Il se dit figurément dans le même sens. Ce causeur a beaucoup de montant. Ce récit manque de montant.
MONTE-CHARGE
n. m. inv.
Sorte d'ascenseur qui sert à faire monter ou descendre toute sorte de charges dans une usine et aussi dans une maison.
MONTE-PLATS
n. m. inv.
Sorte de petit monte-charge qui sert à faire monter ou descendre les plats quand la cuisine n'est pas au même étage que la salle à manger.
MONTE
n. f.
Accouplement des chevaux et des juments. Ce cheval, cet étalon a fait la monte. La monte commence en février et finit en juin.
MONTE se dit, en termes de Courses, pour désigner le Jockey qui doit monter un cheval déterminé dans une course.
Il se dit aussi de l'Action de monter un cheval dans une course et de la Manière dont un jockey mène un cheval.
MONTÉE
n. f.
Action de monter. La montée de cette colline est pénible. La montée au Calvaire.
Il désigne aussi l'Endroit par où l'on monte à une montagne, à un coteau, à une éminence, etc. Prenez par la montée, c'est le chemin le plus court. La montée de ce coteau est fort raide.
Il se dit, particulièrement, d'une Rampe douce au-devant d'un édifice. La montée du Capitole, à Rome, a beaucoup de majesté.
Il se dit, par extension, de Tout ce qui monte. La montée du sang. La montée du lait chez une nourrice. La montée de la sève dans les plantes. La montée de la fièvre, de la colère.
MONTÉE se dit aussi, en termes d'Architecture, de la Hauteur d'une voûte. Cette voûte surbaissée a pour sa largeur peu de montée.