Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 787 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Pretantaine

 

n. f.

Il n'est usité que dans cette phrase familière : Courir la pretantaine, Être toujours par voies et par chemins, faire des escapades suspectes. On écrit plutôt aujourd'hui PRETENTAINE.

 

PRÊTE-NOM

 

n. m.

Celui qui prête son nom dans quelque acte où le véritable contractant ne veut point paraître. Le fermier nommé dans le bail de cette terre n'est qu'un prête-nom. Cet étranger a employé un prête- nom pour acquérir ce domaine.

 

PRÉTENDANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui prétend, qui aspire à une chose. Il y a plusieurs prétendants à cette place, à cet emploi.

PRÉTENDANT se dit spécialement d'un Prince qui prétend à un trône.

Il se dit aussi de Celui qui aspire à la main d'une femme. La fortune de cette veuve lui attire beaucoup de prétendants.

 

PRÉTENDRE

 

v. tr.

Soutenir, affirmer, être persuadé de. Est-ce là ce que vous prétendez? Prétendez-vous cela? Je prétends que cela n'est pas vrai. Je prétends que mon droit est incontestable. Et moi je vous prétends que mes vers sont bons.

Il signifie aussi Vouloir, entendre. Si je vous fais ce plaisir, je prétends que vous m'en fassiez un autre. Je prétends bien qu'il me cède. Je prétends faire ce voyage, rien ne m'en empêchera.

Il signifie encore Demander, réclamer comme un droit. Je prétends un dixième, une moitié dans cette société. Ce corps prétend le pas sur tel autre. Il prétend marcher avant lui.

PRÉTENDRE est aussi intransitif et signifie Aspirer à une chose. Il prétend à cette charge, à cette place. Il n'y a rien de si élevé à quoi il ne puisse prétendre. Il prétendait à la main de cette jeune fille.

Le participe passé PRÉTENDU s'emploie comme adjectif et se dit des Choses dont on ne veut pas convenir, des qualités fausses ou douteuses. Ce prétendu gentilhomme. C'est un prétendu bel esprit. Il a allégué un prétendu droit.

La religion prétendue réformée, On appelait ainsi, autrefois, le Calvinisme.

PRÉTENDU, UE, s'emploie aussi substantivement, dans le langage familier, en parlant de Celui, de celle qui doit épouser la personne dont on parle. Voilà mon prétendu. Voilà sa prétendue.

 

PRETENTAINE

 

n. f.

Voyez PRETANTAINE.

 

PRÉTENTIEUX, EUSE

 

adj.

Qui a des prétentions. C'est un homme prétentieux. Substantivement, Un prétentieux.

Il se dit aussi des Choses et signifie Où il y a de la prétention, de l'affectation, de la recherche. Il a le ton bien prétentieux. Un style prétentieux.

 

PRÉTENTION

 

n. f.

Droit que l'on a, ou que l'on croit avoir, de prétendre, d'aspirer à une chose; espérance, dessein, vue. J'ai renoncé à cette prétention. Prétention juste, légitime, téméraire, extravagante. Sa prétention n'est pas fondée. Il ne sait pas borner ses prétentions. Il a de grandes prétentions. Je n'ai pas prétention de l'emporter sur vous. Rabattre de ses prétentions.

Il signifie spécialement Exigences. On n'a pu s'entendre avec lui, il a de trop grandes prétentions.

Il signifie encore Visée à l'esprit, au talent, à la considération; affectation, recherche. Il n'a pas de prétentions. Il n'a aucune prétention. Elle est remplie de prétentions. C'est un homme sans prétentions. Un exposé, un style sans prétentions.

Cette femme a encore des prétentions, Elle se croit encore jeune, jolie, elle veut plaire par des qualités qui ne sont plus de son âge.

 

PRÊTER

 

v. tr.

Fournir, donner. Si Dieu lui prête vie. La nuit lui prêtait son ombre.

Prêter secours, aide, faveur, etc., Secourir, aider, favoriser quelqu'un en quelque chose. Prêter main-forte, Appuyer par la force l'exécution des ordres de la justice. Il s'emploie aussi dans un sens figuré. Il m'a prêté main-forte dans cette polémique.

Prêter la main à quelque chose, Aider à faire quelque chose, être complice de quelque chose. Il s'emploie surtout en mauvaise part. Il a prêté la main à ce vol, à ce meurtre.

Prêter la main à quelqu'un, L'aider à porter quelque chose de pesant, à remuer, à soulever quelque fardeau; et, figurément, L'aider à réussir dans une entreprise. Prêtez-moi un peu la main. On dit de même Prêter l'épaule.

Prêter l'oreille, prêter attention, prêter silence, Écouter, donner son attention, faire silence.

Prêter serment, Faire serment devant témoins. Prêter serment devant un tribunal. Il fut admis à prêter serment.

Prêter foi et hommage se disait d'un Vassal qui rendait foi et hommage au seigneur duquel il relevait.

Prêter son nom, Laisser faire en son nom un acte où l'on n'a point d'intérêt, dont un autre a les avantages et les charges. Il se dit aussi de Celui qui autorise un autre à se servir de son nom en quelque occasion.

Prêter sa voix, prêter son ministère à quelqu'un, Parler pour lui, s'employer pour lui.

Prêter le flanc à l'ennemi, Se porter ou marcher avec si peu de précaution qu'on puisse être pris en flanc par l'ennemi.

Fig. et fam., Prêter le flanc, Donner prise. Prêter le flanc à une accusation, à des soupçons.

PRÊTER s'emploie spécialement dans le sens de Fournir une chose sous condition que celui qui la reçoit la rendra; Permettre l'usage temporaire d'une chose. Prêter de l'argent. Prêter sa voiture. Prêter des meubles. Il nous a prêté sa maison. Prêtez-moi cette brochure. Il ne rend jamais les livres qu'on lui prête.

Il s'emploie absolument dans ce sens; c'est alors le plus souvent d'argent qu'il s'agit. C'est un homme qui n'aime pas à prêter. Prêter à intérêt. Prêter sur gages.

Prêter à la petite semaine, Prêter pour un temps très court et à un intérêt très élevé.

Prov., On ne prête qu'aux riches, On prête plus volontiers à ceux qui sont en fonds et en état de rendre; et, figurément et par extension, On attribue volontiers de bonnes. ou de mauvaises qualités, des traits d'esprit ou des sottises à certaines personnes, d'après la réputation qu'elles se sont faite.

PRÊTER signifie aussi Attribuer, imputer. Prêter à quelqu'un des propos, des opinions, des projets, des intentions, une action, un ouvrage, une chanson, une plaisanterie. Prêter à une personne des torts, un ridicule, un travers.

PRÊTER est aussi intransitif et signifie Fournir matière à, donner lieu à. Prêter à la censure, à la critique. Cette action prête à de fâcheuses interprétations. Ce discours prête à la plaisanterie. Sa conduite prête à rire. Ce que vous me dites prête à penser.

Il s'emploie absolument en parlant du Cuir, des étoffes, et autres choses de même nature, qui s'étendent aisément quand on les tire. Du cuir qui prête. Un bas qui prête. Une étoffe qui prête.

Fig., C'est un sujet qui prête, se dit, en parlant des Ouvrages de l'esprit, d'un Sujet qui peut fournir des développements brillants, suggérer des idées intéressantes.

SE PRÊTER signifie S'adonner, se laisser aller momentanément à quelque chose. Se prêter à l'espérance, à l'illusion.

Il signifie aussi Consentir par complaisance à quelque chose, se plier à. Je me prêterai à cet accommodement. Il se prête a tout ce qui fait plaisir aux autres. Il s'est prêté à de vilaines manoeuvres.

Le participe passé PRÊTÉ s'emploie substantivement dans ces locutions : C'est un prêté pour un rendu, La victime de ce mauvais procédé saura prendre sa revanche; C'est un prêté rendu, C'est une juste représaille.

 

PRÉTÉRIT

 

(On prononce le T final.)n. m.

T. de Grammaire

. Il se disait des Temps passés et ne se dit plus guère aujourd'hui que du Passé simple.

 

PRÉTÉRITION

 

n. f.

T. de Rhétorique

. Figure par le moyen de laquelle on parle d'une chose en feignant de n'en vouloir pas parler.

En termes de Droit écrit, il se dit de l'Omission que faisait un testateur, dans son testament, d'un de ses fils ou d'un autre héritier nécessaire. La prétérition annulait le testament.

On le dit aussi d'une Omission analogue dans un contrat.

 

PRÉTERMISSION

 

n. f.

Synonyme, moins usité, de PRÉTÉRITION.

 

PRÊTEUR, EUSE

n.

Celui, celle qui prête à un autre de l'argent ou quelque autre chose. Il n'est pas prêteur de son naturel. C'est un prêteur sur gages. C'est un prêteur à gros intérêt.

Prov. et fig., La fourmi n'est pas prêteuse, se dit en parlant d'une Personne qui n'aime point à prêter.

 

PRÉTEUR

 

n. m.

T. d'Antiquité romaine

. Magistrat qui rendait la justice dans Rome ou qui gouvernait une province : Un édit du préteur. Le préteur de telle province.

 

PRÉTEXTE

 

n. m.

Cause simulée, supposée; raison apparente dont on se sert pour cacher le véritable motif d'un dessein, d'une action. Prétexte spécieux, plausible. Servir de prétexte. Donner prétexte. Cela lui a fourni un prétexte pour s'en aller. Il prend prétexte de sa santé pour refuser toutes les invitations. Il n'attend qu'un prétexte pour s'en aller. Il cherche querelle sous le moindre prétexte. L'amour du bien public n'est pas le véritable motif de leur conduite, il n'en est que le prétexte. Il ne cherche qu'un prétexte à se plaindre. Il ne demande qu'un prétexte pour rompre. Il a pris là un mauvais prétexte.

Il n'y a pas de prétexte à cela, il n'y a aucun prétexte à cela, Il n'y a pas même de raison apparente pour dire ou pour faire la chose dont il s'agit.

SOUS PRÉTEXTE DE,loc. prép.

Sous prétexte de justice, il poursuit une vengeance. Sous prétexte de mener une enquête, il s'est offert un agréable voyage.

SOUS PRÉTEXTE QUE,loc. conj.

Sous prétexte qu'il a besoin de se ménager, il refuse de venir.

 

PRÉTEXTE

 

n. f.

T. d'Antiquité romaine

. Robe blanche bordée d'une large bande de pourpre, et qui était une marque de dignité. Les consuls prenaient la prétexte le premier jour qu'ils entraient en charge.

Il se dit aussi d'une Robe longue et blanche, bordée par le bas d'une petite bande de pourpre, et que les enfants de familles libres portaient jusqu'à l'âge de puberté.

Dans l'un et dans l'autre sens, on dit aussi adjectivement : Robe prétexte, toge prétexte.

 

PRÉTEXTER

 

v. tr.

Prendre pour prétexte. Il prétexta une maladie, un voyage. Il a prétexté qu'il n'était pas assez riche.

 

PRETINTAILLE

 

n. f.

Ornement en découpures qui se mettait sur les robes des femmes. Robe garnie de pretintaille.

Il se disait, figurément et familièrement, lorsque ce genre d'ornements était à la mode, des Légers accessoires qui accompagnent une chose, qui en dépendent. Cette charge coûte telle somme, sans compter les pretintailles. Il a gagné son procès avec les pretintailles.

 

PRÉTOIRE

 

n. m.

T. d'Antiquité romaine

. Lieu où le préteur et divers autres magistrats rendaient la justice.

Préfet du prétoire, Celui qui commandait la garde de l'empereur.

Dans le Bas-Empire, Préfets du prétoire, Premiers magistrats des quatre grandes provinces de l'Empire. Le préfet du prétoire des Gaules, d'Orient.

PRÉTOIRE se dit aujourd'hui, dans le langage courant, de l'Enceinte d'un tribunal et, figurément, du Tribunal lui-même.

 

PRÉTORIEN, IENNE

 

adj.

T. d'Antiquité romaine

. Qui est propre, qui appartient au préteur. La dignité prétorienne.

Provinces prétoriennes, Les provinces où l'on envoyait des gouverneurs avec le titre de Préteur.

PRÉTORIEN se dit aussi des Soldats, des troupes qui formaient la garde des empereurs romains. Soldat prétorien. Cohorte prétorienne. Garde prétorienne. Le chef de la garde prétorienne avait le titre de préfet du prétoire. Substantivement, L'empire fut mis à l'encan par les prétoriens.

PRÊTRAILLE

 

n. f.

Terme injurieux employé pour désigner les Ecclésiastiques, le Clergé. Il est bas.

 

PRÊTRE

 

n. m.

Celui qui exerce un ministère sacré et qui préside aux cérémonies d'un culte religieux. Les prêtres du paganisme. Les prêtres de Cybèle, d'Apollon, de Baal. Un prêtre catholique. Un prêtre grec. Un prêtre arménien. En parlant du Culte réformé, on dit ordinairement Ministre ou Pasteur.

Il se dit particulièrement, dans l'Église catholique, de Celui qui a reçu l'ordre du sacerdoce, en vertu duquel il a le pouvoir de dire la messe et d'administrer les sacrements. Il n'y a que les évêques qui aient le pouvoir d'ordonner, de consacrer les prêtres.

Il s'est fait prêtre, Il a reçu l'ordre du sacerdoce.

Prêtre habitué se disait d'un Prêtre n'ayant pas de charge ni de dignité dans une église, mais cependant employé au service de la paroisse. On dit aujourd'hui Vicaire auxiliaire.

Prêtre libre, Celui qui n'est pas attaché à un service régulier.

Cardinal-prêtre, Cardinal de l'ordre des prêtres.

Prov. et fig., Il faut que le prêtre vive de l'autel, Il faut que chacun puisse trouver sa subsistance dans l'exercice de sa profession.

PRÊTRE se dit aussi particulièrement des Ministres qui étaient consacrés au service du tabernacle et du temple, dans l'ancienne loi. Le grand prêtre de la loi.

 

PRÊTRESSE

 

n. f.

Il n'est usité qu'en parlant des Cultes païens, et il désigne une Femme attachée au service d'une divinité. Prêtresse d'Apollon, de Diane.

 

PRÊTRISE

 

n. f.

Sacerdoce, ordre sacré par lequel un homme est prêtre. Il a reçu l'ordre de prêtrise. Il a reçu la prêtrise. Il a ses lettres de prêtrise. Il n'est guère usité qu'en parlant des Prêtres de la religion catholique.

PRÉTURE

 

n. f.

Magistrature, charge, office de préteur. Un tel demanda la préture, obtint la préture.

Il se dit aussi du Temps pendant lequel un homme exerçait la préture. Pendant la préture d'un tel.

 

PREUVE

 

n. f.

Ce qui établit la vérité d'une proposition, d'un fait. Preuve convaincante. Preuve démonstrative. Preuve authentique. Preuve probante. Preuve concluante. Preuve sans réplique. Preuves judiciaires ou juridiques. Preuves testimoniales ou par témoins. Preuves littérales ou par écrit. Preuve matérielle. Preuve morale. Preuves en main. Avoir preuve en main. Vous avancez ce fait sans preuve. Demander, être admis à faire la preuve d'un fait. Le juge a ordonné la preuve. La preuve est à la charge du demandeur. Acquérir la preuve d'un délit. La preuve en est queà

Par ellipse : À preuve, à preuve que. Il est très familier.

En venir à la preuve, Vérifier. Quand on en viendra à la preuve, on verra qui a dit vrai.

Faire ses preuves de noblesse ou absolument Faire ses preuves, Justifier par titres qu'on est noble de naissance.

Fig., C'est un homme qui a fait ses preuves, se dit d'un Homme qui, dans plusieurs occasions, s'est fait reconnaître pour un homme de courage, pour un honnête homme, pour un savant, etc. On dit de même : Faire preuve de courage, de savoir, etc.

PREUVE se dit particulièrement des Titres, des extraits, des pièces que l'on met à la fin d'une histoire ou d'un autre ouvrage, pour prouver la vérité des faits qui y sont avancés. Il a ajouté à son histoire un volume de preuves.

Il signifie aussi Marque, signe, témoignage, Donner des preuves de sa capacité, de son savoir. de sa valeur, de son courage, de son amitié, de son affection. J'ai reçu de lui une preuve de confiance dont je suis touché. Recevez cet avis comme une preuve de mon attachement pour vous.

En termes d'Arithmétique et d'Algèbre, il désigne la Vérification d'une opération de calcul, qui se fait par l'opération opposée. La preuve de la division se fait par la multiplication. La preuve de la soustraction se fait par l'addition.

 

PREUX

 

adj. m.

Qui est brave, vaillant. Il n'est guère usité que dans le style élevé. C'est un preux chevalier. C'était un preux et hardi chevalier.

Il s'emploie aussi comme nom. Les neuf preux. Les anciens preux.

 

PRÉVALOIR

 

(Il se conjugue comme VALOIR, excepté au subjonctif où il fait Que je prévale, qu'il prévale, etc.)v. intr.

Avoir l'avantage, remporter l'avantage. Son adversaire a prévalu.

Il se dit surtout des Choses. Il ne faut pas que la coutume prévale sur la raison, contre la raison. La faveur prévaut souvent sur le mérite. Cette considération a prévalu sur toutes les autres.

SE PRÉVALOIR DE signifie Tirer avantage. Se prévaloir de sa naissance, de son autorité de son crédit. Il s'est prévalu de la faiblesse, de la simplicité de son adversaire.

 

PRÉVARICATEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui prévarique. Je serais un prévaricateur, si je faisais telle chose. Punir les prévaricateurs.

Il s'emploie aussi adjectivement. Un magistrat prévaricateur.

 

PRÉVARICATION

 

n. f.

Action de s'écarter de la justice, de manquer au devoir de sa charge, aux obligations de son ministère. Il est accusé de prévarication. C'est une prévarication manifeste, une prévarication honteuse.

 

PRÉVARIQUER

 

v. intr.

Se rendre coupable de prévarication. Prévariquer dans son emploi. Ce serait prévariquer que d'en user de la sorte. Ce juge, cet avocat, cet avoué a prévariqué.

 

PRÉVENANCE

 

n. f.

Manière obligeante de prévenir, de devancer les désirs de quelqu'un. Il n'y a pas de prévenance qu'il ne m'ait faite. Il m'a recherché par mille prévenances. Il nous a comblés de prévenances.

 

PRÉVENANT, ANTE

 

adj.

Qui est obligeant, qui va au-devant de tout ce qui peut faire plaisir. C'est un homme prévenant. La maîtresse de la maison est très prévenante.

Il signifie aussi Qui est agréable, qui dispose en sa faveur. Cet homme a un air prévenant, une physionomie prévenante. Mine prévenante.

En termes de Théologie, il signifie Qui prévient. C'est par une grâce prévenante de Dieu. Sans une grâce prévenante du ciel. Les secours prévenants de la grâce.

 

PRÉVENIR

 

v. tr.

Devancer, venir avant. Cette nouvelle a prévenu le courrier. Vous arrivez bien tard au rendez-vous, je vous ai prévenu de plus d'une heure. Il vieillit en ce sens.

Il signifie aussi Être le premier à faire ce qu'un autre voulait faire. Il voulait venir me voir, mais j'ai été bien aise de le prévenir. Il vous perdra, si vous ne le prévenez. J'avais l'intention de vous rendre ce service : votre ami m'a prévenu.

Prévenir quelqu'un par toutes sortes de bons offices, Lui rendre de soi-même toutes sortes de bons offices, avant d'en avoir reçu de lui.

PRÉVENIR, en termes de Droit, signifie Se saisir le premier d'une affaire. En certains cas, les baillis et sénéchaux prévenaient les juges subalternes.

Dans un sens analogue, Le pape prévient l'ordinaire, Quand il confère avant l'ordinaire, sa collation prévaut.

PRÉVENIR, en parlant du Temps, signifie Anticiper. Chez certains enfants heureusement doués, la sagesse prévient l'âge.

Il signifie aussi Aller au-devant de, pourvoir à. Prévenir les besoins, les désirs de quelqu'un. Prévenir les ordres, les intentions de ses supérieurs.

Il signifie spécialement Aller au-devant de quelque chose de fâcheux pour le détourner, empêcher par ses précautions qu'il n'arrive. Prévenir le mal. Prévenir une maladie. Prévenir un malheur, un accident. Prévenir un danger. Il vaut mieux prévenir les crimes que d'avoir à les punir ou, absolument, Il vaut mieux prévenir que punir.

Prévenir les objections, les difficultés, Aller au-devant des objections, des difficultés, et y répondre, les résoudre par avance.

PRÉVENIR signifie aussi Faire naître par avance dans l'esprit des sentiments favorables ou défavorables. Il a prévenu ses juges, l'esprit de ses juges. Ils se sont laissé prévenir. Je suis bien aise que quelqu'un le prévienne en ma faveur avant que je lui parle.

Il signifie aussi Instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance. Il m'a fait prévenir de son arrivée. Je l'ai prévenu des pièges qu'on voulait lui tendre. Je vous préviens que vous aurez demain une visite importante. On vous en avait prévenu.

Le participe passé PRÉVENU s'emploie comme adjectif et signifie Qui a par avance des sentiments favorables ou défavorables. Il est le plus souvent péjoratif. C'est un esprit prévenu.

Il s'emploie aussi substantivement, en termes de Jurisprudence, pour désigner Celui sur qui pèse une accusation. Le prévenu a été interrogé.

 

PRÉVENTIF, IVE

 

adj.

Qui prévient, qui tend à empêcher quelque chose de fâcheux. Système préventif. Des mesures préventives. Des remèdes préventifs. Un traitement préventif.

Prison préventive, Prison qu'un homme fait en qualité de prévenu avant d'être jugé. On dit de même : Emprisonnement préventif, détention préventive. En parlant de la Presse, Régime préventif, Régime qui prévient les délits, la censure.

 

PRÉVENTION

 

n. f.

Opinion préconçue, favorable ou défavorable, antérieure à tout raisonnement ou examen. Il faut se défaire, se dépouiller de toute prévention. Juger des choses sans prévention. C'est un homme plein de préventions. Inspirer à quelqu'un des préventions. Vaincre les préventions de quelqu'un. Un juge ne doit avoir de préventions ni pour ni contre un accusé.

En termes de Jurisprudence, il désigne l'État d'un homme prévenu de délit, de crime. Il est en prévention, en état de prévention. La mise en prévention.

 

PRÉVENTIVEMENT

 

adv.

D'une manière préventive. Détenu préventivement.

 

PRÉVISION

 

n. f.

Action de prévoir, pressentiment, conjecture. L'événement a justifié toutes mes prévisions. Certaines de mes prévisions se sont vérifiées.

En termes de Théologie, il signifie Vue des choses futures. La prévision de Dieu.

 

PRÉVOIR

 

(Il se conjugue comme VOIR, excepté au futur de l'indicatif et au conditionnel, où il fait Je prévoirai, je prévoirais.) v. tr.

Juger par avance qu'une chose doit arriver. Qui eût jamais pu prévoir cet accident? Je prévis bien dès lors ce qui en arriverait. Je ne prévoyais pas que cela dût arriver ainsi. Absolument, Gouverner, c'est prévoir.

Il signifie, par extension, Prendre des précautions, des mesures d'avance, faire les préparatifs nécessaires. Tout a été prévu. Il faut tout prévoir. On ne peut tout prévoir.

 

PRÉVÔT

 

n. m.

Nom qu'on donnait autrefois à Certains officiers ou magistrats chargés d'une juridiction ou préposés à une haute surveillance. Le prévôt royal. Le grand prévôt. Le prévôt de Paris. Le prévôt des marchands. Le prévôt des monnaies. Le prévôt de la maréchaussée.

Il se dit aujourd'hui, en termes militaires, du Commandant de la gendarmerie du quartier général d'un corps d'armée.

Grand prévôt, Commandant de la gendarmerie d'un quartier général d'armée.

Prévôt de salle, prévôt d'armes ou simplement Prévôt, Sous-maître d'escrime dans une salle d'armes. Prendre la leçon avec le prévôt.

Il se dit aussi des Sous-maîtres de gymnastique, de culture physique et de boxe.

 

PRÉVÔTALE

 

adj.

Qui concerne la juridiction du prévôt. Un vol commis sur le grand chemin était un cas prévôtal. Sentence prévôtale. Juridiction prévôtale.

 

PRÉVÔTÉ

 

n. f.

Qualité, fonction, juridiction de prévôt; Territoire où s'exerçait cette juridiction. Juge de la prévôté. Il fut assigné à la prévôté. Dans toute l'étendue de la prévôté.

Il se dit, en termes militaires, du Corps de gendarmes chargé de la surveillance dans une grande unité mobilisée.

 

PRÉVOYANCE

 

n. f.

Faculté de prévoir. Rien n'échappe à sa prévoyance. Cet homme est doué d'une grande prévoyance.

Il désigne aussi l'Action de prévoir et de prendre des précautions pour l'avenir. Il a détourné le mal par sa prévoyance. Une active prévoyance.

 

PRÉVOYANTE

 

adj.

Qui juge bien de ce qui doit arriver et qui prend des mesures pour l'avenir. Il n'est pas assez prévoyant. La sagesse est prévoyante. Avoir l'esprit prévoyant.

 

PRIAPÉE

 

n. f.

Nom que l'on donnait à une Pièce de poésie obscène, à une peinture licencieuse.

Les Priapées, Fêtes en l'honneur du dieu des jardins.

 

PRIE-DIEU

 

n. m.

Sorte de chaise basse, sur laquelle on s'agenouille pour prier Dieu.

 

PRIER

 

v. tr.

Adorer la divinité en lui demandant une grâce, en la remerciant d'une grâce. Il passe ses nuits à prier Dieu. Absolument, Il passe ses nuits à prier. L'Écriture dit : Veillez et priez. Prier pour les morts.

Prier la Vierge, prier les saints, S'adresser à la Vierge, aux saints, afin qu'ils interviennent pour nous auprès de Dieu.

Je prie Dieu que.... se dit en forme de souhait. Je prie Dieu qu'il vous rende la santé.

Je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde, Formule par laquelle le roi terminait ses lettres. PRIER signifie aussi Demander par grâce, avec une sorte d'humilité ou au moins de déférence. Prier quelqu'un de quelque chose, de faire quelque chose, C'est un homme que je vous prie de protéger. Je vous prie, je vous prie instamment, je vous prie en grâce de lui rendre ce service. Prier à mains jointes. Priez-le de ma part de venir me parler.

Il veut être prié, il aime à se faire prier, se dit d'un Homme qui diffère d'accorder une chose facile qu'on lui demande. Elle s'est fait prier pour chanter, et elle en mourait d'envie.

Je vous prie s'emploie souvent dans le langage ordinaire, par simple formule de civilité. Dites-moi, je vous prie, ce que vous entendez par là. Excusez-moi, je vous prie, le vous en prie, si je ne me rends pas à votre invitation. Faites porter cela chez moi, je vous prie. Remarquez, je vous prie, que.... Quelle sera, je vous prie, votre situation? Il s'emploie quelquefois impérieusement. Ah! je vous en prie, que je n'entende plus parler de cela. Je vous prie, que cela n'arrive plus. Ne recommencez pas, je vous prie, je vous en prie.

PRIER signifie aussi Inviter, convier. On l'a prié d'assister à la cérémonie. Il est de ceux qu'on a priés. On l'a prié à dîner.

Repas, dîner prié, Repas, dîner auquel on est invité avec quelque cérémonie.

 

PRIÈRE

 

n. f.

Acte religieux par lequel on s'adresse à Dieu. Se mettre en prière. Être en prière. Prière fervente. Prière vocale. Prière mentale. Demander quelque chose à Dieu dans ses prières. Dieu a exaucé nos prières. Livre de prières. Les prières de l'Église. Prières ordonnées par l'Église. Les prières des morts, pour les morts. Les prières des quarante heures. Se recommander aux prières de quelqu'un. La prière du matin. La prière dit soir. Prières publiques. Ordonner des prières. Prière à la Sainte Vierge. Faire sa prière, dire ses prières.

Dans cette maison, on fait la prière tous les soirs, On y fait la prière en commun tous les soirs.

PRIÈRE signifie aussi Demande faite à titre de grâce et avec une sorte d'humilité ou au moins de déférence. Humble prière. Faire une prière à quelqu'un. Il a fait cela à ma prière. Employer les prières et les menaces. Accordez cela à ma prière, à mes prières. Exaucez ma prière. Ne repoussez point ma prière. Il n'a point voulu écouter mes prières. Il s'est rendu à mes prières. Il a été sourd à mes prières. Vos prières sont des ordres.

PRIÈRE s'emploie aussi, par ellipse, comme une sorte d'impératif. Prière de ne pas se pencher à la portière. Prière d'insérer.

 

PRIEUR

 

n. m.

Supérieur dans certains monastères. Prieur claustral. Prieur conventuel. Le père prieur. Prieur régulier.

Sous-prieur, Celui qui a la direction dans un monastère après le prieur. Le père sous-prieur.

Prieur commendataire, Bénéficier qui jouissait en tout ou en partie des revenus d'un prieuré et qui en portait le titre sans avoir aucune autorité sur les religieux.

Prieur-curé, Religieux desservant une cure dépendant d'un ordre monastique.

PRIEUR était aussi un Titre de dignité dans quelques sociétés. Prieur de Sorbonne, de la maison de Sorbonne.

Dans l'Ordre de Malte, Grand Prieur, Chevalier revêtu d'un bénéfice de l'ordre, appelé Grand prieuré. Grand prieur de France. Grand prieur de Champagne. Grand prieur d'Auvergne.

Dans quelques Abbayes particulières, Grand prieur, Religieux qui avait la première dignité après l'abbé.

 

PRIEURE

 

n. f.

Supérieure dans un monastère de femmes, ou en chef, ou sous une abbesse. La mère prieure. Madame la prieure.

Sous-prieure, La religieuse qui a la direction, dans un monastère de femmes, après la prieuré.

Dans quelques Monastères de femmes, Grande prieure, La religieuse qui était immédiatement après l'abbesse.

 

PRIEURÉ

 

n. m.

Couvent dirigé par un prieur, par une prieure. Prieuré régulier. Prieuré d'hommes. Prieuré de femmes. Prieuré de fondation royale.

Prieuré-cure, Cure dépendant d'un ordre monastique et desservie par un religieux.

Prieuré commendataire, Bénéfice qu'un prieur séculier tenait en commende.

PRIEURÉ se dit aussi de l'Église et des bâtiments d'un couvent dirigé par un prieur ou une prieure. Aller à la messe au prieuré.

Il se disait pareillement de la Maison du prieur, de la prieure. Il était logé au prieuré.

 

PRIMAIRE

adj. des deux genres

. Qui est du premier degré. Il s'emploie particulièrement dans ces locutions :

Assemblée primaire, Assemblée qui forme le premier degré d'un système d'élection, et où les citoyens sont appelés pour choisir des électeurs.

École primaire, École où l'on commence l'instruction des enfants. On dit de même Instruction primaire, enseignement primaire, instituteur primaire. Substantivement et en mauvaise part, Un primaire, Quelqu'un qui n'a reçu qu'une instruction primaire, d'après laquelle il juge de toutes choses avec une sorte de dogmatisme.

En termes de Géologie, Terrains primaires, les Terrains les plus anciens.

 

PRIMAT

 

n. m.

Archevêque qui, en vertu d'anciens droits, possède une suprématie d'honneurs sur tous les évêques et archevêques d'une région. L'archevêque de Lyon porte le titre de primat des Gaules; celui de Bourges porte le titre de primat de toutes les Aquitaines.

Il s'est dit aussi des Notables d'une ville, d'une région de la Grèce moderne. Les primats de Patras.

 

PRIMATES

 

n. m. pl.

T. de Zoologie

. On désigne sous ce nom des Mammifères qui, se rapprochant le plus de l'homme, occupent le premier rang dans l'échelle animale. Les singes anthropoïdes sont des primates.

 

PRIMATIAL, ALE

 

(Dans ce mot et dans le suivant, TI se prononce CI.)adj. Qui appartient au primat, qui se rapporte au primat. Siège primatial. Église primatiale. Juridiction primatiale.

 

PRIMATIE

 

n. f.

Dignité de primat. La primatie des Gaules. La primatie d'Aquitaine.

Il désigne également l'Étendue du ressort de la juridiction ecclésiastique du primat et le Siège de cette juridiction. La primatie de Lyon s'étendait sur les provinces de Paris, de Sens et de Tours. Du siège métropolitain il y avait appel à la primatie.

 

PRIMAUTÉ

 

n. f.

Prééminence, premier rang. La primauté du Saint-Siège, du pape. C'est un homme vain qui voudrait avoir partout la primauté.

 

PRIME

 

adj. des deux genres

. Ancien mot qui signifiait Premier et qui n'est plus employé que dans les locutions suivantes :

De prime abord, Du premier abord, au premier abord. De prime abord, je le pris pour un autre.

De prime saut, Subitement, tout d'un coup.

Primesautier. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

Orge de prime, Variété d'orge hâtive.

En termes d'Algèbre, Prime se dit d'un Petit signe qui désigne le premier degré d'une quantité, d'une grandeur, etc., représentée par une lettre : a prime (a').

 

PRIME

 

n. f.

T. de Liturgie

. La première des heures canoniales. Chanter prime. Réciter prime. Dire prime. Assister à prime.

 

PRIME

 

n. f.

T. d'Escrime

. La première position, celle que prend d'abord l'escrimeur après qu'il a tiré ou est censé avoir tiré l'épée du fourreau.

 

PRIME

n. f.

Somme annuelle payée à une compagnie d'assurances par l'assuré. Prime d'assurance.

Il se dit aussi des Récompenses, des prix que le gouvernement ou certaines associations accordent aux agriculteurs qui se sont distingués par leur travail, par leurs produits. Ce fermier a obtenu plusieurs primes au comice agricole.

Il se dit également d'une Somme accordée pour encourager quelque opération de finance ou de commerce. Prime d'encouragement. Prime d'importation, d'exportation.

Il se dit aussi, figurément, dans le sens d'Encouragement. C'est une prime à la paresse.

Il se dit encore d'un Don gratuit attaché à l'abonnement à un journal, à un achat, etc. Cet album est donné en prime.

En termes de Bourse, il désigne l'Excédent du prix d'une valeur, d'une action, d'une obligation, sur le chiffre de son émission. Cette valeur fait prime. Prime de remboursement. Toucher une prime.

Marché à prime, Négociation à terme d'effets publics, dans laquelle, moyennant une prime payée par l'acquéreur, il est libre de prendre ou de ne pas prendre, au terme convenu, les effets qu'il a achetés. Réponse des primes, Fixation du marché à prime, à chaque échéance.

Fig., Faire prime, Atteindre une valeur supérieure à la valeur initiale, être recherché. Cette édition fait prime aujourd'hui.

PRIME se dit, en termes militaires, de Sommes allouées dans certains cas particuliers. Prime de rengagement. Prime d'habillement.

 

PRIME

 

n. f.

T. de Joaillerie

. Cristal de roche coloré, qui ressemble plus ou moins aux différentes pierres précieuses. Prime d'émeraude. Prime d'améthyste. Prime de topaze. Prime de rubis.

 

PRIMER

 

v. intr.

Tenir la première place, se distinguer, avoir l'avantage sur les autres. Cet homme prime en tout. Il veut toujours primer. Il veut primer partout.

Aimer à primer, Aimer à paraître plus que les autres, à dominer sur eux.

PRIMER est aussi transitif et signifie Devancer, surpasser. Il prime tous ses camarades d'étude. " La force prime le droit " est un mot célèbre attribué à Bismarck.

En termes de Jurisprudence, Primer quelqu'un en hypothèque, Avoir une hypothèque antérieure à la sienne. On dit d'une manière analogue : Une créance en prime une autre. Ma créance prime la vôtre.

 

PRIMER

 

v. tr.

Récompenser, gratifier d'une prime. Ce cultivateur a été primé plusieurs fois. Primer un taureau.

 

PRIMESAUTIER, IÈRE

 

adj.

Qui se détermine, qui agit, qui parle ou qui écrit de premier mouvement, sans délibération, sans réflexion préalable. Il est primesautier. Un esprit primesautier. Une intelligence primesautière. Mouvement primesautier.

 

PRIMEUR

 

n. f.

Caractère de ce qui est nouveau. Vous avez eu la primeur de cette nouvelle.

Il se dit spécialement de la Première saison des fruits et des légumes. Les fraises, les petits pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur.

Il se dit aussi en parlant du Vin. Certains vins sont bons dans la primeur, Ils sont bons à boire aussitôt après la vendange.

PRIMEUR se dit encore des Fruits et des légumes précoces. On a servi des primeurs. C'est une primeur.

 

PRIMEVÈRE

 

n. f.

Plante de la famille des Primulacées, qui fleurit vers la fin du mois de février et qui est une des premières qu'on voit avant le printemps. Primevère double. Primevère simple. Bouquet de primevères. Bordure de primevères. L'oreille-d'ours est une espèce de primevère.

 

PRIMICIER

 

n. m.

Celui qui a la première dignité dans certaines églises, dans certains chapitres.

C'est aussi le Titre donné à certains dignitaires de la cour byzantine.

 

PRIMIDI

 

n. m.

Le premier jour de la décade, dans le calendrier républicain.

 

PRIMIPARE

 

adj. des deux genres

. T. de Biologie et de Médecine

. Qui enfante pour la première fois.

 

PRIMIPILAIRE ou PRIMIPILE

 

n. m.

T. d'Antiquité

. Nom distinctif du Premier centurion, chez les Romains, c'est-à-dire de celui qui commandait la première compagnie de chaque cohorte.

 

PRIMITIF, IVE

 

adj.

Qui est le premier, le plus ancien. Titre primitif. Les titres qu'on a produits ne sont pas suffisants, il faut voir le titre primitif. La valeur primitive d'une monnaie.

L'état primitif d'une chose, Le premier état dans lequel on sait, où l'on conjecture qu'elle était. On dit de même La forme primitive.

Le monde primitif, Le monde tel qu'on suppose qu'il était dans les temps les plus anciens.

Langue primitive se dit des Langues qu'on suppose avoir été parlées les premières. Il se dit aussi des Langues qu'on suppose ne s'être formées d'aucune autre.

L'innocence primitive, L'état de l'âme, antérieur au péché.

La primitive Église, L'Église des premiers siècles du christianisme.

PRIMITIF se dit aussi de Ce qui a le caractère des premiers âges. Les moeurs de cette population sont très primitives.

Il signifie, familièrement, Qui est rudimentaire, sommaire. Leur installation est bien primitive. En termes de Grammaire, il se dit du Mot radical dont se forment les mots qu'on appelle dérivés ou composés. Mot primitif. Juste est le mot primitif de Justicier, de Justifier, d'Injuste, d'Injustice, etc. Substantivement, Ce primitif a beaucoup de dérivés.

PRIMITIF s'emploie aussi comme nom masculin, en termes d'Histoire de l'Art, et se dit des Artistes qui ont précédé les grandes époques restées classiques. Les primitifs français, italiens, flamands. Il se dit aussi, par extension, d'un Tableau dû à un primitif. Il y a dans ce musée de beaux primitifs.

 

PRIMITIVEMENT

 

adv.

Originairement. Ce mot a été employé primitivement dans un sens beaucoup plus restreint.

 

PRIMO

 

adv.

Mot emprunté du latin, qui signifie Premièrement.

 

PRIMOGÉNITURE

 

n. f.

T. de Jurisprudence

. Aînesse. Les enfants mâles succèdent, dans ce pays, par ordre de primogéniture.

 

PRIMORDIAL, ALE

 

adj.

Qui est primitif, qui est le premier, qui est le plus ancien. L'état primordial des choses.

En termes de Botanique, Feuilles primordiales, Petites feuilles qui sont déjà visibles dans la graine et qui font partie de la plumule.

 

PRIMORDIALEMENT

 

adv.

Primitivement, à l'origine.

 

PRIMULACÉES

 

n. f.

pl. T. de Botanique

. Famille de plantes dicotylédones dont le type est la primevère.

 

PRINCE

 

n. m.

Celui qui possède une souveraineté ou qui est d'une maison souveraine. Prince souverain. Prince feudataire. Prince étranger. Les princes chrétiens. Les princes d'Allemagne. Les princes d'Italie. Il s'est mis par ses talents, par ses vertus, au rang des plus grands princes.

Princes du sang, Ceux qui sont sortis de la maison royale par les mâles; et Princes étrangers, Ceux qui viennent d'une maison souveraine étrangère, ou qui en ont le rang.

Prince royal, prince impérial, Héritier du souverain régnant.

Vivre comme un prince, être vêtu comme un prince, etc., Vivre splendidement, être magnifiquement vêtu, etc.

Fig., Ce sont jeux de prince, qui ne plaisent qu'à ceux qui les font; ou absolument, Ce sont jeux de prince, se dit des Amusements et des jeux dans lesquels on se met peu en peine du mal qui peut en résulter pour autrui.

Fig. et fam., Il est bon prince, se dit d'un Homme qui a un caractère et des manières faciles.

PRINCE, employé absolument avec l'article défini, se dit ordinairement du Souverain qui commande dans le lieu dont on parle. Le prince veut être obéi. Avoir audience du prince. Avoir l'oreille, la faveur, les bonnes grâces du prince. Les monnaies portent l'effigie du prince.

Le fait du prince, Un acte du souverain usant de son autorité. Il s'emploie aujourd'hui dans le sens d'Acte arbitraire.

PRINCE se dit aussi de Ceux qui, sans être souverains, ni de maison souveraine, possèdent des terres qui ont le titre de Principautés, ou bien à qui un souverain a conféré ce titre.

Il se dit aussi de Celui qui est le premier par ordre de dignité, de mérite, de talent. Aristote, le prince des philosophes. Homère, le prince des poètes. Démosthène, le prince des orateurs grecs. Etc. Il n'est usité, en ce sens, que dans le style soutenu.

Princes de l'Église, Les cardinaux, les archevêques et les évêques.

Le prince des apôtres, Saint Pierre. Les princes des apôtres, Saint Pierre et saint Paul.

Le prince des ténèbres, Le démon.

En termes d'Histoire romaine, Le prince du Sénat, Le sénateur que le censeur nommait le premier, en lisant la liste des membres du Sénat. Le prince de la jeunesse, Le jeune prince de la famille impériale, que l'empereur mettait à la tête des fils de sénateurs, pour la célébration des jeux troyens.