Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 88 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Banneton

 

n. m.

Coffre percé de trous qui sert à conserver le poisson dans l'eau.

 

BANNETTE

 

n. f.

Petite banne en osier.

 

BANNIÈRE

 

n. f.

Enseigne, étendard. Il signifiait particulièrement autrefois l'Enseigne que le seigneur de fief avait droit de porter à la guerre et sous laquelle se rangeaient les vassaux qu'il y conduisait.

Fig. et fam., Se ranger sous la bannière de quelqu'un, Se ranger de son parti.

Il se disait encore du Pavillon qui indiquait à quelle nation appartenait le bâtiment qui l'arborait. Trafiquer sous la bannière de France. Arborer la bannière. On dit maintenant PAVILLON.

Il se dit aussi d'une Sorte d'étendard que l'on porte aux processions et qui sert à distinguer une paroisse ou une confrérie. La croix et la bannière. La bannière d'une paroisse. La bannière d'une confrérie. Par extension, Il se dit de l'Étendard d'une société, d'une corporation.

Fig. et fam., Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, Aller le recevoir avec appareil. Il a fallu pour le décider la croix et la bannière, Il a fallu le beaucoup prier pour lui faire accepter une invitation, on a eu beaucoup de peine à le déterminer à prendre un parti ou à faire une démarche.

 

BANNIR

 

v. tr.

Condamner une personne à sortir d'un pays, à être chassée ou transportée hors d'un territoire, avec défense d'y rentrer. Bannir à temps. Bannir à perpétuité. Il fut banni de sa patrie. On l'a banni du pays.

Par extension, il signifie, en parlant des choses aussi bien que des personnes, Expulser, éloigner, exclure. Il faut bannir les médisants des bonnes compagnies. C'est un fripon que l'on a banni de toutes les maisons honnêtes. Homme banni de partout. Bannir le luxe. Bannir le vice, le mensonge. Il a banni de son ouvrage les expressions trop techniques. Cette contrainte bannirait tout agrément de notre société. Craignez de bannir la paix de votre ménage.

Se bannir d'un lieu, d'une maison, d'une société, Cesser ou s'abstenir d'y aller, quoique à regret.

Il signifie figurément Éloigner de son âme, de son souvenir. Bannir toute crainte, toute honte. Bannir le chagrin de son esprit. Bannissez les scrupules. Bannir un ingrat de sa mémoire.

Le participe passé BANNI, IE, est aussi employé comme nom. Obtenir le rappel d'un banni. Rappeler des bannis.

Fig., Il est banni de partout se dit de Celui à qui le mépris qu'il inspire ferme toutes les portes.

 

BANNISSABLE

 

adj. des deux genres

. Qui doit être banni. Il est peu usité.

 

BANNISSEMENT

 

n. m.

Action de bannir ou Résultat de cette action. L'arrêt qui prononce leur bannissement. Depuis son bannissement. Être condamné au bannissement. Être puni du bannissement. Dans notre législation actuelle, le bannissement est une peine essentiellement temporaire.

 

BANQUE

 

n. f.

Commerce qui consiste à recevoir des capitaux en compte courant avec ou sans intérêt; à échanger des effets ou à les escompter avec des espèces, à des taux et moyennant des commissions variables; à exécuter pour le compte de tiers toutes opérations de ce genre et à se charger de tous services financiers; à créer et à émettre des lettres de change; d'une façon générale, Commerce de l'argent, ainsi que des titres et valeurs. Ce négociant fait la banque, entend bien la banque. On disait de même autrefois Tenir la banque. Tenir banque ouverte.

Il désigne particulièrement l'Établissement où se fait ce commerce.

Maison de banque, ou simplement Banque, Maison où l'on fait le commerce de banque. La Banque de France, de Londres, de Bordeaux. Le directeur, les régents de la banque. Porter son argent à la banque. Action de la banque. Banques d'escompte, de dépôt et de virement. Banques agricoles, hypothécaires, foncières, mobilières, immobilières. Banques industrielles, populaires, coloniales. Les banques particulières et les banques publiques sont ordinairement sous la surveillance de l'autorité.

Il se dit, par extension, des Négociants mêmes qui font ce commerce. Les frères Tels sont la meilleure maison de banque d'Amsterdam.

Billet de banque, Billet à vue et au porteur émis par une banque dite : Banque d'émission. En France, la Banque de France a le privilège exclusif d'émettre des billets de banque. Billet de banque de cinq cents francs, de mille francs.

Avoir un compte en banque, Y avoir des fonds déposés et s'y faire créditer ou débiter.

Il se dit aussi, dans certains corps de métiers, du Paiement qui se fait aux ouvriers, chaque semaine, ou tous les quinze jours, ordinairement le samedi. Jour de banque. Livre de banque.

À certains jeux où une seule personne joue contre plusieurs, il se dit de la Somme que celui qui tient le jeu a devant lui pour payer ceux qui gagnent. La banque est considérable. Faire une bonne, une mauvaise banque, Gagner ou perdre en tenant le jeu. Faire sauter la banque, Gagner tout l'argent que le banquier a mis au jeu.

Dans certains corps de métiers, il se dit de la Table devant laquelle ou du Siège sur lequel travaillent les ouvriers.

 

BANQUEROUTE

 

n. f.

Cessation de paiement et de commerce de la part d'un négociant, pour cause d'insolvabilité réelle ou feinte. Faire banqueroute. Il a fait une banqueroute d'un million. Beaucoup de négociants font banqueroute pour s'être livrés à de folles dépenses ou à de folles entreprises. La législation commerciale actuelle ne qualifie de Banqueroutes que Les faillites causées par quelque faute grave ou attribuées à la mauvaise foi : dans le premier cas, on dit que la banqueroute est simple, et dans le second qu'elle est frauduleuse. Les cas de banqueroute simple sont jugés par les tribunaux correctionnels et ceux de banqueroute frauduleuse par les Cours d'assises.

Banqueroute forcée. Voyez FAILLITE.

Par extension, Faire banqueroute à ses créanciers, se dit de Toute personne qui frustre ses créanciers de ce qu'elle leur doit.

Fig. et fam., Faire banqueroute, Manquer à une promesse faite, à un rendez-vous donné. Il devait être de notre partie, mais il nous a fait banqueroute.

Fig. et fam., Faire banqueroute à l'honneur, Manquer à l'honneur.

 

BANQUEROUTIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui a fait banqueroute. C'est un banqueroutier. Banqueroutier simple. Banqueroutier frauduleux. Condamner un banqueroutier simple à six mois, à deux ans d'emprisonnement. Les banqueroutiers frauduleux étaient punis des travaux forcés.

 

BANQUET

n. m.

Festin, repas d'apparat. Banquet somptueux. Banquet de noces. Assister à un banquet.

Banquet royal, Repas d'étiquette où le roi mangeait en public avec toute sa famille et tous les princes et princesses du sang.

En termes de Dévotion, Le banquet des élus, le banquet de l'Agneau, La joie de la béatitude céleste. Le sacré banquet, La sainte communion.

 

BANQUETER

 

(Je banquette; nous banquetons.) v. intr.

Faire bonne chère de compagnie. Il ne fait que banqueter.

 

BANQUETTE

 

n. f.

Sorte de banc rembourré, sans dossier. Garnir une salle de banquettes. Disposer des banquettes. Le parterre de certains théâtres est garni de banquettes. Monter sur les banquettes pour mieux voir.

En termes de Théâtre, Jouer devant les banquettes, jouer pour les banquettes, Jouer dans une salle vide ou presque vide de spectateurs.

Il désignait aussi les Places d'impériale sur certaines voitures publiques.

Il se dit, en termes de Génie militaire, d'une Petite élévation ou large degré de pierre, de terre ou de gazon, sur lequel on monte pour tirer par-dessus le parapet d'un bastion ou le revers d'une tranchée.

Banquette irlandaise, Sorte de talus gazonné qui sert d'obstacle dans les courses de chevaux.

Il signifie, en termes de Voirie, Petit chemin pour les piétons, élevé de quelques centimètres au-dessus de la voie où passent les voitures. On dit plus communément TROTTOIR.

Il se dit aussi d'un Chemin d'une certaine largeur ménagé à l'intérieur d'un aqueduc et d'un égout, et sur lequel on peut marcher, pour le nettoyer ou le réparer.

Il se dit, en termes d'Architecture, de l'Appui d'une fenêtre, lorsqu'il ne s'élève qu'à hauteur de siège et qu'il est surmonté d'un appui de fer.

En termes d'Horticulture, il se dit d'une Palissade taillée à hauteur d'appui, entre les arbres d'une contre-allée.

 

BANQUIER

n. m.

Celui qui lait le commerce de banque. Les banquiers de Paris, de Lyon, d'Anvers. J'ai pour tant de lettres de change sur tel banquier. Il a des fonds considérables chez son banquier.

Banquier en Cour de Rome, ou Banquier expéditionnaire, Officier dont la fonction était de faire venir des expéditions de la Cour de Rome, comme provisions de bénéfices, dispenses, etc.

Il se dit aussi, en termes de Jeux, de Celui qui tient le jeu contre tous ceux qui veulent jouer avec lui et qui met sur table une certaine somme d'argent pour les payer lorsqu'ils gagnent. Le banquier a beaucoup gagné.

 

BANQUISE

 

n. f.

Amas considérable de glaces flottantes qui forment une sorte de banc et empêchent ou gênent la navigation.

 

BANQUISTE

 

n. m.

Charlatan, ou Celui qui a des allures de charlatan.

 

BAOBAB

 

n. m.

Arbre de la famille des Malvacées, qui croît dans les régions tropicales de l'Afrique, de l'Asie et de l'Australie, qui est le plus gros des végétaux connus. Son fruit qui est comestible se nomme Pain de singe. On prétend que les baobabs vivent plusieurs milliers d'années.

 

BAPTÊME

 

(Dans ce mot et les suivants, P ne se prononce pas.)n. m. Celui des sept sacrements de l'Église par lequel on est fait chrétien et qui consiste à verser de l'eau sur la tête en prononçant les paroles sacramentelles. Le sacrement de baptême. Le péché originel est effacé par l'eau du baptême. Tenir un enfant sur les fonts de baptême. Donner, recevoir le baptême. Nom de baptême. Dragées de baptême.

Baptême par immersion, Celui qui consiste à plonger dans l'eau tout le corps de la personne à laquelle on confère ce sacrement. Dans l'Église grecque, on confère encore le baptême par immersion.

Fig., Baptême du sang, Le martyre souffert sans avoir reçu le baptême.

Par extension, Le baptême d'une cloche. Le baptême d'un navire. Voyez BAPTISER.

Baptême du tropique, de la ligne, Sorte de cérémonie burlesque en usage parmi les marins : elle consiste à mouiller d'eau ceux qui passent pour la première fois le tropique ou l'équateur.

Fig., Recevoir le baptême du feu, Aller au feu pour la première fois. On dit dans le même sens, en termes d'Aéronautique, Recevoir le baptême de l'air.

 

BAPTISER

 

v. tr.

Rendre chrétien par le baptême. On baptise avec de l'eau, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Baptiser un enfant. Clovis fut baptisé à Reims par saint Remi. Baptiser par immersion, par aspersion.

Il se dit aussi des Cérémonies qui accompagnent le baptême. Cet enfant n'est qu'ondoyé, il faut le porter à l'église pour le faire baptiser.

Par extension, Baptiser une cloche, La bénir et lui donner un nom, avec certaines cérémonies religieuses. On dit de même Baptiser un navire.

Fam. et abusiv., Baptiser quelqu'un, Lui donner un sobriquet.

Fig. et fam., Baptiser son vin, Y mettre de l'eau.

 

BAPTISMAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport au baptême. L'eau baptismale. Garder l'innocence, la grâce baptismale. Robe baptismale.

Les fonts baptismaux, Les fonts où l'on baptise.

 

BAPTISME

 

n. m.

Doctrine d'une secte chrétienne, d'après laquelle le baptême ne doit être administré qu'à des adultes ou à des personnes en âge de raison et par immersion complète du néophyte.

 

BAPTISTAIRE

 

adj. m.

Qui constate un baptême. Registre baptistaire, Registre où l'on inscrit les noms de ceux qu'on baptise. Extrait baptistaire, ou simplement Baptistaire, Extrait de ce registre qui indique l'époque où une personne a été baptisée et les noms qu'elle a reçus au baptême. Lever son extrait baptistaire, son baptistaire. Produire son extrait baptistaire, son baptistaire. On dit plutôt aujourd'hui Extrait de baptême.

 

BAPTISTE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport au baptisme.

Il s'emploie aussi comme nom et signifie Celui qui suit la doctrine du baptisme.

 

BAPTISTÈRE

 

n. m.

Petit édifice bâti auprès des cathédrales, pour y administrer le baptême, et qui renfermait un ou plusieurs autels. Le baptistère de Constantin est auprès de Saint-Jean de Latran.

Il se dit aussi de la Chapelle où sont les fonts baptismaux dans une église.

 

BAQUET

 

n. m.

Petit cuvier de bois qui a les bords assez bas. Mettre de l'eau dans un baquet.

Baquet magnétique, Voyez MAGNÉTIQUE.

En termes d'Arts, il se dit de la Caisse où les graveurs versent et font mordre l'eau- forte sur des planches de cuivre. Il désigne aussi une Pierre creuse remplie d'eau pour nettoyer les caractères d'imprimerie.

 

BAR

 

n. m.

Débit de boissons où les consommateurs sont debout ou assis sur des sièges hauts devant un comptoir.

 

BAR

 

n. m.

Poisson de mer.

 

BARAGOUIN

n. m.

Langage incorrect et inintelligible. Cet homme parle mal, son langage est un vrai baragouin. Il est familier.

Il se dit quelquefois, par dénigrement, des Langues qu'on ne comprend pas. Je ne comprends pas son baragouin. Je n'entends rien au baragouin de ces étrangers.

 

BARAGOUINAGE

 

n. m.

Action de baragouiner. Tout son discours n'était qu'un baragouinage. Il est familier.

 

BARAGOUINER

 

v. intr.

Parler d'une façon incorrecte et inintelligible. Cet homme ne fait que baragouiner.

Il signifie quelquefois, par dénigrement, Parler une langue étrangère devant quelqu'un qui ne la comprend pas. Ces étrangers baragouinent entre eux.

Il s'emploie aussi transitivement. Baragouiner un discours, Le mal articuler, le prononcer d'une manière inintelligible. Baragouiner une langue, La parler mal. Il ne fait que baragouiner le français.

Il est familier dans ces diverses acceptions.

 

BARAGOUINEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui baragouine. Il est familier.

 

BARAQUE

 

n. f.

Construction provisoire et légère, généralement faite en planches. Les soldats, n'ayant pas de tentes, se sont construit des baraques. En attendant que les casernes fussent achevées, on les a logés dans des baraques. Ces pêcheurs s'abritent en toute hâte dans des baraques en revenant de la pêche. Les baraques de la foire. La baraque où l'on serre les outils en quittant le chantier.

Il se dit, par extension et familièrement, d'une Maison mal bâtie et de chétive apparence. Sa maison n'est qu'une baraque, est une véritable baraque. On ne peut pas loger dans cette baraque. Il faut abattre ces vieilles baraques.

Fig. et pop., C'est une baraque, se dit aussi, par dénigrement, d'un Atelier où l'on ne fait que des ouvrages de peu de valeur ou d'une Maison où les domestiques se trouvent mal payés ou mal nourris.

 

BARAQUEMENT

 

n. m.

T. militaire

. Action de baraquer. Le baraquement des troupes s'opéra sans difficulté.

Il se dit aussi d'une façon générale d'un Ensemble de baraques plus ou moins grandes destinées à servir de logement provisoire à des groupes d'individus. Cette école, en attendant que l'édifice qui lui était destiné fût construit, dut être placée dans un baraquement. On improvisa des baraquements pour recueillir la population sans abri.

 

BARAQUER

 

v. tr.

T. militaire

. Loger, installer dans des baraquements. On baraqua le régiment. Les troupes se baraquèrent.

Il est aussi intransitif et signifie Séjourner dans des baraquements. Les troupes baraquèrent tout l'hiver.

 

BARATERIE

 

n. f.

T. de Droit maritime

. Sorte de malversation, de fraude commise par le capitaine, maître ou patron d'un navire, ou par l'équipage, au préjudice soit des armateurs, soit des assureurs, et qui consiste le plus souvent à faire essuyer au bâtiment un naufrage volontaire ou à supposer des avaries.

 

BARATTE

 

n. f.

Récipient de bois en forme de baril, plus large par en bas que par en haut, dont on se sert pour battre le lait afin de le transformer en beurre.

 

BARATTER

 

v. tr.

Battre le lait dans une baratte.