Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 5 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Abroger

 

v. tr.

Rendre nul. Il se dit principalement en parlant de Lois, de coutumes. Abroger une loi, une ordonnance, une coutume. Cette loi s'est abrogée d'elle-même, par désuétude, par le temps.

 

ABROUTI, IE

 

adj.

T. d'Eaux et Forêts

. Qui a été brouté par le bétail, en parlant des premières pousses de bois.

 

ABRUPT, UPTE

 

adj.

Dont la pente est escarpée et comme rompue. Montagne abrupte.

Il se dit figurément d'une Manière d'écrire rompue, sans liaison. Style abrupt.

 

ABRUTIR

 

v. tr.

Rendre stupide comme une bête brute. Le vin pris avec excès abrutit les hommes, abrutit l'esprit.

S'ABRUTIR signifie Devenir stupide comme une bête brute. Cet homme s'abrutit.

Familièrement, On l'a abruti de travail.

Le participe passé s'emploie aussi comme nom : Un abruti.

 

ABRUTISSANT, ANTE

 

adj.

Qui abrutit, qui est propre à abrutir. Un genre de vie abrutissant. Des plaisirs abrutissants. Cette occupation est abrutissante.

 

ABRUTISSEMENT

 

n. m.

État d'une personne abrutie. Cet homme est tombé dans un grand abrutissement. La débauche l'a plongé dans l'abrutissement.

 

ABSCISSE

 

n. f.

T. de Mathématiques

. L'une des deux coordonnées rectilignes par lesquelles on définit la position d'un point dans un plan; l'autre s'appelle Ordonnée.

Axe des abscisses, axe des ordonnées, Droites indéfinies sur lesquelles les abscisses et les ordonnées se mesurent à partir d'une commune origine, qui est leur point d'intersection.

 

ABSCONS, ONSE

 

adj.

Qui est caché, mystérieux. Voilà un raisonnement bien abscons.

 

ABSENCE

 

n. f.

Le fait d'être absent. Longue absence. Les peines de l'absence. Il fait de fréquentes absences.

Il se dit aussi du Défaut de présence à une réunion, à une assignation, à un appel. On n'a pas laissé de se divertir en votre absence. Il fut ordonné qu'on procéderait tant en présence qu'en absence de l'accusé, ou des parties. On a fait constater son absence.

Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de la Situation d'une personne dont on n'a point reçu de nouvelles depuis une certaine époque et dont la résidence actuelle n'est point connue. Tant que l'absence n'a pas été déclarée par un jugement, elle n'est que présumée. Présomption d'absence. Les effets de l'absence.

Il s'emploie figurément au sens moral. Il y a dans cet ouvrage une absence totale d'esprit, de goût, de logique.

Fig., Absence d'esprit, Distraction, manque d'attention. Il est sujet à des absences d'esprit. On l'emploie surtout absolument. C'est chez lui une absence. Il a souvent des absences.

 

ABSENT, ENTE

 

adj.

Qui est éloigné de sa demeure, de sa résidence ordinaire, ou Qui n'est pas dans le lieu où l'on devait le trouver. Vous avez été longtemps absent. Être absent de Paris. Absent par congé. J'étais absent au moment de l'appel.

Il signifie au figuré Qui est distrait, inattentif. Son esprit est quelquefois absent. Durant toute notre conversation il est resté comme absent. Avoir l'air absent.

Il est aussi employé comme nom. Tant les absents que les présents. On oublie aisément les absents.

Prov., Les absents ont toujours tort.

Il s'emploie aussi en termes de Jurisprudence. Les personnes présumées absentes. Les biens que l'absent possédait au jour de sa disparition. Voyez ABSENCE.

 

ABSENTER (S')

 

v. pron.

S'éloigner de quelque lieu où l'on est habituellement, où la profession, les fonctions qu'on exerce veulent que l'on demeure, etc. S'absenter d'un pays. Ce soldat s'est absenté du poste sans la permission de son chef. Il s'est absenté pour se dérober à leurs poursuites.

 

ABSIDE

 

n. f.

T. d'Architecture

. Voûte, partie semi-circulaire.

Il a été employé par les premiers écrivains chrétiens pour désigner la Tribune ou grande niche surmontée d'une voûte qui terminait les basiliques antiques. Plus tard, et par extension, il s'est dit de l'Extrémité du sanctuaire, ou chevet des églises.

 

ABSINTHE

 

n. f.

Plante de la famille des Composées, qui est très amère et aromatique. Vin, teinture d'absinthe. Cela est plus amer que de l'absinthe.

Il se dit aussi d'une Liqueur qu'on prépare en faisant infuser des feuilles d'absinthe dans de l'eau-de-vie et dont l'usage est une des formes les plus funestes de l'alcoolisme. Prendre un verre d'absinthe. Il s'est tué à boire de l'absinthe.

 

ABSOLU, UE

 

adj.

Qui est complet, sans restriction. Quand il s'applique à l'autorité, il signifie Qui est souverain, sans contrôle. Pouvoir absolu. Autorité absolue. Monarchie absolue. Commandement absolu. On dit de même Souverain absolu, maître absolu.

Il signifie aussi Qui est impérieux, entier. Cet homme est absolu dans tout ce qu'il veut. Parler d'un ton absolu. Un caractère absolu.

Il signifie encore Qui est total, sans exception. Une impossibilité absolue. Il y a peu de vérités absolues.

Il se dit, en termes de Métaphysique et de Grammaire, par opposition à Relatif. Homme est un terme absolu, Père est un terme relatif.

Emploi absolu se dit à propos d'un Verbe ou d'un nom qui n'est pas accompagné de son complément habituel ou logique. Dans Il mange bien, il boit bien, mange et boit sont d'un emploi absolu.

En termes de Grammaire latine, Ablatif absolu, Ablatif qui n'est régi par aucun mot exprimé dans la proposition. On dit de même, en termes de Grammaire grecque, Génitif absolu.

Il s'emploie comme nom, en termes de Métaphysique, et signifie Ce qui existe indépendamment de toute condition. L'absolu. La philosophie de l'absolu.

 

ABSOLUMENT

 

adv.

D'une manière absolue. Cet homme dispose absolument de tout dans la maison.

Il signifie aussi Résolument, malgré toute opposition et toute remontrance. On eut beau lui dire qu'il ne devait pas partir, il le voulut absolument. Je n'en ferai absolument rien.

Il signifie quelquefois Indispensablement. Il faut absolument que vous partiez.

Il signifie encore Tout à fait, entièrement. Je ne suis pas absolument décidé à poursuivre cette affaire. Il nia absolument le fait. Tout le monde absolument fut de cet avis. Il ne fait absolument rien.

Absolument parlant, À juger de la chose en général, et sans entrer dans aucun détail. Cette raison n'est pas mauvaise, absolument parlant. Il y a des beautés dans cet ouvrage; mais, absolument parlant, il n'est pas bon.

En termes de Grammaire, Prendre, employer un mot absolument, Employer sans complément un mot auquel il est plus ordinaire d'en donner un, ou qui est susceptible d'en avoir un. Tel verbe se prend, s'emploie quelquefois absolument. Dans cette phrase, Espérer, c'est jouir, les verbes espérer et jouir sont pris absolument. Dans celle-ci, Vivre dans l'abondance, le mot Abondance est employé absolument pour dire L'abondance des choses nécessaires et agréables à la vie.

 

ABSOLUTION

n. f.

Action d'absoudre. L'absolution lui fut donnée par l'opinion publique.

Il signifie aussi, en termes de Droit criminel, Jugement qui renvoie de l'accusation un accusé auteur d'un fait qui n'est puni par aucune loi.

En termes de Théologie, il signifie encore Action par laquelle le prêtre remet les péchés en vertu des paroles sacramentelles qu'il prononce. Donner l'absolution. Absolution sacramentelle. Il est mort un moment après avoir reçu l'absolution.

 

ABSOLUTISME

 

n. m.

Théorie ou pratique d'une autorité absolue. L'absolutisme de Pierre le Grand. Hobbes est un défenseur de l'absolutisme.

 

ABSOLUTISTE

 

adj. des deux genres

. Qui est partisan de l'absolutisme. Des théories absolutistes. Des procédés absolutistes. Substantivement, Un absolutiste. Les absolutistes l'ont emporté dans telle circonstance.

 

ABSOLUTOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui porte absolution. Il ne s'emploie plus qu'en termes de Chancellerie romaine. Bref absolutoire.

 

ABSORBANT, ANTE

 

adj.

Qui absorbe. Une terre absorbante. Des sables absorbants.

En termes de Médecine et de Pharmacie, il se dit des Substances et des préparations médicinales ayant la propriété d'absorber les acides qui se développent spontanément dans l'estomac. Substance, poudre absorbante.

Il s'emploie plus ordinairement comme nom. On lui a donné des absorbants.

Figurément, ABSORBANT signifie Qui s'empare de l'esprit, qui l'occupe tout entier. Pensées, occupations absorbantes.

 

ABSORBEMENT

n. m.

État d'une personne absorbée. L'absorbement de l'âme dans la méditation. Dans son absorbement il ne s'aperçut de rien. Il vieillit.

 

ABSORBER

 

v. tr.

Faire pénétrer en soi, s'assimiler. Les sables, les terres sèches et légères absorbent les eaux de la pluie en un moment. Absorber de la nourriture. Les pluies s'absorbent dans les sables.

Il se dit dans un sens analogue en parlant des Couleurs, des sons, des odeurs, des saveurs. Le noir absorbe la lumière. Une voix faible est absorbée dans un grand choeur de musique. L'odeur de la tubéreuse absorbe l'odeur de la plupart des autres fleurs.

Il se dit aussi des Corps qui ont la faculté de pomper les fluides placés à leur portée. Les branches gourmandes absorbent la nourriture destinée au reste de l'arbre. Les fluides sont absorbés par les vaisseaux lymphatiques. La membrane muqueuse du poumon absorbe l'oxygène de l'air, dans l'acte de la respiration. L'éponge absorbe l'eau.

ABSORBER, au figuré, signifie Consumer entièrement, et, en ce sens, il se dit principalement en parlant des biens, des richesses, de l'argent. Les procès ont absorbé tout son bien. Les frais ont absorbé la meilleure partie de la succession. Tout passe et s'absorbe dans l'éternité. Cette lecture absorbera trop de temps.

Il signifie aussi Attirer à soi en entier. Cet orateur avait tellement absorbé l'attention qu'il n'y en eut plus pour les autres. Cette scène absorbe tout l'intérêt de la pièce. Ses nouvelles fonctions l'absorbent tout entier.

Le participe passé ABSORBÉ, ÉE, se dit d'une Personne profondément appliquée à quelque chose. Il est entièrement absorbé dans l'étude des mathématiques. Il était absorbé dans ses réflexions.

Être tout absorbé en Dieu, Être dans une méditation continuelle des choses de Dieu. Absolument, Il est tout absorbé.

 

ABSORPTION

 

n. f.

Action d'absorber. Il se dit principalement, en termes de Physiologie, de Cette fonction par laquelle les êtres organisés attirent à eux et pompent les fluides qui les environnent ou qui sont exhalés intérieurement. L'absorption est très active chez les enfants. L'absorption du chyle se fait à la surface des intestins.

 

ABSOUDRE

(J'absous, tu absous, il absout; nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent. J'absolvais. J'ai absous. J'absoudrai. J'absoudrais. Absous, absolvons, absolvez. Que j'absolve. Absolvant. Absous, absoute.) v. tr.

T. de Droit criminel

. Renvoyer de l'accusation une personne reconnue l'auteur d'un fait qui n'est pas qualifié punissable par la loi. Il signifie aussi Déclarer un accusé innocent du crime ou du délit qui lui était imputé, l'acquitter. En absolvant cet homme, on n'a pas fait justice. Il y a eu cinq voix pour condamner l'accusé et sept pour l'absoudre. On l'a absous malgré le crédit de ses ennemis. Il s'est fait absoudre du crime dont on l'accusait.

En termes de Théologie, il signifie Remettre les péchés. Tout prêtre a pouvoir d'absoudre en cas de danger de mort. Absoudre un pénitent. Absoudre en confession.

Il s'emploie figurément dans le langage ordinaire. Je vous absous de votre négligence, en faveur de votre repentir.

 

ABSOUTE

 

n. f.

T. de Liturgie catholique

. Prière qui termine une cérémonie funèbre. Le curé a donné l'absoute.

Il se disait aussi d'une Absolution publique et solennelle qui se donnait au peuple le jeudi saint au matin, ou le mercredi saint au soir dans les cathédrales.

 

ABSTENIR (S')

 

(Il se conjugue comme TENIR.)v. pron.

S'empêcher de faire quelque chose, se priver de l'usage de quelque chose. S'abstenir de boire et de manger. S'abstenir de jurer. Quand on a pris l'habitude de faire quelque chose, il est bien malaisé de s'en abstenir. S'abstenir de vin. Il s'est abstenu de toutes sortes de plaisirs.

Il s'emploie quelquefois absolument. Il est plus aisé de s'abstenir que de se contenir. Dans le doute, abstiens-toi.

En termes de Jurisprudence, Ce juge s'abstient d'opiner, de juger, ou absolument s'abstient, Il se récuse lui-même. Cet héritier s'est abstenu de la succession, Il n'a point fait acte d'héritier.

 

ABSTENTION

 

n. f.

Action de s'abstenir de l'exercice d'un droit, d'une fonction, ou Résultat de cette action. L'abstention de vote. L'abstention des électeurs. Il y a eu, à ces élections, un grand nombre d'abstentions. Il se dit particulièrement de l'Acte par lequel un juge s'abstient, se récuse lui-même.

ABSTERGENT, ENTE

 

adj.

T. de Chirurgie

. Qui sert à nettoyer les plaies, les ulcères. Remède abstergent.

Il s'emploie aussi comme nom. Un bon abstergent.

 

ABSTERGER

 

v. tr.

T. de Chirurgie

. Nettoyer. Il se dit en parlant des Plaies, des ulcères.

 

ABSTERSIF, IVE

 

adj.

T. de Chirurgie

. Qui est propre à nettoyer. On dit plutôt ABSTERGENT.

 

ABSTERSION

 

n. f.

T. de Chirurgie

. Action d'absterger.

 

ABSTINENCE

 

n. f.

Action de s'abstenir. Abstinence de vin. Vivre dans l'abstinence de tous les plaisirs. L'Église catholique enjoint aux prêtres l'abstinence des femmes.

Il s'emploie absolument et se dit alors en parlant du Boire et du manger. L'abstinence est utile au corps et à l'âme. On lui a ordonné une grande abstinence. On lui faisait faire abstinence malgré lui.

Il s'emploie spécialement en ce sens pour désigner Certaines privations ordonnées par l'Église. Exténué de jeûnes et d'abstinences. Jours d'abstinence, Ceux où l'on doit s'abstenir de manger de la viande, sans être obligé de jeûner.

 

ABSTINENT, ENTE

adj.

Qui est modéré dans le boire et le manger. Il est peu usité.

 

ABSTRACTEUR

 

n. m.

Celui qui use volontiers des abstractions.

 

ABSTRACTION

 

n. f.

Action d'abstraire, de séparer, opération par laquelle l'esprit isole des choses qui sont unies. Pour bien juger les hommes il faut ne considérer que leur mérite et faire abstraction de leur fortune. Abstraction faite du style, qui est faible, cet ouvrage a un réel mérite.

Il se dit aussi des Idées générales, des propriétés, des qualités séparées par l'esprit des sujets auxquels elles sont unies. Humanité, raison, vertu, savoir, blancheur, pesanteur, etc., sont des abstractions.

Il se dit dans un sens défavorable des Idées trop métaphysiques, des théories générales qui ne s'appuient pas suffisamment sur les faits. C'est un esprit chimérique qui se perd dans les abstractions.

Il signifie encore, au pluriel, Préoccupation, rêverie qui empêche un homme de penser aux choses dont on lui parle ou qu'il a sous les yeux. Cet homme est dans des abstractions continuelles.

 

ABSTRACTIVEMENT

 

adv.

En faisant abstraction. On peut considérer abstractivement les qualités des corps. Abstractivement parlant.

 

ABSTRAIRE

 

(J'abstrais, nous abstrayons. J'abstrayais. J'ai, j'avais, j'eus, etc., abstrait. Il est inusité aux autres temps.)v. tr.

Considérer isolément par abstraction des choses qui sont unies. Abstraire l'accident du sujet, de la substance. En algèbre, on abstrait la quantité, le nombre de toutes sortes de sujets.

S'ABSTRAIRE signifie Se plonger dans la méditation ou dans la rêverie, n'avoir de pensée et d'attention que pour l'objet intérieur qui occupe. Il a une telle faculté de s'abstraire qu'il travaille au milieu du bruit.

ABSTRAIT, AITE

 

adj.

Qui participe de l'abstraction.

Terme abstrait, Terme qui désigne par abstraction une Qualité considérée toute seule et séparée du sujet, par opposition à Terme concret. Rondeur, blancheur, bonté sont des termes abstraits; et Rond, blanc, bon, unis à des noms de substances, comme Pain rond, vin blanc, bon prince, sont des termes concrets. On dit dans un sens analogue Une idée abstraite; et comme nom L'abstrait et le concret. On dit aussi, en termes de Grammaire, Nom abstrait.

En termes de Mathématiques, Nombre abstrait, Tout nombre que l'on considère seulement comme une collection d'unités, quelles que soient ces unités, et en faisant abstraction de leur nature, par opposition à Nombre concret.

ABSTRAIT signifie aussi Qui est difficile à saisir, à pénétrer. Ce discours est abstrait. Cette question est bien abstraite. On dit dans le même sens Un écrivain, un philosophe abstrait.

 

ABSTRAITEMENT

 

adv.

D'une manière abstraite. Il traita la question abstraitement.

 

ABSTRUS, USE

 

adj.

Qui est difficile à saisir par l'esprit. Sciences abstruses. Raisonnements abstrus. Question abstruse. Sens abstrus.

Il s'applique quelquefois aux personnes dans un sens défavorable. Ce philosophe m'a paru fort abstrus.

 

ABSURDE

 

adj. des deux genres

. Qui est contre le sens commun. Cela est absurde. Il serait absurde de dire... Voilà un raisonnement absurde. Conduite absurde.

Il se dit aussi de la Personne qui parle ou agit absurdement. Un raisonneur absurde. Vous êtes absurde.

Il s'emploie aussi comme nom masculin et signifie Chose absurde. Tomber dans l'absurde. Démonstration, preuve par l'absurde. Démontrer une chose par l'absurde.

Réduire un homme à l'absurde, Le forcer, dans la discussion, à se rendre ou à déraisonner. Réduire une opinion, un raisonnement à l'absurde, Montrer, prouver que le principe ou la conséquence en est absurde.

 

ABSURDEMENT

 

adv.

D'une manière absurde. Raisonner, parler absurdement.

 

ABSURDITÉ

 

n. f.

Défaut de ce qui est absurde. L'absurdité d'un discours, d'un raisonnement, d'une assertion.

Il se dit aussi de la Chose même qui est absurde. Il s'ensuivrait de là une grande absurdité. Il nous a débité mille absurdités.

On dit aussi Cet homme est d'une absurdité rare.

 

ABUS

 

n. m.

Usage mauvais, excessif de quelque chose. L'abus qu'il a fait de ses richesses, de ses forces, de sa santé, de son autorité.

Il se dit absolument pour signifier Désordre, usage pernicieux. Abus manifeste. Réformer, corriger, retrancher les abus. Il s'est glissé divers abus dans la justice, dans cette administration. Il faut distinguer entre un usage reçu et un abus qui s'est introduit.

En termes de Jurisprudence, Abus de pouvoir se dit de l'Acte d'un fonctionnaire qui outrepasse son autorité. Abus de confiance, Délit que l'on commet en abusant de la confiance de quelqu'un.

Appel comme d'abus, Appel interjeté contre la sentence, l'acte ou l'écrit d'un ecclésiastique qu'on prétend avoir excédé son pouvoir ou avoir contrevenu aux lois de l'État. Interjeter appel comme d'abus. On dit de même Le Conseil d'État a jugé qu'il y avait abus, Il a admis l'appel comme d'abus.

Il signifie aussi Erreur. Voilà un étrange abus. C'est par abus qu'on a pu soutenir une telle opinion. C'est souvent commettre un abus de compter sur la justice des hommes. En ce sens, il a vieilli.

 

ABUSER

v. tr.

Tromper. Il vous promet cela, il vous abuse. Abuser les esprits faibles. Vous m'avez abusé par de fausses promesses. Sa passion l'abuse. On s'abuse souvent soi-même. Je comptais sur votre amitié, je vois que je me suis cruellement abusé.

ABUSER DE signifie User mal, autrement qu'on ne doit d'une chose. Il a abusé de votre bonté. Il abuse des grâces que Dieu lui fait. Si vous lui accordez cette liberté, il n'en abusera pas. Il abuse de son temps, de son crédit, de son autorité, de sa santé. On abuse des meilleures choses. Vous abusez de ma patience. C'est abuser de la permission. Ce poète abuse de sa facilité. On dit aussi Abuser de quelqu'un, User avec excès de sa complaisance, de sa bonté.

Abuser d'une fille, En jouir sans l'avoir épousée. C'est une fille dont il a longtemps abusé.

ABUSER, en termes de Droit, se prend pour Mal user d'une chose, la détruire. La propriété consiste dans le droit d'user et d'abuser.

 

ABUSEUR

 

n. m.

Celui qui abuse. Un grand abuseur. Il est familier et peu usité.

 

ABUSIF, IVE

 

adj.

Où il y a abus, qui est contraire à l'ordre, aux règles, aux lois. Privilèges abusifs. Usage abusif. Procédure abusive.

 

ABUSIVEMENT

 

adv.

D'une manière abusive. Mot employé abusivement. Cet homme a été abusivement emprisonné.

 

ABYSSAL, ALE

 

adj.

T. de Géographie

. Qui a rapport aux abysses. Les profondeurs abyssales sont très variables.

 

ABYSSE

 

n. m.

T. de Géographie

. Région sous-marine très profonde.

 

ACABIT

 

n. m.

Qualité bonne ou mauvaise de certaines choses. Il a vieilli.

Il se dit plus souvent au figuré et familièrement en parlant des Personnes. Ce sont gens de même acabit.

 

ACACIA

 

n. m.

Plante de la famille des Mimosées, qui a deux espèces dont l'une fournit la gomme arabique et l'autre la gomme dite du Sénégal. Suc d'acacia.

Il se dit le plus ordinairement d'une Variété de robinier à rameaux épineux et à fleurs blanches et odorantes disposées par grappes de la famille des Légumineuses.

 

ACADÉMICIEN

 

n. m.

Celui qui fait partie d'une compagnie de gens de lettres, de savants ou d'artistes, nommée Académie. Un académicien de Marseille, de Toulouse. Les académiciens de la Crusca. Il a quelquefois un féminin. L'Académie de peinture a nommé quelques femmes académiciennes.

Il se dit aussi d'un Philosophe de l'école platonicienne dite Académie. Les académiciens et les péripatéticiens étaient opposés sur plusieurs points.

 

ACADÉMIE

 

n. f.

Compagnie de personnes qui se réunissent pour s'occuper de belles lettres, de sciences ou de beaux-arts. L'Académie française, l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences morales et politiques forment l'Institut. L'Académie de Médecine. L'Académie de Stanislas. L'Académie de Marseille, de Besançon, de Caen, etc. Les membres d'une académie. L'Académie belge de langue française.

Il se dit absolument de l'Académie française. Un discours de réception à l'Académie. Le Dictionnaire de l'Académie.

Les quarante de l'Académie, Les quarante membres de l'Académie française. Il se dit aussi d'un Lieu où l'on s'exerce à la pratique d'un art. Académie de danse. Académie de dessin.

Académie Nationale de Musique, Le théâtre de l'Opéra.

ACADÉMIE se disait dans l'ancienne France d'un Lieu où les jeunes gens apprenaient l'équitation et autres exercices du corps. Il mit son fils à l'académie. Au sortir de l'académie, il partit pour l'armée.

Il s'est dit aussi d'une Maison de jeu. Tenir académie.

ACADÉMIE se dit encore des Divisions territoriales de l'Université de France dont chacune est dirigée par un recteur. L'académie de Paris, de Lyon, de Bordeaux, de Poitiers, etc. Le recteur de cette académie. Cette ville est du ressort de telle académie.

ACADÉMIE, en termes de Peinture, se dit d'une Figure entière, qui est peinte ou dessinée d'après un modèle nu et qui n'entre pas dans la composition d'un tableau.

 

ACADÉMIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est propre aux membres d'une Académie. Conférences, questions académiques. Séances académiques.

École académique, Ensemble de principes littéraires ou artistiques qui sacrifient la réalité à la convention.

Il s'emploie particulièrement en parlant de l'Académie française. Discours académique. Fauteuil académique. Un talent académique. Ouvrage académique. Style académique.

Il signifie aussi Qui est propre aux philosophes de l'Académie.

Il signifie encore Qui a rapport à l'administration d'une académie, dans le sens universitaire du mot. Les bureaux de l'inspection académique.

 

ACADÉMISME

 

n. m.

T. de Peinture et de Sculpture

. Observation absolue des traditions de l'École académique.

 

ACADÉMISTE

 

n. m.

Anciennement, Membre de l'Académie française.