Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 362 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Enlaidissement

 

n. m.

Action d'enlaidir ou Résultat de cette action.

 

ENLÈVEMENT

 

n. m.

Action d'enlever. Procéder à l'enlèvement d'un corps, d'un cadavre. Enlèvement des bagages, des marchandises.

Absolument, L'enlèvement de Proserpine. L'enlèvement des Sabines. L'enlèvement d'une femme, d'une mineure.

 

ENLEVER

 

(J'enlève; nous enlevons.)v. tr.

Déplacer vers le haut. Ce plateau de la balance enlève l'autre. On enlève les plus grosses pierres avec une grue. Le ballon s'enleva dans les airs. Le cheval s'enlevait sur ses jambes de derrière.

Il signifie particulièrement Lever avec rapidité, avec violence. Il vint un tourbillon qui l'enleva. Un coup de vent a enlevé le toit de cette maison.

Fig. et fam., Cela enlève la paille, Cela emporte l'objection, cela est décisif. On dit aussi Cela lève la paille.

Il signifie aussi Ravir, emmener, emporter par force. On l'a enlevé de sa maison.

Il se dit spécialement dans ce sens du Rapt d'un enfant qu'on soustrait à ses parents ou du rapt d'une femme, d'une jeune fille qu'on a réussi à séduire. Il aimait cette jeune fille, il l'a enlevée.

Il signifie encore simplement Emporter, retirer, ôter quelque chose d'un endroit. Il faudra faire enlever ces matériaux. Enlevez cela de dessus la table. Enlever ce qui couvre quelque chose. On dit, par extension, Vous ne pourrez pas enlever vos meubles avant d'avoir payé votre loyer.

Enlever des marchandises, Se hâter de les acheter, de s'en fournir, de sorte que les autres marchands n'en trouvent plus que difficilement. On ne peut plus acheter de cette qualité de drap que chez un tel, il a enlevé tout ce qu'il y en avait dans les magasins. On dit aussi, dans un sens voisin, qu'Une marchandise est bientôt enlevée, est enlevée ou s'enlève en moins de rien, etc., pour dire que Le débit en est prompt et qu'elle ne reste que fort peu de temps chez le marchand.

Fig., Enlever quelqu'un se dit de Ce qui fait mourir quelqu'un promptement, prématurément, d'une manière inattendue. La fièvre l'a enlevé en peu de jours. La mort a enlevé ce jeune homme à la fleur de l'âge. Ce père fut enlevé à ses enfants, à l'affection des siens.

En termes de Guerre, Enlever un poste, une place, Se rendre rapidement maître d'une position, d'une place. On dit aussi Enlever une patrouille.

ENLEVER signifie encore Soulever du sol. Enlever un cerf-volant.

Enlever un cheval, Le porter vigoureusement en avant.

En termes de Chasse, Enlever la meute, Entraîner les chiens, par le plus court chemin, où l'on a vu le cerf et où l'on retrouve la voie.

Par extension, Ce colonel enleva son régiment, Il le porta vivement contre l'ennemi.

Fig., Enlever un morceau de musique, L'exécuter rapidement et bien.

Figurément, ENLEVER signifie Transporter d'enthousiasme. Cet orateur enlève son auditoire. Ses vers enlèvent le lecteur. La musique enlève tout le monde. Il y a dans cette pièce des passages qui enlèvent. Adjectivement, Un discours, un orateur enlevant.

On dit, dans la même acception, Enlever les suffrages, Exciter l'enthousiasme, obtenir un succès brillant. Cette pièce, cet auteur a enlevé tous les suffrages. Cette proposition a enlevé l'approbation unanime.

Il signifie en outre Séparer, détacher une chose de celle sur laquelle elle est appliquée, ou à laquelle elle est adhérente. Enlever la croûte d'un pâté. Enlever la peau d'une partie du corps. Enlever l'écorce d'un arbre, d'une branche.

Il signifie encore particulièrement Ôter, faire disparaître. Ce savon enlève les taches. Enlever de l'écriture à l'aide d'un agent chimique. Enlever la couleur d'une étoffe. Cette gomme élastique enlève très bien l'encre.

 

ENLIER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Joindre et engager des pierres ensemble, en élevant un mur.

 

ENLISEMENT

 

n. m.

Action d'enliser ou État de ce qui est enlisé.

 

ENLISER

v. tr.

Enfoncer quelqu'un ou quelque chose dans du sable mouvant, dans la boue. On dit plus souvent S'ENLISER. Notre voiture s'est enlisée dans ce marais.

 

ENLUMINER

 

v. tr.

Peindre de couleurs vives. Enluminer des images, un missel. Un manuscrit bien enluminé.

Fig., Enluminer son style, Y répandre des ornements qui ont de l'éclat, mais qui sont peu naturels, qui sont recherchés.

Il signifie aussi figurément et familièrement Rendre le teint rouge et enflammé. Une face enluminée. Les buveurs de Jordaens ont la trogne enluminée.

 

ENLUMINEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui fait métier d'enluminer.

 

ENLUMINURE

 

n. f.

Art d'enluminer. e L'enluminure du XV siècle.

Il se dit des Ornements en couleur, tels que fleurons, vignettes, lettres ornées, sujets à personnages, qui décorent les manuscrits du moyen âge. Enluminures des missels.

Il se dit aussi de l'Action d'enluminer et du Résultat de cette action. Faire l'enluminure d'un ouvrage de luxe. Par extension, Ce n'est pas un tableau, ce n'est qu'une enluminure.

Il s'emploie figurément en parlant d'un Style trop chargé de couleur. Le grand défaut de ce livre, c'est l'enluminure du style.

 

ENNÉAGONAL, ALE

 

adj.

Qui a neuf angles. Figure ennéagonale.

 

ENNÉAGONE

 

n. m.

T. de Géométrie

. Figure qui a neuf côtés et neuf angles. Ennéagone régulier.

 

ENNEMI, IE

 

n.

Celui, celle qui veut du mal à quelqu'un. Ennemi déclaré. Ennemi juré, mortel. Ennemi de l'État, de la patrie. Se déclarer ennemi de quelqu'un. Se faire un ennemi, des ennemis. Ennemis politiques. Ennemis littéraires. Par extension, Le chat est ennemi de la souris. L'eau et le feu sont ennemis.

Dans le style de la Chaire, L'ennemi du genre humain, ou, absolument, L'ennemi, Le diable, le démon.

Il se dit très souvent absolument, soit au singulier, soit au pluriel, de la Nation armée avec laquelle une autre nation est en guerre. Devant l'ennemi. À la vue, à l'approche de l'ennemi. Tomber entre les mains des ennemis. Passer à l'ennemi. Repousser l'ennemi, les ennemis. Mettre l'ennemi en fuite. De nouvelles troupes qui n'ont pas encore vu l'ennemi.

Fig., C'est autant de pris sur l'ennemi, C'est toujours avoir obtenu quelque avantage, avoir tiré quelque parti d'une mauvaise affaire.

Il se dit aussi de Celui, de celle qui éprouve de l'aversion pour des choses bonnes ou mauvaise, justes ou injustes. Ennemi de toute violence. Ennemi des procès. Ennemi des cérémonies. Ennemi du repos. Ennemi de la société.

Prov., Le mieux est l'ennemi du bien. Voyez MIEUX.

Il s'emploie aussi comme adjectif dans plusieurs des sens indiqués. Des peuples ennemis, ennemis l'un de l'autre. L'armée ennemie. Se précipiter dans les rangs ennemis. Une terre, une nation ennemie. En pays ennemi. Le chaud et le froid sont des qualités ennemies. Figurément, La fortune ennemie. Les destins ennemis. Les vents ennemis.

En termes de Peinture, Couleurs ennemies, Couleurs qui, par leur opposition, produisent un effet discordant.

 

ENNOBLIR

 

(Dans ce mot et dans les six qui suivent, EN se prononce AN.)v. tr. Donner de la noblesse, de l'élévation, de la dignité, du lustre. Il s'applique aux Personnes et aux choses. Ces sentiments vous ennoblissent à mes yeux. Il se flattait que le motif ennoblirait cette action coupable. Ennoblir son style. Cette idée est commune, mais l'expression l'ennoblit. Ennoblir un terme, une expression par la manière de s'en servir. Dans ces méditations, l'âme s'épure et s'ennoblit.

Il signifiait autrefois Rendre noble, pourvoir d'un titre de noblesse. On dit aujourd'hui en ce sens ANOBLIR.