Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Fonds
n. m.
Le sol d'une terre, d'un champ, d'un domaine. Cultiver un fonds. Bâtir sur son fonds.
Biens-fonds se dit des Biens immeubles, comme les terres, les maisons. Être riche en biens-fonds.
Fonds dotal, Immeuble constitué en dot à la femme.
Le fonds et le tréfonds, Le fonds et tout ce qui en dépend. Vendre le fonds et le tréfonds, Fig. et fam., Savoir le fonds et le tréfonds d'une affaire, La posséder parfaitement.
Il se dit encore d'un Établissement industriel ou commercial, avec ce qui en dépend comme marchandises, ustensiles, clientèle et bail. Ce marchand a vendu son fonds et s'est retiré des affaires. Fonds de commerce. Un fonds de boulanger, d'épicier, de bijoutier, etc. Il a un excellent fonds de librairie.
Il se dit figurément de Ce qu'une personne a d'essentiel dans ses qualités naturelles ou acquises. Cela prouve un grand fonds de savoir, un grand fonds d'érudition. Cela part d'un fonds de probité. Il n'a point tiré cela de son propre fonds. J'ai pour lui un grand fonds d'estime. Un excellent fonds de santé.
Il se dit quelquefois, figurément, d'une Science, d'une matière, d'un sujet, par rapport à ce qu'ils peuvent fournir de ressources ou offrir de résultats. C'est un fonds très riche et qu'on n'a point encore exploité.
Il se dit aussi de Sommes plus ou moins considérables destinées à quelque chose. Le fonds du Trésor, de la Banque. Les fonds destinés pour la guerre, pour les bâtiments, pour l'artillerie, pour la marine. N'avoir point de fonds pour payer. Employer les fonds. C'est moi qui ferai les fonds de cette entreprise. Fonds social. Verser des fonds dans une caisse, à une caisse. Des fonds destinés à l'amortissement de la dette publique. Bailleur de fonds. Appel de fonds. Détournement de fonds. Fonds de réserve. Fonds de garantie. Fonds de prévoyance.
Il se dit quelquefois familièrement, au pluriel, d'un Avoir, d'un pécule en argent. Être en fonds. Avoir des fonds. Mes fonds sont bas. Ses fonds commencent à baisser. Placer avantageusement ses fonds.
Fonds publics, ou Fonds, Les titres de rentes créés par les États et cotés à la Bourse; les titres créés par les caisses publiques et aussi le Prix de ces titres. Spéculer sur les fonds publics. Les fonds ont baissé. Cette nouvelle a fait monter les fonds.
Placer, mettre son argent à fonds perdu, Placer son argent en viager, c'est-à-dire à condition d'en recevoir sa vie durant un intérêt convenu, en abandonnant le capital. On dit dans un sens analogue Donner une maison à fonds perdu. Vendre un bien à fonds perdu.
FONDUE
n. f.
T. de Cuisine
. Mets qui se fait avec du fromage fondu au feu.
FONGIBLE
adj. des deux genres
. T. de Jurisprudence
. Qui peut être remplacé par une chose de même nature, comme sont toutes celles qui se consomment par l'usage, et qui se règlent par nombre, poids ou mesure. Le blé, le vin, l'huile, etc., sont des choses fongibles. Une chose peut devenir fongible d'après la convention des parties.
FONGOSITÉ
n. f.
T. de Médecine
. Sorte de végétations qui se produisent à la surface d'une plaie ou d'une cavité naturelle et qui ont l'aspect d'une masse molle et friable.
FONGUEUX, EUSE
adj.
T. de Médecine
. Qui est de la nature du fongus. Chairs fongueuses. Ulcère fongueux.
FONGUS
(On prononce l'S.)n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Champignon, et spécialement Champignon de mer.
Il se dit, en termes de Médecine, d'une Tumeur qui offre l'aspect microscopique d'une éponge ou d'un champignon et qui s'élève sur la peau ou sur quelque autre membrane, sur une plaie, sur un ulcère. Un fongus de nature cancéreuse.
FONTAINE
n. f.
Eau vive qui sort de terre. La source d'une fontaine. Le bassin d'une fontaine. Les bords d'une fontaine. Aller à la fontaine. Puiser à la fontaine. Eau de fontaine. Une fontaine jaillissante. Fontaine intermittente.
Fontaine de Jouvence, Fontaine fabuleuse, qu'on suppose avoir la vertu de rajeunir. On dit figurément Il a été à la fontaine de Jouvence, ou Il a bu de l'eau de la fontaine de Jouvence, en parlant d'une Personne qui paraît rajeunie.
Prov. et fig., Il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau, Il ne faut jamais assurer qu'on n'aura pas besoin de telle personne ou de telle chose.
Il se dit, par extension, du Corps d'architecture qui sert pour l'écoulement, pour le jeu des eaux d'une fontaine. La fontaine des Innocents. La fontaine Molière. Une fontaine ornée de statues, de vases. Installer une fontaine dans un jardin public, sur une place. Fontaines lumineuses.
Il se dit également d'un Récipient dans lequel on garde de l'eau, pour les usages domestiques. Fontaine de grès. Fontaine de cuivre. Fontaine à filtre. Le robinet d'une fontaine.
Il se dit, en termes de Physique, de Certaines machines d'où l'on lait jaillir un liquide par la pression et la force élastique de l'air, telles que la Fontaine de compression, la Fontaine de Héron, etc.
Fontaine de la tête. Voyez FONTANELLE.
FONTAINIER
n. m.
Celui qui vend des fontaines de grès, de cuivre, etc., pour les usages domestiques.
Il se dit aussi de Celui qui est chargé de conduire et de faire aller les fontaines, de les entretenir, de les faire jouer. Maître fontenier.
FONTANELLE
n. f.
T. d'Anatomie
. Solution de continuité membraneuse comprise entre les os du crâne chez les nouveau-nés.
FONTANGE
n. f.
Noeud de rubans que les femmes portaient autrefois sur leur coiffure.
FONTE
n. f.
Action de fondre ou de se fondre. La fonte des métaux. Remettre à la fonte. La fonte des neiges.
Il se dit particulièrement de l'Action ou de l'art de mouler certains objets qu'on fait avec du bronze ou avec quelque autre métal fondu. La fonte d'une statue, d'un vase. Fonte d'un seul jet. L'opération de la fonte.
Fer de fonte, ou simplement Fonte. Fer fondu, non affiné, tel qu'il sort du haut fourneau. Fonte brute. Fonte moulée. Ouvrage de fonte. Marmite de fonte. Tuyau de fonte.
Il se disait également d'une Certaine composition de métaux dont le cuivre faisait la principale partie. Canon de fonte. Mortier de fonte. Pièce de fonte.
En termes d'Imprimerie, il se dit de l'Ensemble de toutes les lettres et de tous les signes composant un caractère complet de telle ou telle grosseur. Une nouvelle fonte. Une fonte de petit romain, de cicéro, etc., ou de neuf, de onze, etc. Une fonte de nouveaux caractères. Une fonte toute neuve.
FONTE
n. f.
T. de Sellerie
. Chacun des deux fourreaux de gros cuir que l'on attache à l'arçon d'une selle, pour y mettre des pistolets, des revolvers.
FONTS
n. m. pl.
Grand vaisseau de pierre, de marbre ou de bronze, où l'on conserve l'eau dont on se sert pour baptiser. Bénir les fonts. Les fonts baptismaux. Les fonts de baptême.
Tenir un enfant sur les fonts, En être le parrain ou la marraine.
FOOTBALL
n. m.
Terme emprunté de l'anglais : Balle au pied. Il désigne un jeu composé de deux équipes où un ballon doit être envoyé à un but déterminé et où il est interdit de se servir des mains. On distingue le football association du football rugby où l'usage des mains est autorisé.
FOR
n. m.
T. de Droit ancien
. Juridiction.
Fig., Le for intérieur, Le jugement qu'au fond de soi on porte sur soi-même, le tribunal de la conscience. Je suis sûr que, dans votre for intérieur, vous m'approuvez. Garder son for intérieur.
FORAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action de forer ou Résultat de cette action. Le forage d'un canon. Le forage d'une clef. Par extension, Le forage d'un puits.
FORAIN, AINE
adj.
T. de Jurisprudence
. Qui n'est pas du lieu. Saisie foraine, Saisie opérée sur un débiteur étranger. Audiences foraines, Audiences tenues par le juge de paix, en dehors du chef-lieu de canton.
Il signifie plus souvent Qui accompagne, qui fréquente les foires. Marchand forain. Substantivement, Un forain. Des forains.
FORAIN, nom, désigne en outre les Entrepreneurs de spectacles et jeux divers qui fréquentent les foires ou Ceux qui y figurent.
Fête foraine, Fête publique dans une ville ou dans un village, qui coïncide généralement avec l'époque d'une foire.
FORAMINÉ, ÉE
adj.
T. didactique
. Qui est percé de petits trous. Il se dit de Quelques coquillages.
FORBAN
n. m.
Il signifiait autrefois Pirate, voleur de mer, qui naviguait sans commission d'aucun gouvernement, sans lettre de marque.
Il se dit figurément de Celui qui est capable de tous les méfaits. Ce financier, cet entrepreneur est un forban.
Un forban littéraire, Celui qui s'approprie avec audace des idées, des morceaux qui ne lui appartiennent point.
FORÇAGE
n. m.
T. d'Horticulture
. Action de forcer le développement d'une plante ou Résultat de cette action. Le forçage s'obtient principalement par la chaleur ou par des fumures spéciales.
En termes de Monnayage, il se dit de l'Excédent que peut avoir une pièce au-dessus du poids légal.
FORÇAT
n. m.
Celui qui est condamné aux travaux forcés. Il y a tant de forçats dans ce bagne. Forçat libéré.
Fig., Travailler comme un forçat, Travailler excessivement.
FORCE
n. f.
Faculté naturelle d'agir vigoureusement. Il se dit proprement en parlant de l'Homme et des animaux. Force physique. Force musculaire. Une force d'Hercule. Frapper de toute sa force. Manquer de force. Lancer une chose avec force. Crier de toute la force de ses poumons. Perdre de sa force. Reprendre quelque force. Être sans force. On dit aussi Forces au pluriel quand il s'agit de l'Ensemble ou du concours de plusieurs énergies spéciales. Les forces du corps. Réparer ses forces. Recouvrer ses forces. Reprendre ses forces. Perdre ses forces. Prendre de nouvelles forces. Ses forces diminuent, reviennent. Vouloir faire plus que les forces ne permettent.
À forces égales, à force égale, à égalité de force, de forces, Les forces étant supposées égales de part et d'autre.
La force de l'âge, L'âge où un être organisé est dans toute sa force. Il se dit surtout en parlant de l'Homme. Être dans la force de l'âge.
La force du tempérament, La résistance à la fatigue et à la maladie. C'est à la force de son tempérament qu'il doit de n'avoir pas succombé à cette maladie.
Tour de force. Voyez TOUR.
Fig., À la force du poignet, En y employant beaucoup de vigueur, de ténacité.
Il se dit figurément en parlant de la Volonté, du caractère, de la sensibilité et désigne la Fermeté d'âme, le courage qui font braver les obstacles ou supporter le malheur, les maux, les tourments. Il a montré dans cette épreuve une grande force de volonté. Il lui a fallu beaucoup de force pour dompter cette émotion. Quelle force morale il faut pour accepter une telle existence, pour accomplir une telle mission! Elle a une force de caractère, une force d'âme digne d'admiration. N'avoir pas la force de faire une chose, Ne pouvoir pas se déterminer à la faire. Je n'eus pas, je ne me sentis pas la force de lui en dire davantage. Il n'eut pas la force de refuser.
Il se dit aussi figurément de l'Esprit, de l'imagination, du génie, etc., et signifie Aptitude à réfléchir, à concevoir, à produire. La force, les forces de l'intelligence. Par la force de son génie. L'esprit humain n'a pas assez de force pour pénétrer tous les secrets de la nature.
Il se dit également de l'Habileté, du talent, de l'expérience qu'on a dans un art, dans un exercice, etc.; et, en général, des Ressources dont on peut disposer, des facultés, du bien, du crédit, du pouvoir, etc., dont on jouit. Ces deux joueurs, ces deux écoliers, sont d'égale force. Ses adversaires ne sont pas de sa force. Cet écrivain n'est pas de force à traiter un pareil sujet. Il est de première force au pistolet, aux échecs. S'opposer de toutes ses forces à l'adoption d'une mesure dangereuse. Les forces d'un parti. Ce serait ôter au gouvernement ce qui fait sa force. On l'emploie quelquefois ironiquement. Tous écrivains de même force.
Être de force à, Être assez fort pour. Il est de force à lutter contre deux hommes. Par extension, il signifie Être assez habile pour. Il est de force à persuader les plus incrédules. Ironiquement, Il est de force à faire cette sottise, Il est capable de la faire.
Il se dit aussi de la Puissance d'un peuple, d'un État, de tout ce qui contribue à le rendre ou à le maintenir puissant. Le pays réparait lentement ses forces. Les forces comparées de la France et de l'Angleterre. La force militaire d'un empire.
La force d'une armée, Ce qui la rend redoutable. La discipline est ce qui fait la principale force des armées.
Être en force. Être en nombre pour défendre et attaquer. On dit de même Venir en force, se présenter en force.
La force d'une place, Ses moyens de défense, ses fortifications, sa garnison, etc.
Au pluriel, il se dit particulièrement des Troupes d'un État. Concentrer ses forces. Combattre à forces égales. Joindre ses forces. Les forces de terre et de mer. Les forces navales.
Il signifie encore Contrainte ou Pouvoir de contraindre. User de force. Employer la force. Régner par la force. Céder à la force. Opposer la force à la force. Avoir la force en main. La force publique. Les agents de la force publique.
Force armée, Tout corps de troupes, en tant qu'il peut être requis pour faire exécuter la loi ou les mesures des agents de l'autorité, lorsqu'il y a résistance de la part des citoyens. La foule ayant refusé de se disperser, on dut recourir à la force armée.
Force majeure. Voyez MAJEUR.
Force est demeurée à la loi, Les magistrats chargés de l'exécution de la loi l'ont emporté sur toutes les résistances.
Fam., Force est, force m'est, etc., s'emploient pour marquer la Nécessité absolue de faire quelque chose. Je voudrais bien demeurer, mais force m'est de partir. Force lui fut de se taire.
Maison de force, s'est dit d'une Maison de correction.
Camisole de force, Camisole qui sert à maîtriser les aliénés dangereux.
DE FORCE,loc. adv.
qui sert à marquer Diverses sortes d'efforts ou de violences. Faire entrer de force une chose dans une autre, L'y faire entrer en frappant ou en poussant fortement. Prendre une fille de force, La violer. Prendre une ville de force. L'emporter d'assaut. Il lui fit signer cet acte de force, Il le lui fit signer par contrainte.
DE GRÉ OU DE FORCE,loc. adv.
Volontairement ou par contrainte. Il faudra bien, de gré ou de force, qu'il paie le dommage.
PAR FORCE, À FORCE OUVERTE, DE VIVE FORCE,loc. adv. En employant la force, la violence. On le fit entrer par force dans la prison. Ils résolurent de prendre cette place de vive force.
FORCE, en parlant des Choses, signifie Solidité, pouvoir de résister. La force d'une poutre. La force d'un mur, d'une digue. La force d'une toile.
En termes de Charpenterie, Jambes de force. Voyez JAMBE.
Il se dit également de la Propriété qu'ont certaines choses d'imprimer à d'autres une impulsion plus ou moins grande, de les mettre en mouvement. La force d'un levier, d'un ressort, d'un moteur.
Il se dit, quelquefois, de l'Impulsion qu'a reçue le corps poussé, lancé, jeté. La force d'une balle, d'un obus.
Il signifie particulièrement Impétuosité. La force de l'eau, du courant. Le sang, l'eau jaillissait avec force. La force du vent.
La force du pouls, Le plus ou le moins de vitesse et d'élévation du pouls. On dit de même que Le coeur bat avec force quand les pulsations en sont rapides et violentes.
En termes de Marine, Faire force de rames, Ramer de toute sa force, ou Faire ramer les gens d'une barque, d'un bateau, etc., de toute leur force. Faire force de voiles, Se servir de toutes les voiles, afin de prendre plus de vent et d'aller plus vite; ou, figurément, Faire tous ses efforts pour réussir en quelque affaire.
Il signifie aussi Énergie, activité, intensité d'action. La force d'un poison, d'un remède. La force d'un acide. Ce vinaigre a beaucoup de force. La force de la chaleur. La force d'un coup. La force de la sève, L'abondance et la vigueur de la sève. Par extension, La force d'une passion, d'un sentiment. Son amour sembla renaître avec plus de force. S'élever avec force contre les abus. Cet homme semblait entraîné à sa perte par une force irrésistible.
Dans le sens qui précède, il s'applique particulièrement à l'Énergie du style, des expressions, etc. La force du style. Des vers pleins de force et d'éclat. Sentez-vous toute la force de ce mot, de cette expression? C'est un honnête homme, c'est un criminel dans toute la force du terme.
FORCE se dit encore particulièrement de la Valeur d'un raisonnement, d'une preuve, d'une raison, etc. La force d'un argument, d'une preuve, d'une objection. L'accusation tirait de ce fait une nouvelle force. Il fallut céder à la force de ces raisons.
Il se dit en outre, figurément, de l'Autorité, de l'influence d'une chose. Les lois étaient sans force. Cette coutume avait force de loi. Décision passée en force de chose jugée. La force des événements. La force de l'évidence. La force de l'exemple, de l'habitude, du préjugé.
La force des choses, La nécessité qui résulte logiquement d'une situation. On ne peut lutter contre la force des choses. Cela se fera par la force des choses.
La force de la vérité, Le pouvoir que la vérité a sur l'esprit des hommes.
La force du sang se dit des Mouvements secrets de la nature entre les personnes les plus proches.
Il se dit en général, surtout dans le langage didactique, de Toute cause ou puissance à laquelle on attribue la propriété de produire ou de déterminer certains effets, certains phénomènes. Les diverses forces répandues dans la nature. La force centripète. La force centrifuge. La force d'attraction. Force vitale.
En termes de Mécanique, Force motrice, Force qui produit un mouvement actuel; Force morte, Celle qui, étant développée ou employée, peut produire un tel mouvement, mais dont l'effet est actuellement neutralisé. Le parallélogramme des forces. Une force qui s'applique en un point. On disait aussi autrefois Force vive, par opposition à Force morte, pour exprimer l'Action de forces combinées avec leur vitesse comme dans le choc. Aujourd'hui cette locution n'est plus employée que pour désigner le Produit de la force motrice par le carré de la vitesse du point matériel auquel elle est appliquée.
Fig., Les forces vives de la nation, La partie la plus vigoureuse et la plus saine de la nation.
Force d'inertie, La résistance qu'oppose un mobile à ce qui doit le mettre en mouvement quand il est au repos. Il signifie figurément Résistance passive, qui consiste principalement à ne pas obéir. Ils opposèrent la force d'inertie aux mesures de l'autorité.
FORCE est aussi un Nom de quantité indéfinie s'ajoutant à la façon d'un adjectif invariable et qui signifie Grand nombre de, beaucoup de. Il a reçu force compliments. Il m'a fait force politesses.
À FORCE,loc. adv. et fam.
Beaucoup, extrêmement. Travailler à force.
À FORCE DE,loc. prép.
Par beaucoup de. À force de soins, de peines, de sollicitations. Au lieu d'être suivi d'un nom, il peut l'être d'un infinitif. À force de prier, d'agir; à force de pleurer, de crier, etc., En priant, en agissant beaucoup; en pleurant, en criant beaucoup, etc.
À force de bras, se dit en parlant de Travaux, de transports pour lesquels on n'emploie que la seule force des bras. Tirer, traîner à force de bras.
À force de rames, En ramant très vigoureusement.
À TOUTE FORCE,loc. adv.
Par toutes sortes de moyens. Il veut, à toute force, venir à bout de son entreprise. Il signifie aussi À tout prendre, absolument parlant. On pourrait, à toute force, lui accorder ce qu'il demande.
FORCEMENT
n. m.
Action de forcer ou d'augmenter fictivement les chiffres.
En termes d'Administration Forcement de recette, Exercice du droit qui appartient à l'administration de faire payer par ses commis les impôts qu'ils ont négligé de percevoir.
FORCÉMENT
adv.
Par force, par obligation, par une conséquence rigoureuse. Pour aller à tel endroit, vous passerez forcément par tel chemin. Ce fait reconnu, on doit forcément en conclure que...
FORCENÉ, ÉE
adj.
Qui est emporté par la colère, la fureur. Il s'emploie surtout comme nom. C'est un forcené. Il se débattit comme un forcené.
FORCEPS
(On prononce le P et l'S.)n. m.
T. de Chirurgie
emprunté du latin. Instrument en forme de grandes et larges tenettes, dont on se sert dans les accouchements laborieux pour l'extraction de l'enfant.
FORCER
v. tr.
Briser, rompre, ouvrir quelque chose avec violence. Forcer une porte, une serrure. Forcer un coffre.
Forcer une clef, forcer une serrure, Fausser, tordre, détériorer par une manoeuvre violente une clef, les ressorts d'une serrure, de manière qu'ils ne peuvent plus jouer. On dit aussi Forcer un muscle, une articulation.
Il signifie aussi Prendre par force, Forcer un retranchement. Forcer une ville. On dit dans un sens analogue Forcer un passage. Forcer tous les obstacles. etc.
Fig., Forcer la porte de quelqu'un, Entrer chez quelqu'un, quoique sa porte soit défendue.
Forcer la consigne, Ne pas s'y conformer, l'enfreindre avec violence.
En termes de Chasse, Forcer une bête, La prendre avec des chiens de chasse, après l'avoir courue et réduite aux abois. Forcer un lièvre. Forcer un cerf, un chevreuil.
Il signifie en outre Contraindre, obliger à quelque chose, et il se dit tant au propre qu'au figuré. Forcer quelqu'un à faire quelque chose. Il fut forcé de partir. On voulait le forcer à partir. Forcer les consciences. Forcer les volontés. Forcer son inclination, son humeur. On dit aussi Forcer le consentement, le vote, etc., de quelqu'un, Obliger quelqu'un à donner son consentement.
Travaux forcés. Voyez TRAVAIL.
Cours forcé. Voyez COURS.
Fig. et fam., Forcer la main à quelqu'un. Voyez MAIN.
Forcer le sens d'un mot, Donner à un mot, à un texte un sens exagéré. Il a forcé le sens de ce passage.
Forcer le respect, l'admiration, etc., Les obtenir de ceux mêmes qui ne sont pas disposés à les accorder.
Forcer le succès, Vaincre la résistance ou les obstacles qui s'opposaient au succès.
Forcer la nature, Vouloir faire plus qu'on ne peut.
Forcer son talent, L'enfler pour en tirer plus qu'il ne peut produire.
Forcer sa voix, Faire des efforts de voix.
Forcer un cheval, Le pousser trop, le faire courir au-delà de ses forces.
Forcer le pas, la marche, Presser le pas, se mettre à marcher plus vite.
Forcer la dose, Augmenter la quantité prévue d'un médicament. Il se dit aussi figurément. Forcer un arbre fruitier, une vigne, Leur faire donner artificiellement plus qu'ils n'auraient donné naturellement.
En termes de Comptabilité, Forcer la recette, Porter en recette plus qu'on n'a reçu. Intransitivement, Forcer en recette, Forcer un employé des finances à payer une somme qu'il devait percevoir et qu'il a négligé de toucher. En termes de Marine, Forcer de voiles, forcer de rames, forcer de vapeur, Faire force de voiles, de rames, de vapeur.
SE FORCER signifie Faire quelque chose avec trop de force et de véhémence. Ne vous forcez point, vous vous ferez mal. Ne vous forcez pas tant.
Il signifie aussi Se contraindre, faire effort sur soi-même. Je ne me décide pas à cette démarche sans me forcer un peu.
Le participe passé FORCÉ, ÉE, s'emploie adjectivement et signifie Qui manque de naturel, qui est contraint, affecté. Être forcé dans toutes ses manières. Elle n'a rien de gauche ni de forcé. Contenance forcée. Un rire, un sourire forcé.
Il s'emploie de même en parlant des Ouvrages de l'esprit et se dit de Ce qui s'éloigne du naturel, de la vérité, et de ce qui est mal amené, tiré de trop loin, etc. Style forcé. Il y a, dans cette pièce de théâtre, des situations forcées. Comparaison forcée. Rapprochement forcé. Donner à un passage, à une expression un sens forcé.
Il se dit pareillement des Figures d'un tableau, quand leur attitude est outrée; du Coloris quand il est excessif; de l'effet quand il est trop cherché.
FORCERIE
n. f.
T. d'Horticulture
. Terre chaude où l'on force les plantes.
FORCES
n. f.
pl. T. d'Arts
. Sorte de grands ciseaux dont les lames sont réunies par un arc d'acier élastique les maintenant ouvertes, et qui servent à couper des étoffes, à les tailler, à couper des feuilles de laiton, de fer-blanc, etc. Une paire de forces.
FORCLORE
v. tr.
T. de Procédure
. Exclure de faire quelque acte, quelque production en justice, parce que le temps en est passé. On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et au participe Forclos. Il s'est laissé forclore. Il a été forclos. Forclos de produire. La partie adverse fut déclarée forclose.
FORCLUSION
n. f.
T. de Procédure
. Action de forclore ou Résultat de cette action. Il a été jugé par forclusion. Les délais sont expirés, la forclusion est acquise.
Il désigne encore, dans certaines tontines, la Clause qui établit la part de capital pour les héritiers des membres précédés.
FORER
v. tr.
T. d'Arts
. Percer. Forer une clef. Forer un canon. Par extension, Forer un puits artésien.
FORESTIER, IÈRE
adj.
Qui concerne les forêts. Code forestier.
Il signifie particulièrement Qui a quelque charge, quelque fonction dans les forêts de l'État ou des communes. Garde forestier. Agent forestier. Substantivement, Un forestier.
École forestière, École où se préparent les agents des forêts.
FORET
n. m.
T. d'Arts
. Instrument de fer ou d'acier dont on se sert pour faire des trous dans le métal, dans le bois, etc. Foret de serrurier, de menuisier. La pointe d'un foret.
Il se dit particulièrement du Petit instrument avec lequel on perce un tonneau. Tirer du vin au foret.
FORÊT
n. f.
Grande étendue de terrain planté de bois; ou Assemblage d'arbres qui occupent, qui couvrent cette étendue. Épaisse forêt. Les routes d'une forêt. À l'orée d'une forêt. Un pays couvert de forêts. La forêt des Ardennes. Mettre une forêt en coupe.
Forêts vierges, Vastes forêts qui n'ont jamais été exploitées et aménagées.
Eaux et forêts. Voyez EAU. On dit en termes d'Administration La direction générale des forêts. Conservateur, inspecteur des forêts, des bois et forêts. Etc.
Fig., Les arbres empêchent de voir la forêt, En s'attachant trop aux détails, on perd la vue de l'ensemble.
Fig. et fam., Vous êtes tombé dans une vraie forêt de Bondy, Vous êtes entouré de malhonnêtes gens.
Par extension, Une forêt de mâts, une forêt de lances, etc., se disent en parlant d'un Grand nombre de vaisseaux réunis, d'une troupe nombreuse de soldats armés de lances, etc. On dit aussi par exagération Une forêt de cheveux.
FOREUR
n. m.
T. d'Arts
. Ouvrier qui fore.
FOREUSE
n. f.
T. d'Arts
. Machine qui sert à forer.
FORFAIRE
v. intr.
Agir contre le devoir. Il ne se dit guère qu'en termes de Jurisprudence et en parlant d'une Faute grave commise dans l'exercice de fonctions publiques. Si un juge vient à forfaire.
Forfaire à son honneur se dit également d'une Fille ou d'une femme qui se laisse séduire. Elle a forfait à son honneur; ou d'un Homme qui a manqué gravement à ses devoirs. Il a forfait à l'honneur.
FORFAIT
n. m.
Crime commis avec audace. Il a été puni de ses forfaits. Il a reçu le prix de ses forfaits. Commettre un forfait, un horrible forfait.
FORFAIT
n. m.
Traité, marché par lequel une des parties s'oblige à faire ou à fournir quelque chose pour un certain prix fixé d'avance. Faire un forfait avec un architecte pour un bâtiment. Prendre à forfait. Traiter à forfait pour des travaux, pour le chauffage, pour l'éclairage d'un établissement public.
Vendre, acheter à forfait, Vendre, acheter plusieurs choses en masse, et sans estimation préalable du prix particulier de chacune.
FORFAITAIRE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à un forfait. Achat forfaitaire. Convention forfaitaire.
FORFAITURE
n. f.
T. de Jurisprudence
. Violation par un fonctionnaire public, un magistrat des devoirs essentiels de sa charge. Ce magistrat a été destitué pour forfaiture.
FORFANTERIE
n. f.
Fanfaronnade extrême et habituelle. Quelle ridicule forfanterie!
FORGE
n. f.
Atelier où l'on travaille les métaux au feu et au marteau. La forge d'un maréchal, d'un serrurier, d'un armurier, d'un orfèvre.
Il se dit aussi du Fourneau où l'on chauffe un métal et de l'Enclume où on le bat. Soufflet de forge.
Il se dit particulièrement de l'Atelier d'un maréchal ferrant. Mener un cheval à la forge. Forge de campagne, La forge portative et les outils des maréchaux ferrants qui accompagnent un corps de cavalerie en marche.
Il s'emploie souvent au pluriel pour désigner les Établissements industriels, les usines où l'on transforme la fonte en fer. Par extension, il se dit d'un Haut fourneau où le minerai est réduit en fonte. Un maître de forges. Le Comité des Forges de France.