Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Donation
n. f.
T. de Jurisprudence
. Don qui se fait par acte public. Donation entre vifs. Donation à cause de mort. Donation pure et simple. Donation conditionnelle. Donation irrévocable. Faire une donation. Révoquer une donation. Accepter une donation. Acte de donation.
Il se dit aussi de l'Acte par lequel on fait une donation. La donation n'est pas revêtue de toutes les formalités requises.
DONC
Conjonction qui sert à marquer la conclusion d'un raisonnement. Je pense, donc je suis.
On l'emploie également pour marquer toute autre espèce d'induction, pour exprimer qu'une chose est ou doit être la conséquence, le résultat d'une autre, qu'elle a lieu en conséquence d'une autre. Ainsi donc vous refusez. Vous êtes donc bien décidé. Il faut donc vous obéir. Vous serez donc toujours le même. Vous voyez donc bien que j'avais raison. Donc, vous vous trompez! Votre père est donc arrivé. Ils partirent donc secrètement.
Il sert encore à marquer une sorte d'étonnement, la surprise que l'on éprouve d'une chose à laquelle on ne s'attendait point. J'étais donc destiné à lui survivre! Voilà donc tout le fruit que j'ai retiré de mes soins! Qu'avez- vous donc? Que dit-il donc là? Qu'ai-je donc fait pour que vous me traitiez de la sorte? Quoi donc! il me résisterait? Allons donc!
Il sert aussi à rendre plus pressante une demande, une injonction. Dites-nous donc comment la chose s'est passée. Répondez donc. Donnez-moi donc cela.
DONDON
n. f.
Femme ou fille qui a beaucoup d'embonpoint. Une grosse dondon. Il est familier.
DONJON
n. m.
T. d'Architecture féodale
. Tour la plus forte du château où se conservaient les archives et le trésor et se concentraient les derniers efforts de la défense. Le donjon de Vincennes. Le donjon de Coucy. Les assiégés se réfugièrent dans le donjon.
DONJONNÉ, ÉE
adj.
T. de Blason
. Qui est représenté en forme de tourelles.
DONNANT, ANTE
adj.
Qui aime à donner. On l'emploie surtout avec la négation. Il n'est pas donnant. La bonne femme n'est guère donnante. Il est familier.
DONNE
n. f.
Action de distribuer les cartes au jeu. Il ne faut pas changer sa donne. Perdre sa donne. Voyez MALDONNE.
DONNÉE
n. f.
Point sur lequel on fonde un raisonnement; suppositions, constatations, probabilités, qui, étant indiscutables ou indiscutées, servent de base à une recherche, à un examen quelconque. En partant de cette donnée, de ces données. Des données précises. Des données justes, incertaines, fausses, chimériques.
Il se dit, par extension, des Circonstances principales, et aussi des sentiments, des passions, des caractères qui servent de base à un poème dramatique ou narratif, à un roman. La donnée de cette tragédie est originale.
Plus particulièrement, en termes de Mathématiques, il se dit des Quantités connues qui servent à en découvrir d'inconnues. Les données d'un problème.
DONNER
v. tr.
Mettre à la disposition de quelqu'un, sans rétribution, une chose que l'on possède ou dont on jouit pour que lui- même en ait la propriété. Donner de l'argent, une terre, une maison. Donner en toute propriété. Il lui donna une fort belle dot. Il donne tout son bien aux pauvres. Donner en cadeau. Absolument, La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos. Il donne à pleines mains.
En termes de Jurisprudence, Donner et retenir ne vaut, Celui qui fait une donation ne peut, sous peine de nullité de l'acte, y ajouter une clause qui en détruise l'effet. Cela a passé en proverbe, pour dire qu'On ne peut retenir ce que l'on donne.
Fam. et par exagération, Il donnerait jusqu'à sa chemise, se dit d'un Homme extrêmement charitable et libéral.
Fig., On ne donne rien pour rien et Donnant donnant, se disent pour exprimer qu'on ne veut donner une chose qu'en recevant une autre chose.
Prov., Qui donne tôt donne deux fois, C'est ajouter au prix d'une grâce que de l'accorder promptement.
Prov., La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.
Prov., La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, On ne saurait prétendre recevoir de quelqu'un plus qu'il ne peut donner.
Fig. et fam., Donner au diable, et Se donner au diable. Voyez DIABLE.
Donner sa vie, ses jours, son sang pour quelqu'un, pour quelque chose, Sacrifier sa vie, répandre son sang par dévouement pour quelqu'un, pour quelque chose. Il est prêt à donner sa vie pour eux. Donner son sang pour la patrie.
Fig., Donner un précepteur, un gouverneur à un enfant; lui donner un maître de dessin, de danse, etc., Mettre un enfant sous la direction d'un précepteur, d'un gouverneur; lui faire prendre des leçons de dessin, de danse, etc.
Donner une fille en mariage à quelqu'un, La lui accorder pour femme. Il lui a donné sa fille. On dit de même Donner pour époux, pour épouse.
Se donner à quelqu'un, S'attacher, se dévouer à lui. Il s'est donné à un bon maître. Ce chien s'est donné à moi. Il signifie aussi Se mettre sous la domination de quelqu'un. Ces peuples se donnèrent aux Romains. Les Génois se donnèrent à Charles VI. Il signifie encore Vouer à quelqu'un toute son affection. Un coeur qui se donne tout entier. Il signifie aussi, en parlant d'une Femme, Accorder les dernières faveurs. Elle s'est donnée à lui.
Il signifie encore Livrer, mettre entre les mains, remettre, confier. Donner un paquet au voiturier. Donner des papiers à un homme d'affaires, à un notaire. Donner de l'argent pour aller au marché. Donner en dépôt. Donner en garde. Donner à crédit, à intérêt. Il lui en a donné la garde, le soin. Donner de l'ouvrage à faire.
Donner une chose à l'essai, La donner à quelqu'un pour qu'il l'essaie, pour qu'il l'éprouve avant de l'acheter. On m'a donné ce cheval à l'essai.
Fig. et fam., Donner du fil à retordre. Voyez FIL.
Par exagération et fam., Je donnerais ma tête à couper que cela est ainsi. Voyez COUPER.
Fig. et fam., En donner à garder à quelqu'un. Voyez GARDER. On dit aussi, populairement, Il lui en a donné d'une, il lui en a donné d'une bonne, Il lui en a fait accroire.
Fig. et fam., En donner à quelqu'un signifie Le tromper, et quelquefois Le battre. Fam., Le donner au plus habile à mieux faire, Défier le plus habile de mieux faire. On dit de même Donner quelque chose à deviner, Défier de le deviner. Je le donne au plus fin à deviner. Je vous le donne à deviner en dix, en vingt. On dit aussi Donner en dix, en vingt, en cent, à faire une certaine chose, Défier de la faire une fois sur dix, sur vingt, sur cent. Voilà un coup bien heureux, je vous donne en dix, en vingt, à en faire un semblable, ou simplement, je vous le donne en dix.
En termes de Chasse, Donner le cerf aux chiens, Lancer le cerf. On dit dans le même sens Donner les chiens, la meute. On donna les chiens à propos. On donna la vieille meute.
Il signifie aussi Transmettre en échange, en retour de quelque chose, de quelque service. Donner une chose pour une autre, en échange, en retour d'une autre. Donnez-moi votre couteau pour mon canif. Il n'a pas voulu me le donner pour moins de six francs, à moins de six francs. On donne cela, cela se donne partout au plus bas prix. On lui donne pour cela mille francs, le logement et la nourriture. Donner des appointements. Combien donnez-vous à vos domestiques par mois? Combien voulez-vous que je vous en donne? Je n'en veux pas donner plus de trente francs.
Par exagération et fam., Je n'en donnerais pas un sou, un fétu, Je ne fais aucun cas de cela, je n'en donnerais pas le moindre prix.
Par exagération, Je donnerais tout au monde, je donnerais dix ans de ma vie, je donnerais je ne sais combien, je ne sais quoi, pour que cela fût, pour que cela ne fût pas, se dit quand on veut exprimer que l'on serait disposé à faire de grands sacrifices pour qu'une chose fût ou ne fût pas. On dit de même Que ne donnerais-je pas pour le revoir, pour le sauver!
Il signifie encore Fournir, surtout en parlant de Garanties, de gages, de preuves. Donner des assurances, des gages, des sûretés. Donner des otages. Donner caution. Donner un répondant. Donnez-nous-en la preuve.
Donner assurance, Assurer quelqu'un de quelque chose.
Donner des preuves, des marques, Manifester, faire connaître par les effets. Il a donné des preuves de son courage, des marques de sa fidélité. On dit de même Donner des témoignages d'estime, d'amitié.
Donner des signes d'embarras, d'inquiétude, d'impatience, Paraître inquiet, troublé, impatient.
Donner, ne pas donner signe de vie, des signes de vie. Voyez SIGNE.
Donner lieu, sujet, occasion, matière à faire, à défaire quelque chose, Fournir le sujet, l'occasion.
Il se prend aussi pour Présenter, offrir. Donner à boire. Donnez-nous à manger. Donner des sièges. Donnez-moi un couteau, une serviette. On ne donne plus de billets au bureau.
Donner une chose pour une autre, au lieu d'une autre. Donnez-moi mes habits. Donner un bouillon. Donner de l'avoine à un cheval. Donner à boire et à manger signifie Tenir auberge. Ici on donne à boire et à manger.
Fig. et fam., Donner des verges pour se fouetter, pour se faire fouetter. Voyez VERGE.
En termes de jeux de Cartes, Donner les cartes, ou simplement Donner, Distribuer aux joueurs le nombre de cartes qu'il faut à chacun d'eux. À qui est-ce à donner? Je viens de faire, c'est à vous de donner.
Fig., Donner beau jeu. Voyez BEAU.
Donner beau, la donner belle. Voyez BEAU.
Donner la main à une entreprise. Voyez MAIN.
Donner la main à une femme. Donner sa main. Donner le bras. Voyez MAIN, BRAS.
Fig., Donner les mains à quelque chose. Voyez MAIN.
Donner un dîner, une soirée, une fête, une matinée musicale, dansante, un bal, un concert, la comédie, Offrir à des invités un dîner, une fête, un bal, etc. On dit dans le même sens Donner à dîner, à souper.
Donner une pièce de théâtre, La représenter devant le public. Que donne-t-on aujourd'hui à ce théâtre? La Comédie-Française donnera demain " Britannicus " et " le Médecin malgré lui ".
Donner une pièce de théâtre signifie aussi La faire représenter. Racine a donné " Britannicus " en 1669.
Donner une conférence, un sermon, Prononcer devant un auditoire une conférence, un sermon.
Donner un livre, un ouvrage au public, Le publier, le faire imprimer. Il a donné une relation de son voyage.
Fam., Donner le bonjour, le bonsoir. Voyez BON.
Se donner en spectacle. Voyez SPECTACLE.
Fig., Donner une personne ou une chose pour telle ou telle, comme telle ou telle, L'annoncer, la présenter comme telle. Je vous donne cet homme-là pour le plus grand fourbe. Il me l'a donné pour ce qu'il y avait de meilleur, comme ce qu'il y avait de meilleur. Se donner pour riche, pour savant, Se faire passer pour riche, pour savant. Se donner pour ce qu'on n'est pas.
DONNER se dit aussi, dans un sens particulier, pour Administrer quelque chose. Donner des remèdes. Donner une douche. On lui a donné les sacrements. Donner le viatique, l'extrême- onction.
Il se dit également dans le sens d'Infliger, en parlant de Supplices, de châtiments, de mauvais traitements. Donner la question. Donner le fouet. Donner une pénitence. Donner un pensum. Donner une tâche.
Donner la chasse. Donner chasse. Voyez CHASSE.
Donner un assaut, une bataille, un combat, Livrer un assaut, une bataille. Il résolut de donner l'assaut pendant la nuit. La bataille se donna le troisième jour.
Il signifie encore Diriger, appliquer l'action, l'impression, l'effet de quelque chose sur un objet. Donner un coup de poing, un coup de pied, un soufflet. Donner un baiser. Donner atteinte, une atteinte. Donner un coup de sabre, de baïonnette. Donner un coup de bistouri, de lancette.
Fam., Donner un coup de pied jusqu'à cet endroit. Donner un coup de rabot, un coup de lime, un coup de balai, un coup de peigne, etc. Voyez COUP.
Donner un coup de collier; Donner un coup d'épaule; Donner un coup de main. Voyez COLLIER, COUP, MAIN.
Il signifie en outre Accorder, octroyer. Donner permission. Donner audience. Il ne saurait vous payer, si vous ne lui donnez du temps. Donner du délai, un délai. Donner du répit. Donner terme. Donner mainlevée. Donner quittance et décharge. Donnez-moi quelque répit. Donnez-lui un peu de repos. Donnez-moi le loisir d'y penser. Donner la préférence. Donner son amitié. Je lui donne ma voix, mon suffrage. Je vous donne gain de cause, ou Je vous donne gagné. Donner des secours. Donner la vie à son ennemi. On lui a donné la place, l'emploi qu'il sollicitait. On lui a donné sa grâce. Il ne m'a pas été donné de voir ce beau jour. Il n'est pas donné à l'homme de tout connaître. Je vous donne la liberté du choix, ou Je vous en donne le choix. Il ne faut rien donner au hasard. Donner trop aux conjectures. Il donne tout à son plaisir.
Donner créance, Croire, ajouter foi. Donner attention, Être attentif, écouter.
Donner parole, donner sa parole. Voyez PAROLE.
Donner congé. Donner à quelqu'un son congé. Voyez CONGÉ.
Fam., Se donner du bon temps. Voyez TEMPS.
Dans un temps donné, dans un espace donné. Pendant une certaine durée, dans un certain espace, que l'on a accordé, octroyé en le fixant, en le déterminant.
En un point donné, Dans un endroit déterminé.
S'en donner à coeur joie. Voyez COEUR.
Donner carrière; Donner cours. Voyez CARRIÈRE, COURS.
Donner sa journée, sa soirée, etc., à quelqu'un, La passer avec lui. Vous êtes bien aimable de nous donner votre soirée.
Donner du temps à quelque chose, Y employer, y consacrer du temps. Donner la matinée aux affaires. Il donne tout son temps à l'étude. Je donne deux heures par jour à ce travail.
Il se dit également en parlant de Ce qu'on expose, qu'on énonce, de ce que l'on communique, de ce que l'on fait connaître par le discours ou autrement. Donner de longs détails. Donner la description de quelque chose. Donner des renseignements de vive voix. Donner des avis, des conseils. Donner son avis, son opinion. Donnez-en un exemple. Donner une explication, des explications. Donner ses raisons. Donner pour prétexte. Donner une réponse. Donner un démenti. Donner le signalement de quelqu'un. Donner des ordres, des instructions. Donner le mot d'ordre, une consigne. Donner avis, donner connaissance de quelque chose. Donner une nouvelle. On dit en des sens analogues Donner la figure d'une plante, d'un animal. Donner la représentation d'un monument. Donner la carte d'un pays. Donner les dimensions d'un objet.
Se donner le mot. Voyez MOT.
Donner un jugement, un arrêt, Rendre un arrêt, porter une sentence, les prononcer.
Il se dit aussi en parlant de Ce qu'on impose ou qu'on prescrit, de ce qu'on établit ou qu'on indique. Donner des lois. Donner des règles. Donner à faire quelque chose à quelqu'un. La leçon que je lui ai donnée à étudier. Le chef d'orchestre donne le mouvement du morceau qui va être exécuté. C'est lui qui donne le ton dans cette société. C'est moi qui en ai donné le plan. Donner un nom à quelqu'un, à une plante, à un animal. Donner un titre à un ouvrage.
Donner ordre à quelque chose, Y pourvoir.
Donner des bornes à ses désirs, à son ambition, Borner ses désirs, son ambition.
Se donner de garde, se donner garde. Voyez GARDE.
Donner exemple, donner l'exemple, Faire quelque chose que les autres font après vous. Donner bon exemple, le bon exemple, le mauvais exemple. Tant de mauvais exemples donnés à cet enfant l'ont perdu.
Donner jour, donner heure, Assigner, marquer un certain jour, une certaine heure. On dit de même Donner rendez-vous, un rendez- vous.
En termes de Procédure, Donner assignation, Assigner par un exploit à comparaître par-devant le juge.
Il signifie aussi Attribuer. Tout le monde lui donne tort. On lui donne un tel pour père. On donne un tel pour amant à cette femme. On lui donne tout le blâme, tout l'honneur, toute la gloire. Se donner l'honneur, la gloire d'une chose qu'on n'a pas faite, et, figurément et familièrement, S'en donner les gants. Voyez GANT.
Quel âge donnez-vous à cette personne? Quel âge croyez-vous qu'elle ait? On ne lui donnerait pas plus de trente ans.
Il signifie encore Causer, procurer, faire avoir. Cette grande fatigue lui a donné la fièvre. Donner du chagrin, du dépit. Donner du plaisir, de la satisfaction, de la joie. Donner de la jalousie, de l'émulation, de l'amour. Cela lui donna envie d'étudier. Donner de l'appétit, du dégoût. Donner des espérances. Cela donna du coeur, du courage aux troupes. Donner de la hardiesse, de l'assurance. Donner de l'éducation à ses enfants. Les manières que donne l'usage du monde. Donner une mauvaise idée, une fausse idée de quelque chose. Donner bonne opinion de soi. Cet arbre donne beaucoup d'ombre. Cette porte nous donne bien du froid. Donner du jour à un appartement. Donner l'être, la vie, le jour. Donner naissance à un schisme. Donner la mort. Donner de l'occupation. Cette affaire lui a donné bien de la peine. Donnez-vous la peine d'entrer. Se donner beaucoup de mal pour réussir. Je veux m'en donner le plaisir. Je me donnerai cette satisfaction. Donner des résultats. Donner prise sur soi. Donner place. L'ascendant, l'autorité que lui donne son grand âge. Cet argument donne plus de force à mon raisonnement. Cela donne plus de prix au bienfait.
Il se dit particulièrement, dans le même sens, en parlant de la Situation, de la forme, de la dimension, de l'apparence, des qualités qu'on fait prendre à une chose par un travail, par une action, par un moyen quelconque. Donner de la pente à un terrain. Donner de l'ampleur à une robe. Donner deux mètres de hauteur à un mur. Donner de la solidité à un édifice. Donner le poli à une pièce de métal. Donner du lustre à une étoffe. Ce peintre donne toujours à ses personnages des attitudes forcées. Donner un tour piquant à la conversation.
Donner une maladie, Communiquer à quelqu'un une maladie contagieuse dont on est atteint.
Donner ses goûts, ses inclinations, son humeur, etc., à quelqu'un, Lui faire contracter les goûts, les inclinations, etc., que l'on a soi- même.
Donner l'alarme. Voyez ALARME.
Donner à courir, à travailler, etc., Mettre dans la nécessité de faire beaucoup de démarches, de courses, de travailler beaucoup, etc.
Donner à penser, à songer, Donner à quelqu'un sujet de penser. Cela lui donna fort à penser.
Donner à rire, Donner sujet de rire par quelque chose de ridicule. Ne croyez-vous pas que, par cette conduite, vous donnez à rire à tout le monde? On dit de même Donner la comédie. Voyez COMÉDIE.
Donner à entendre, Faire entendre, faire comprendre, insinuer. On lui donna à entendre qu'il ferait bien de se retirer.
Donner le branle. Voyez BRANLE.
Se donner l'air gai, l'air triste, l'air humble. Se donner des airs, de grands airs. Voyez AIR.
Se donner de l'air; donner de l'air. Voyez AIR.
Il se dit encore dans un sens particulier qui est analogue au précédent, en parlant de Tout ce qu'une chose fournit, produit ou rapporte. Cette fontaine a cessé de donner de l'eau. Cette source donne de l'eau à toute la ville. Cette plante a donné de nombreux rejetons. Ce pommier donnait autrefois beaucoup de fruits; maintenant il ne donne rien. Ces terres ont donné l'année dernière quarante hectolitres de blé. Cet impôt donne tant annuellement. Les profits que cette entreprise a donnés. Son emploi lui donne de quoi vivre. Absolument, Ce champ a beaucoup donné cette année. Par extension, Le blé, le vin a donné, n'a pas donné. Il se dit également pour Enfanter, procréer. Sa femme lui a donné un fils. Elle lui a donné beaucoup d'enfants. Donner des citoyens à la patrie, des défenseurs à l'État. Fig., Les grands hommes que cette ville a donnés à la France. Cette école a donné des peintres célèbres.
Il s'emploie souvent comme verbe intransitif et signifie Heurter, frapper, toucher. Donner de la tête contre la muraille en tombant. Donner contre un écueil, contre un banc de sable. Donner de la tête contre les murs signifie aussi Se désespérer.
Fig. et fam., Ne savoir où donner de la tête, Ne savoir que faire, que devenir, ne voir aucun remède à ses affaires; ou encore Être très occupé, très affairé ou ne pouvoir suffire à ses occupations.
Donner des éperons à un cheval, donner des deux, Piquer son cheval des deux éperons à la fois, pour lui faire prendre une allure très rapide.
Fig. et fam., Donner de l'encensoir par le nez. Voyez ENCENSOIR.
Le vent donne dans les voiles, Il souffle dans les voiles.
Le soleil donne à plomb, Il darde ses rayons à plomb. On dit dans un sens analogue Le soleil lui donne dans les yeux.
Fig. et fam., Donner dans l'oeil à quelqu'un, Faire une impression vive sur lui par des agréments extérieurs.
Fig. et fam., Donner sur les doigts à quelqu'un. Voyez DOIGT.
En termes de Musique, Donner du cor, Jouer, sonner du cor. Donner de la langue. Voyez LANGUE. On dit dans un sens analogue Donner de la voix.
Il signifie aussi Tomber, se jeter, se porter dans ou à. Donner dans le piège. Donner dans une embuscade. Le brouillard les empêcha de s'apercevoir qu'ils donnaient dans la flotte ennemie. Un navire qui donne à la côte.
Fig. et fam., Donner dans le piège, dans le panneau, Se laisser attraper, tromper. Il a donné dans le panneau qu'on lui avait tendu. On dit aussi, dans le même sens, Donner dedans. On voulut lui faire croire telle chose, il donna dedans. On dit encore Donner dans quelque chose, S'y laisser engager ou déterminer. Il n'est pas homme à donner là-dedans.
Fig. et fam., Donner tête baissée dans quelque chose, S'y porter avec ardeur, sans rien examiner, sans rien craindre. Aussitôt qu'on lui eut proposé cette affaire, il y donna tête baissée. Cela se dit aussi d'une Personne qui donne complètement dans un piège.
En termes de Guerre, Donner sur les ennemis, ou, absolument et plus ordinairement, Donner, Aller à la charge contre l'ennemi. Ces troupes n'avaient pas encore donné. Le général fit donner l'aile gauche, la cavalerie.
Fig., Donner dans un ridicule, Y tomber. Donner dans le ridicule, Se rendre ridicule. Donner dans le jeu, dans le luxe, dans la dépense, Se livrer au goût du jeu, du luxe. On dit de même Donner dans la dévotion.
Il signifie encore Avoir vue sur. Mes fenêtres donnent sur la rue.
Il signifie également Avoir issue. Ma maison donne d'un côté dans telle rue, et de l'autre dans un passage.
ÉTANT DONNÉ et ÉTANT DONNÉ QUE se disent à propos d'une chose reconnue par tous comme certaine, indéniable. Étant donné sa stupidité, on ne pouvait attendre autre chose de lui.
DONNEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui donne. Donneur d'avis, de conseils. Grand donneur de compliments.
Donneur d'eau bénite. Voyez BÉNIR.
DONT
Pronom relatif des deux nombres et des deux genres
. De qui, duquel, de quoi. Dieu, dont nous admirons les oeuvres. La nature, dont nous ignorons les secrets. Les pays dont nous n'avons point de connaissance. L'affaire dont je vous ai entretenu. C'est vous, et non lui, dont il s'agit. Ce dont je vous ai parlé. Il n'est rien dont je sois plus certain. La maladie dont il est mort. De l'humeur dont elle est. La matière dont une chose est faite.
On l'emploie aussi dans le sens de Par lequel. Le coup dont il fut frappé.
Il a quelquefois le sens adverbial de D'où, notamment pour marquer la descendance. La maison dont il prétend être issu. La famille dont je descends.
DONZELLE
n. f.
Femme ou fille peu estimable. Il est familier.
DORADE
n. f.
Sorte de poisson de mer, qui a des écailles de couleur d'or.
DORÉNAVANT
adv. de temps
. À l'avenir, à partir du moment actuel. Il veut que dorénavant il y ait plus d'ordre dans sa maison. Je serai dorénavant plus circonspect. Je suis résolu de vivre dorénavant dans la retraite.
DORER
v. tr.
Revêtir un objet d'une mince couche d'or. Dorer un calice, de la vaisselle, un plafond, le cadre d'un tableau. Dorer sur cuir. Dorer à petits fers, à petits filets. Dorer au feu. Dorer au mercure. Un livre doré sur tranche. Le vermeil est de l'argent doré.
En termes de Pharmacie, Dorer une pilule, La recouvrir d'une mince feuille d'or pour qu'on puisse la prendre sans en sentir le goût. Fig. et fam., Dorer la pilule, Employer des paroles flatteuses pour déterminer une personne à faire ou à accepter quelque chose qui excite sa répugnance. On lui a si bien doré la pilule qu'il s'est résolu à faire ce qu'on voulait. Il signifie aussi Consoler d'une disgrâce, d'un refus, en l'accompagnant de promesses et de paroles bienveillantes. On lui a doré la pilule pour lui adoucir ce refus. Il sait dorer la pilule.
Poétiq. et fig., Le soleil dore la cime des montagnes, des arbres, Il l'éclaire de ses rayons. Cela se dit surtout du Soleil quand il se lève ou quand il se couche. On dit aussi Le soleil dore les moissons, Le soleil jaunit les moissons, en les faisant mûrir; et dans un sens analogue, Les moissons commencent à se dorer.
En termes de Pâtisserie, il signifie Revêtir d'une couche de jaune d'oeuf délavé. Dorer un pâté, un gâteau.
Le participe passé DORÉ, ÉE, se dit adjectivement des Choses qui sont d'un jaune brillant. Des cheveux d'un blond doré. Du pourpier doré. Des carpes dorées. On dit de même Un jaune doré.
Fig., Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, se dit de Quelqu'un qui a la parole facile, élégante, propre à séduire.
Fig., Vers dorés, Vers sentencieux attribués à Pythagore.
La légende dorée, L'histoire des saints écrite par Jacques de Voragine.
DOREUR, EUSE
n.
Celui, celle dont le métier est de dorer. Doreur sur bois, sur métaux. Doreur de livres.
DORIQUE
adj. des deux genres
. T. d'Architecture
. L'ordre dorique ou, par ellipse, le dorique, L'un des cinq ordres d'architecture antique. Une colonne d'ordre dorique, ou Une colonne dorique. L'entablement dorique a sa frise ornée de triglyphes et de métopes.
DORLOTER
v. tr.
Soigner délicatement et avec une tendresse complaisante. Cette mère dorlote son enfant. C'est un homme qui se dorlote, qui aime à se dorloter. Il est familier.
DORMANT, ANTE
adj.
Qui dort. Il s'emploie surtout au figuré et se dit des Choses qui sont de nature à se mouvoir, à être mues, et qui cependant restent arrêtées ou fixées en quelque endroit. Eau dormante, Eau qui ne coule point, comme celle des fossés, des marais, des étangs; Fenêtre dormante, châssis dormant, Fenêtre, châssis qui ne s'ouvre point; Pont dormant, Pont qui ne se lève point; Pêne dormant, Pêne qui ne peut s'ouvrir ni se fermer qu'avec la clef; Ligne dormante, Ligne qui demeure fixée dans l'eau, sans que le pêcheur la tienne; Manoeuvres dormantes, Manoeuvres d'un navire qui ne sont jamais dérangées, telles que les haubans.
Il se dit, comme nom masculin, du Châssis fixe et immobile auquel tient et dans lequel vient s'emboîter une porte ou le châssis mobile d'une croisée. Un dormant de croisée. Poser, sceller un dormant.
DORMEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui aime dormir. Il faut réveiller ce dormeur. C'est un grand dormeur. Adjectivement, La marmotte est un animal dormeur.
Le féminin DORMEUSE se dit d'une Chaise longue disposée de manière qu'on peut s'y étendre comme dans un lit et y dormir à son aise.
Il se dit aussi de Boucles d'oreilles dont la perle ou le diamant est monté sur un pivot et fixé par un écrou.
DORMIR
(Je dors; nous dormons. Je dormais. Je dormis. Je dormirai. Dors. Que je dorme. Que je dormisse. Dormant. Dormi.)v. intr.
Être dans le sommeil. Dormir d'un profond sommeil. Il ne dort ni jour, ni nuit. Il dort profondément. Avoir envie de dormir. Faire semblant de dormir. Dormir sur un lit, sur un canapé, dans un fauteuil.
Dormir d'un bon somme, de bon somme, Dormir d'un sommeil tranquille.
On dit aussi, transitivement, Dormir un bon somme. Dormez votre sommeil.
Fam., Dormir la grasse matinée, Dormir bien avant dans le jour, se lever fort tard.
Par exagération, Dormir debout, tout debout, Éprouver le besoin du sommeil au point de s'assoupir même sans être couché ou assis.
Conte à dormir debout. Voyez CONTE.
Prov. et fig., Qui dort dîne, Le sommeil tient lieu de nourriture.
Fig., Le bien, la fortune lui vient en dormant, se dit en parlant d'une Personne qui devient riche sans rien faire.
Éveiller le chat qui dort. Voyez CHAT.
Fig. et fam., Cette toupie, ce sabot dort, se dit d'une Toupie, d'un sabot qui tourne si vite que le mouvement en est imperceptible.
Pop., Dormir comme un sabot, Dormir profondément et sans aucun mouvement.
Fam., Dormir comme une marmotte, Dormir longtemps et profondément. On dit de même Dormir comme un loir.
Fig. et fam., Dormir sur les deux oreilles, Être en pleine sécurité. Je veillerai à votre affaire, dormez sur les deux oreilles.
Fig. et fam., Ne dormir que d'un oeil, Être sur le qui-vive. Ou dit aussi Dormir les yeux ouverts.
Fig. et fam., Il n'en dort pas, se dit de Quelqu'un qui est tenu en éveil par une vive espérance ou une crainte incessante.
Fig., Laisser dormir ses capitaux, ses fonds, Ne pas les faire valoir. Laisser dormir un ouvrage, Le garder pendant quelque temps, pour en juger mieux quand l'imagination sera refroidie. Laisser dormir une affaire, Ne pas y donner suite, ne pas la réveiller.
Il se dit encore figurément des Eaux qui n'ont point de mouvement, ou dont le mouvement est imperceptible. Il fait beau pêcher où l'eau dort.
Prov. et fig., Il n'y a pire eau que l'eau qui dort, se dit de Quelqu'un qui cache ses desseins, sa vraie nature.
DORMITIF, IVE
adj.
T. de Médecine
. Qui provoque le sommeil. Une potion dormitive. Substantivement, L'opium est un dormitif. Fig. et ironiquement, Une éloquence dormitive.
DORSAL, ALE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui appartient au dos. L'épine dorsale. La région dorsale. Les vertèbres dorsales. Les muscles dorsaux. On dit aussi comme nom masculin Le grand dorsal, Le muscle grand dorsal.
La région dorsale du pied, de la main, Celle qui occupe le dos du pied, de la main.
DORTOIR
n. m.
Grande salle où l'on couche, garnie de plusieurs lits et qui se trouve dans les communautés religieuses, les maisons d'éducation ou dans certains hospices. Les dortoirs d'un lycée.
DORURE
n. f.
Couche d'or fort mince appliquée sur la superficie de quelque ouvrage. Les dorures d'un plafond. Dorure sur tranches.
Il se prend aussi pour la Manière de dorer. Dorure à l'huile. Dorure en détrempe. Dorure au feu.
DOS
n. m.
Partie du corps de l'homme ou de l'animal, depuis le cou jusqu'aux reins. Il était couché sur le dos. Dos courbé, voûté. Porter un homme sur son dos. On lui lia les mains derrière le dos. Dos à dos. Le dos d'un cheval, d'un mulet, d'un âne.
En termes militaires, Mettre sac au dos, S'apprêter à partir. Soldats, sac au dos.
Fig. et fam., Avoir le dos au feu et le ventre à table, ou Être le dos au feu et le ventre à table, Prendre toutes ses aises en mangeant.
Fam., Faire le gros dos, se dit des Chats lorsqu'ils relèvent leur dos en bosse.
Fig. et fam., Plier le dos, Céder, se résigner à ce qui arrive de fâcheux.
Fig., Tendre le dos aux coups. Voyez TENDRE.
Fig. et fam., Porter quelqu'un sur son dos, En être importuné, fatigué. Avoir toujours quelqu'un sur le dos, En être sans cesse obsédé, poursuivi.
Très fam., Avoir plein le dos d'une personne ou d'une chose, Être excédé de cette personne ou de cette chose.
Fig. et fam., Mettre tout sur le dos de quelqu'un, Se décharger sur lui de toute la responsabilité, de tout le blâme, rejeter sur lui tous les torts. On dit dans un sens analogue, Battre quelqu'un sur le dos d'un autre, Faire retomber indirectement sur quelqu'un les reproches que l'on adresse à une autre personne.
Fam., Tourner le dos à quelqu'un, Tourner le dos du côté où il a le visage, lui présenter le dos. Il se dit, figurément et familièrement, lorsqu'on quitte quelqu'un et qu'on le laisse là par mépris, par indignation, ou lorsqu'on abandonne ses intérêts. Dans la mauvaise fortune, la plupart des amis vous tournent le dos. Tourner le dos aux ennemis, à l'ennemi, ou, simplement, Tourner le dos, Fuir. Il tourne le dos à l'endroit où il veut aller, se dit d'un Homme qui, au lieu d'aller où il veut, prend un chemin tout opposé. Tourner le dos signifie encore S'en aller. Vous n'aurez pas tourné le dos, vous n'aurez pas le dos tourné qu'il ne se souviendra plus de vous. Fig. et fam., Avoir bon dos, se dit de Quelqu'un à qui l'on attribue toutes les sottises qui se disent, toutes les fautes qui se font.
Fig. et fam., Avoir quelqu'un à dos, se mettre quelqu'un à dos, L'avoir pour ennemi, s'en faire un ennemi. Se mettre tout le monde à dos.
Fig. et fam., Renvoyer des gens dos à dos, Renvoyer chacune de leur côté deux personnes qui sont en différend, sans donner à l'une aucun avantage sur l'autre.
Fig. et fam., Le dos lui démange, se dit d'une Personne qui fait tout ce qu'il faut pour qu'on en vienne à la battre.
En dos d'âne. Voyez ÂNE.
Il désigne aussi, par analogie, la Partie de certaines choses qui, par sa destination, par sa position ou par sa forme, offre quelque rapport avec le dos de l'homme ou de l'animal. Le dos d'un habit, d'une robe, La partie d'un habit, d'une robe qui sert à couvrir le dos; Le dos d'une chaise, d'un fauteuil, etc., La partie d'une chaise, etc., contre laquelle on s'appuie le dos. Le dos d'un couteau, Partie opposée au tranchant. Le dos d'un livre, Partie opposée à la tranche et sur laquelle on met ordinairement le titre. Dos brisé, se dit d'une Reliure faite de telle sorte que le livre que l'on ouvre ne se referme pas de lui-même. Le dos d'un papier, d'un billet, d'un acte, etc., Le revers. Mettre sa signature au dos d'un chèque. Le dos de la main, Le côté extérieur de la main, la partie opposée à la paume de la main.
DOSABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être dosé.
DOSAGE
n. m.
T. didactique
. Action de doser.
DOSE
n. f.
T. didactique
. Quantité et proportion déterminées des ingrédients qui entrent dans la composition d'un remède. On ne saurait bien composer un remède, si on n'en connaît la dose. Prescrire la dose.
Il signifie plus ordinairement Quantité de chacun des ingrédients qui entrent dans un remède. On a mis là-dedans une trop forte dose d'opium.
Il se dit également en parlant des Choses qui entrent dans un composé quelconque. Dans le métal dont on fait les cloches, on met une certaine dose de zinc. La dose de sel, de poivre, qu'on doit mettre dans une sauce. Fig., Avoir une forte dose d'amour-propre.
Il se dit encore de Chaque prise d'un remède, de la quantité qu'on en doit prendre en une fois. Prendre de la quinine à forte dose, à haute dose. Augmenter la dose.
DOSER
v. tr.
T. didactique
. Régler la quantité et la proportion des ingrédients qui entrent dans une composition médicinale. Cette médecine est bien dosée. Savoir doser. Fig., Cet orateur a su habilement doser la critique et l'éloge.
DOSIMÉTRIE
n. f.
T. de Médecine
. Méthode thérapeutique qui repose sur l'emploi de substances chimiques très pures et soigneusement dosées.
DOSSIER
n. m.
Partie d'un siège contre laquelle on appuie le dos. Le dossier d'une chaise, d'un banc, d'un canapé.
Il se dit aussi d'un Assemblage, d'une liasse de pièces relatives à une même affaire, à un même objet. On l'emploie particulièrement en parlant des Pièces d'un procès ou de Documents d'archives. Le dossier d'une procédure. L'étiquette d'un dossier. Examiner un dossier. Dépouiller un dossier. Étudier le dossier d'une affaire. Communiquer le dossier à l'avocat de la partie adverse.
En termes d'Administration, il se dit, par extension, d'un Ensemble de pièces concernant telle ou telle personne. Le dossier d'un fonctionnaire. Il y a une pièce importante dans son dossier.
DOT
n. f.
Le bien qu'une femme apporte en mariage à son époux et Celui qu'un époux apporte à sa femme. Avoir une belle dot. Apporter une dot considérable. Fournir une dot. Assigner la dot. Donner en dot. Elle n'apporte rien en dot. Se marier sans dot. Coureur de dot.
Il se dit particulièrement, surtout en termes de Jurisprudence, du Bien qui reste la propriété de la femme, quoique le mari en partage la jouissance et en ait l'administration. Des biens constitués en dot. Constitution de dot. Les immeubles qui font partie de la dot ne peuvent être aliénés ou hypothéqués qu'en certains cas. La dot peut comprendre tous les biens présents et à venir de la femme. Restitution de dot.
Il se dit, par analogie, de l'Apport que fait une fille au couvent où elle entre en religion.
DOTAL, ALE
adj.
T. de Jurisprudence
. Qui a rapport à la dot. Il ne se dit guère qu'en parlant d'une Dot qui reste la propriété de la femme, quoique le mari en partage la jouissance et en ait l'administration. Constitution dotale. Bien, fonds dotal. Deniers dotaux.
Régime dotal, Régime matrimonial usité surtout dans les pays de Droit romain, et dont le caractère principal est que la dot de la femme ne peut pas être aliénée pendant le mariage. Se marier sous le régime dotal. Se soumettre au régime dotal.
DOTATION
n. f.
Action de doter un établissement d'utilité publique, un corps, etc.; ou le Fonds, le revenu assigné à cet effet. Il a laissé tant pour la dotation de cette église. La dotation de la Légion d'honneur. La dotation de cet hôpital est en fonds de terre.
Il se disait aussi des Biens ou revenus attribués, à titre de récompense nationale, à certains personnages de l'État.
DOTER
v. tr.
Pourvoir d'une dot. Ce père a richement doté sa fille.
Il se dit, par analogie, en parlant des Filles qui se font religieuses. Cette fille en entrant en religion a été dotée de cinquante mille francs.
Il signifie encore Pourvoir d'un revenu un établissement d'utilité publique, un corps, etc. Doter une église, un monastère. Doter un hôpital, un collège.
Il signifie figurément Favoriser, gratifier de quelque chose d'avantageux. Les qualités dont la nature l'avait doté.
DOUAIRE
n. m.
T. de Droit ancien
. Ce que le mari donnait à sa femme en faveur du mariage qu'il contractait et pour qu'elle en jouît en cas de survivance. Assigner le douaire.
DOUAIRIÈRE
n. f.
Veuve qui jouissait d'un douaire.
Il se dit aussi par extension, dans les familles aristocratiques, d'une Veuve ayant un fils devenu chef de famille. La duchesse douairière. La marquise de X. douairière.
DOUANE
n. f.
Administration chargée de percevoir à la frontière les droits imposés sur l'entrée et la sortie des marchandises et de veiller à ce que les importations ou les exportations prohibées n'aient pas lieu. Directeur général des douanes. Acquitter les droits de douane. La douane du Havre. Les préposés de la douane. Les bureaux, les magasins de la douane. Consigner en douane.
Il se dit également du Lieu, de l'édifice où une douane est établie. Aller à la douane. Les colis furent saisis à la douane.
Ligne de douanes, Ligne de bureaux de douane établis sur la frontière d'un pays. On dit aussi Chemin de douane.
Il se dit encore des Droits de douane. Payer la douane. Augmenter les douanes. En matière de douanes. Objets soumis à la douane, qui paient la douane.
DOUANIER, IÈRE
adj.
Qui se rapporte aux douanes. Politique douanière. Convention douanière. Union douanière.
DOUANIER
n. m.
Agent préposé à l'application des lois et règlements de la douane et embrigadé militairement. Les douaniers procédèrent à la visite de nos bagages.
DOUAR
n. m.
Mot arabe. Groupe de tentes disposées en cercle, de façon à remiser les troupeaux dans l'espace laissé libre au centre.
Par extension, il signifie Groupe de familles obéissant à un chef en formant une fraction de la tribu.
DOUBLAGE
n. m.
T. de Marine
. Revêtement de feuilles de cuivre, ou de planches, qu'on applique aux bâtiments destinés à des voyages de long cours.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, de l'Action de doubler. Le doublage des fils dans un tissage.
Il se dit encore de l'Action de pourvoir d'une doublure. Le doublage d'un vêtement.
DOUBLE
adj. des deux genres . Qui vaut, qui pèse, qui contient deux fois autant. Double portion. Double dose. Double charge. Une valeur, une force double d'une autre. Celui qui néglige de faire enregistrer un acte dans le délai prescrit paie double droit. Double décime. Voyez DÉCIME. Payer double prix, ou elliptiquement Payer double.
Il signifie par extension Qui est composé de deux choses pareilles, ou analogues entre elles, ou seulement de même nature, de même espèce. Feuillet double. Fruit double. Le calice de cette fleur est double. Les objets lui paraissent doubles. Un double rang de colonnes. Une double rangée d'arbres. Corps de logis double. Cette maison a une double entrée. Double porte. Double croisée. Double châssis. Double semelle. Une boîte à double fond. Nouer à double noeud. Fermer une porte à double tour. Il lui fallut répondre à cette double accusation. La double autorité qu'il exerce.
Mot, phrase à double entente. Voyez ENTENTE.
En termes de jeu de Domino, Double-as, double-deux, double-trois, etc., Dé sur lequel l'as, le point deux, etc., est répété.
Acte double, Celui dont on fait deux originaux semblables, pour en laisser un entre les mains de chacune des parties intéressées. On met à la fin de pareils actes : Fait double entre nous.
En termes de Commerce et de Banque, Tenue des livres en partie double, Manière de tenir les livres qui consiste à reconnaître à la fois un débiteur et un créancier, dans la rédaction d'un article quelconque, soit de recette, soit de dépense. On dit dans le même sens Tenir les livres en partie double. Comptes en partie double.
En termes de Comptabilité, Double emploi. Voyez EMPLOI.
En termes de Botanique, Fleur double, Celle qui a acquis par la culture un plus grand nombre de pétales qu'elle n'en aurait eu dans l'état naturel. Un cerisier à fleurs doubles. Des jacinthes, des violettes doubles.
En termes de Médecine, Fièvre double; Fièvre double-quarte; Fièvre double-tierce se disait autrefois de Certaines formes de la fièvre intermittente.
En termes de Musique, Double croche, Note qui ne vaut que la moitié d'une croche et dont la queue porte deux barres ou crochets. Intervalle double, Intervalle qui excède l'étendue de l'octave.
Faire coup double. Voyez COUP.
Fam., Mettre les bouchées doubles, Manger à la hâte. Il signifie aussi figurément Exécuter hâtivement, précipitamment une besogne urgente.
Il se dit figurément des Choses plus fortes, de qualité supérieure, de vertu plus efficace que les autres choses de même nature. Encre double. Double bière. Eau de fleurs d'oranger double.
Fêtes doubles, se dit, dans les Rubriques ecclésiastiques, de Certaines fêtes dont l'office est plus solennel que celui des autres; et on appelle Fêtes semi-doubles Celles qui tiennent le milieu entre les fêtes doubles et les simples.
Il signifie figurément Qui a de la duplicité. C'est un homme double. Méfiez-vous de cette femme, c'est un caractère double. C'est une âme double. On dit dans le même sens C'est un homme à double face. Il joue double jeu.
Il est aussi nom masculin et signifie Toute chose qui équivaut à deux fois ce qu'elle était ou à deux fois une autre chose. Ce nombre est le double de tel autre. Sa fortune est augmentée du double. Plus du double. Gagner, perdre le double. Payer le double. Être condamné au double.
Jouer quitte ou double. Voyez QUITTE.
Il désigne aussi une Chose semblable, symétriquement pareille. Le double d'un acte, d'un traité, d'une note, etc., L'un des originaux, ou seulement La copie d'un acte, d'un traité, etc. Double de compte, Celui des originaux de compte que le comptable garde entre ses mains.
Le double du Grand Livre de la Dette publique. On dit aussi DUPLICATA.
Avoir des doubles dans sa bibliothèque, dans son herbier, etc., Avoir deux ou plusieurs exemplaires du même ouvrage, deux ou plusieurs échantillons d'une même plante, etc.
Faire apprendre un rôle en double, Le faire apprendre à l'acteur qui doit le jouer et à un autre qui puisse le remplacer en cas de besoin.
Mettre une chose en double, La replier sur elle-même. Mettre une serviette en double, du linge en plusieurs doubles.
En termes d'Histoire ancienne, il désignait le Corps impalpable qui, selon la croyance des anciens Égyptiens, s'échappait du corps matériel au moment de la mort.
Elliptiquement, AU DOUBLE, Une fois plus. Payer, acheter au double, Je vous le rendrai au double. On dit plutôt aujourd'hui Payer double. Voir double, Voir les objets comme s'ils étaient doubles.
DOUBLÉ
n. m.
Soudure sur un métal commun d'une mince couche d'or, d'argent ou d'un autre métal précieux. Bague en doublé. Voyez PLAQUÉ.
DOUBLEAU
n. m.
T. de Charpenterie
. Solive d'un plancher plus forte que les autres.
DOUBLEMENT
adv.
D'une manière double. Il est doublement coupable. Il en est doublement puni. Doublement obligé.
DOUBLEMENT
n. m.
Action de doubler. Doublement des consonnes.
En termes militaires, il se dit de l'Action de doubler les rangs des soldats. Doublement des files.
DOUBLER
v. tr.
Rendre double; mettre le double, augmenter d'une fois autant, multiplier par deux. Doubler le nombre. Doubler la dépense. Doubler la somme. Doubler ses capitaux. Doubler la dose. Fig., Il double ses torts envers moi. Ce compliment se double d'une épigramme.
En termes militaires, Doubler les rangs, Mettre sur deux rangs des soldats qui n'étaient que sur un seul, sur quatre rangs les soldats qui étaient sur deux.
Doubler l'étape, Faire deux étapes au lieu d'une dans la même journée.
En termes de Musique, Doubler les parties, Faire exécuter chacune des deux parties d'un morceau de musique par deux voix ou deux instruments à l'unisson ou à l'octave.
En termes de jeu de Billard, Doubler la bande, Frapper la bande avant de frapper la bille. Dans cette acception, le participe passé s'emploie comme nom. Jouer au doublé.
En termes de Chasse, Faire un doublé, se dit pour Tuer coup sur coup deux pièces de gibier.
Doubler le pas, Marcher plus vite.
En termes de Marine, Doubler le sillage, Faire plus de chemin. Doubler les manoeuvres, En augmenter le nombre, afin que, si l'une est rompue, une autre puisse la remplacer. Par extension, Doubler un cap, une pointe de terre, Passer au-delà d'un cap, d'une pointe de terre. Doubler un autre bâtiment, Le surpasser en vitesse, le devancer. Il se dit aussi de Tout véhicule qui en dépasse un autre.
En termes de Théâtre, Doubler un rôle, un acteur, Jouer un rôle au défaut de l'acteur qui en est chargé en premier.
Il signifie aussi Mettre double et Mettre en double. Doubler du fil, de la laine, de la soie. Il signifie aussi Appliquer une étoffe contre l'envers d'une autre. Doubler un manteau, une robe, une jupe. Doubler de soie, de toile, de taffetas.
Il s'emploie aussi en termes de Reliure. Une reliure en maroquin doublé. Une reliure doublée de moire.
En termes de Marine, Doubler des voiles, Les fortifier par de nouveaux lés de toile cousus sur ceux dont elles sont déjà composées.
DOUBLER s'emploie aussi intransitivement, dans le sens de Devenir double. Leur nombre a plus que doublé.
En termes d'Escrime, il signifie Après avoir dégagé, tromper la parade de contre.
DOUBLET
n. m.
Faux brillant formé de deux morceaux de cristal mis l'un sur l'autre, avec une feuille colorée entre deux, pour imiter les émeraudes, les rubis, etc. Ce n'est pas une émeraude, c'est un doublet.
En termes de Linguistique, il se dit de Mots ayant la même étymologie et ne différant que par quelques particularités d'orthographe et de prononciation, mais auxquels l'usage a donné des acceptions différentes. Les mots digital et dé, hôpital et hôtel, sacrement et serment, rédemption et rançon, captif et chétif, natif et naïf sont des doublets.
DOUBLETTE
n. f.
T. de Musique
. Un des jeux de l'orgue, qui sonne deux octaves au- dessus du diapason normal.
DOUBLEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui, dans les fabriques, double la laine, la soie, etc.
Il se dit aussi de l'Ouvrier qui fabrique du doublé.
DOUBLON
n. m.
Monnaie d'or espagnole.